QUAND LES INTERETS D’ETAT TOLERENT LES AUTOCRATIES

Le président français François Hollande, à l’instar de ses prédécesseurs, rendrait visite à la monarchie marocaine cette première semaine d’avril, privilégiant ses intérêts aux réalités et conditions de vie du peuple marocain et fermant les yeux sur les atteintes aux droits humains dans ce pays largement mis en cause par des observateurs internationaux.
Les médias tant nationaux qu’internationaux relaient rarement l’accélération de la répression dans notre pays, les agressions verbales pour humilier et intimider des jeunes et principalement des femmes, l’utilisation de la torture d’un autre âge comme l’ont déclaré d’anciens prisonniers politiques et le rapport accablant sur l’utilisation de la torture au Maroc de Juan Mendez, rapporteur spécial sur la torture auprès de l’ONU.
Cette situation est inquiétante, tant pour les victimes de ces actes qui rappellent les périodes noires de notre histoire, que pour les « amis » du Maroc eux-mêmes.
C’est en ce sens que Human Rights Watch, dans son rapport annuel 2012, critique le soutien de l’Occident à la monarchie marocaine après voir relaté la répression contre les militants du mouvement du 20 février au Maroc et la violence subie par des populations, estimant que la situation des droits humains au Maroc reste préoccupante.
Depuis le 20 février 2011, près de 12 personnes, exaspérées par les conditions de vie dans lesquels on les laisse, se sont immolées par le feu.Des habitants de villages oubliés de ce « Maroc inutile » selon les termes des anciens colons, sont molestés, injuriés et certaines femmes abusées sexuellement du seul fait d’avoir manifesté pour qu’on ne les oublie pas, pour qu’on réalise les promesses faites, pour certains, depuis près de 10 ans.
Que les relations d’Etat permettent l’enrichissement des pouvoirs concernés n’est pas une chose nouvelle. Mais continuer à entretenir ces types de relation alors que les populations descendent dans les rues pour exprimer leur indignation et leur volonté de lutter contre les passe-droits, la corruption et l’autocratie, contribue à la dégradation des droits humains au Maroc et à l’approfondissement de la fracture sociale.
Il y a danger à vouloir présenter ce pays comme une exception, comme un pays sur la voie de la démocratie comme auparavant on présentait la Tunisie de Ben Ali.
Il y a danger à contribuer à toutes les raisons tant objectives que subjectives pour une véritable explosion sociale qui bouleversera non seulement l’équilibre national mais aussi les « amis » actuels du Maroc.
Au nom des principes universels des droits humains, indignons-nous contre ces pratiques à répétition qui participent à renforcer l’exaspération du peuple, l’intégrisme et l’intolérance.
Hayat Berrada-Bousta 
2 avril 2013

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