Sahara Occidental : Une question qui divise Rabat et Washington

Le climat politique n’est plus au beau fixe entre le Maroc et les Etats Unis. Pas au point d’atteindre la rupture, mais tout de même suffisamment dégradé pour que des informations concordantes fassent état d’un sérieux refroidissement entre les deux pays. La question du Sahara Occidental est clairement à l’origine de la détérioration des rapports entre Rabat et Washington. 
Les deux pays passaient jusqu’alors pour être les meilleurs amis au monde. Mais le Maroc n’avait de toute évidence accordé qu’une importance minime à l’attitude du Congrès américain sur les atteintes aux droits de l’Homme au Sahara occidental et qui résonnait comme une mise en garde. Un avertissement qui n’est pas aujourd’hui sans frais au regard du changement de cap américain à l’égard du royaume chérifien. 
Un changement de cap qui a toute l’apparence d’être officiel si on le mesure au fait que c’est Susan Rice, l’ambassadrice américaine aux Nations Unies qui serait partie prenante très active de l’élargissement aux droits de l’Homme de la Minurso. 
Madame Rice est une diplomate dont la voix est écoutée et dont les avis pèsent au sein de l’instance onusienne. Les Etats Unis n’ignorent rien de ce qui se passe au Sahara Occidental même si jusqu’à cette évolution de leur position ils s’étaient tenus dans l’expectative, ne disant rien mais n’en pensant pas moins. Il s’avère ainsi que les responsables américains ne partagent la vision de l’autonomie du Sahara Occidental que le royaume chérifien propose comme alternative pour solutionner un conflit sur le point de boucler sa quatrième décennie. 
C’est ce qui transpire des propos de l’ambassadeur américain au Maroc qui, au terme de sa mission, a répété à qui voulait l’entendre, que le dossier du Sahara Occidental relevait des Nations Unies et d’elles seules. 
Une déclaration qui pouvait difficilement être bien accueillie par la partie marocaine qui se serait bien passée de cette sortie médiatique du diplomate américain par ailleurs réputé pour ne pas mâcher ses mots. Le Maroc peut-il se permettre de se mettre à dos les Etats Unis et de compter qu’il bénéficierait dans tous les cas de figure de l’appui français pour torpiller une résolution qui lui serait défavorable au Conseil de sécurité de l’ONU. 
La balle se retrouverait alors dans le camp de Paris qui, droit de veto aidant, aura à choisir, entre le Maroc et les Etats Unis, son camp.
Par Djamel Eddine Merdaci
L’Actualité, 18 avril 2013

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