Prince Hicham : La fin du Makhzen en 2018

La revue française des études constitutionnelles et politiques «Pouvoirs», a consacré dans sa dernière livraison un dossier sur les évolutions politiques au Maroc, avec une contribution prospective aux accents prophétiques signé du prince, Moulay Hicham , cousin du roi Mohammed VI , et intitulé «L’autre Maroc».
En faisant une étude prospective, agrémentée d’un discours militant, le prince écrit, sous le titre «L’autre Maroc» que le royaume sera théâtre d’une révolution, tsunami par son ampleur, mais calme et dans l’ordre, qui y changera toutes les données politiques actuelles. Il prévoit cette révolution en 2018 et prend ainsi à contrepied le beau discours rassurant de François Hollande, devant le Parlement marocain se vantant de la « stabilité » du royaume enchanté et de ses « avancées démocratiques ».
L’article du prince prédit également en 2018, l’anéantissement du ‘Makhzen’. Le prince a expliqué en préambule de son écrit sa non-proximité avec son cousin, le roi Mohammed VI. Selon lui, le grand malentendu entre eux, naquit le lendemain du décès du roi Hassan II : «J’avais pris, quelques heures après son intronisation, le roi Mohammed VI à part, je lui avais fait part de mes inquiétudes, je savais que derrière la monarchie, se cachait un fantôme, le Makhzen, sa voracité et sa faiblesse vile», relate le prince Moulay Hicham dans son article. Les premières années du nouveau règne, souligne Moulay Hicham, furent pour lui, dit-il, celles des grandes déceptions, à cause des innombrables opportunités historiques manquées, qui auraient pu, si bien exploitées, dit-il, faire transiter le pays définitivement vers la démocratie et le développement. Mais en 2018, s’enthousiasme-t-il, il y aura un autre Maroc, le Maroc démocratique, car dit il, « la révolution vigoureuse mais calme et ordonnée, l’investira. » En 2018, à cet autre Maroc, prédit le prince, la « monarchie y trônera comme force symbolique, incarnant l’unité et la souveraineté nationale », elle ne détiendra plus de « pouvoir exécutif, qui sera du seul ressort du gouvernement démocratiquement élu ». La monarchie donnera les « palais royaux à l’Etat et se défera du lourd protocole makhzenien, pour en adopter un autre « ouvert et moderne » et n’aura plus de chasses gardées dans les secteurs gouvernementaux, militaires ou sécuritaires. »
En 2018, écrit le prince Moulay Hicham, le Maroc sera « fort économiquement, parce qu’il se libérera du joug des réseaux makhzeniens rentiers, qui tuent l’économie et accaparent illégitimement les richesses du pays». Parlant du gouvernement Benkirane, Moulay Hicham ajoute qu’il sera le « facteur qui précipitera la révolution au Maroc, par son inefficacité qui mettra à nu le caractère limité «du toilettage constitutionnel» qui eut lieu en 2011.
En 2018, conclut le prince Moulay Hicham, il y aura un nouveau Maroc, où les forces agissantes seront Al Adl Oua Al Hissen, le parti islamiste de masse fondé par feu Cheikh Yassine qui, pour avoir defié Hassan II, avait été jeté en prison. Sa fille Nadia Yassine, porte-parole du mouvement, ne cesse d’appeler à l’instauration d’une république au Maroc. Avec l’extrême gauche seules forces, selon Moulay Hicham, « portes et voies du vrai changement, en totale rupture avec l’aplaventrisme des autres partis politiques marocain ».
Mokhtar Bendib

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