L’initiative américaine sur le Sahara face à l’entêtement du royaume

Le Maroc menace d’embrasement la région
La tournure extraordinaire des évènements ces derniers jours au sujet du Sahara occidental amène le Royaume marocain à radicaliser ses positions à défaut d’entretenir un statu quo permanent. L’âge d’or Bush-Sarkozy tourne au cauchemar pour Mohamed VI en 48 heures.
Les États-Unis vont présenter avant la fin du mois un projet de résolution aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour étendre le mandat de la mission des Nations unies au Sahara (Minurso) au respect des droits de l’homme. 
La réaction des décideurs marocains prouve l’état de panique générale qui s’est emparé du Makhzen et qui laisse la porte ouverte à toutes les craintes d’un embrasement d’une région déjà soumise à de dures épreuves. 
Et pour cause, non seulement on annonce l’annulation des manœuvres militaires communes entre le Maroc et les Etats-Unis prévues pour ce mois d’avril, mais on n’hésite pas à recourir à la menace face au pas décisif des Américains et du médiateur onusien, Christopher Ross. 
La réponse du gouvernement marocain varie entre indignation, exhortation et menaces. Le porte-parole du gouvernement, Mustapha El-Khalfi, a qualifié la proposition américaine qui englobe pourtant les camps des réfugiés que gère le Front Polisario de «danger pour la cause nationale» et d’»atteinte injustifiée» à la souveraineté du Maroc. Plus loin, celui qui parle en fait au nom du roi, précise que cette démarche aurait «des conséquences néfastes sur la stabilité de la région». «Nous comptons sur la sagesse des membres du Conseil de sécurité», a-t-il fait valoir, insistant sur une «nécessité de préserver l’esprit de compromis».
Cette réaction ferme de Rabat se veut non seulement comme un avertissement quant à l’avenir du processus de négociations mais une menace directe de reprise des hostilités avec le Front Polisario et… indirectement l’Algérie. Alger est, en effet, accusée par le chef de la diplomatie marocaine Saâd Dine El-Otmani d’avoir «imposé un conflit au Maroc» et «qui finance et héberge sur son territoire le mouvement séparatiste du Polisario».
L’avenir des négociations compromis
Les efforts de la communauté internationale visant à résoudre le conflit du Sahara occidental vieux de 37 ans semblent être sérieusement mis en difficulté. L’initiative américaine qui sera proposée au Conseil de sécurité le 25 avril prochain est très dépréciée par Rabat, qui la rejette «catégoriquement» et qui menace de se retirer du processus de négociations directes entamées depuis juin 2007 avec le Front Polisario sous la supervision de l’ONU. «Imposer une démarche unilatérale pour dénaturer le mandat de la MINURSO, cela constitue une rupture avec la logique de négociations pour parvenir à une solution politique», a lâché Mustapha El-Khalfi. Une démarche qui, selon lui, «ne peut que favoriser les manœuvres des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume, qui ne cessent d’instrumentaliser la question des droits de l’homme pour justifier leur non-adhésion de manière sérieuse au processus de négociations».
 
Lâché par les Américains et l’Union européenne, désavoué par Ban Ki-moon, Mohamed VI n’a de secours que la France, son traditionnel allié, pour contrecarrer l’initiative au sein du Conseil de sécurité. Ce qui place la France dans une position plus que fâcheuse, car désormais c’est l’Amérique qui propose…
Yassine M.

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