Le Secrétaire Général préoccupé par la situation des droits de l’homme au Sahara occidental (rapport)

New York (Nations unies), 10/04/2010 (SPS) Le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a exprimé sa préoccupation à propos de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental, appelant au respect des normes internationales relatives à cette question. 
« Je suis préoccupé par la situation en matière des droits de l’homme », a souligné M. Ban dans son rapport sur le Sahara occidental soumis au Conseil de sécurité, relevant que « la dimension humaine du conflit, notamment le sort des réfugiés du Sahara occidental, est un sujet d’inquiétude croissante ». 
M. Ki-moon, a indiqué avoir reçu plusieurs lettres de la partie sahraouie se référant à des violations répétées des droits humains, qui affectent le territoire sahraoui et exigent de mettre un terme à elles, soulignant en particulier l’empêchement des Sahraouis d’exercer certains droits fondamentaux comme le droit d’obtenir des documents de voyage et l’arrestation des fameux sept activistes des droits humains, menacés d’être traduits par une cour martiale
Dans ce contexte il a fait également état de l’arrestation de l’éminente activiste sahraoui Aminetou Haidar, à son retour d’une visite aux Etats-Unis, et les pressions internationales exercées sur les autorités marocaines, qui lui ont permis finalement de retourner dans sa patrie et à sa famille dans la capitale sahraouie occupée, El Aaiun.
M. Ki-moon a, à ce sujet, déploré « l’absence de toute autorité » de la MINURSO pour la protection des droits de l’homme ou du Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme dans le territoire.
Toutefois, il a exhorté les parties à poursuivre le dialogue constructif avec le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme à Genève « pour assurer le respect des droits de l’homme du peuple du Sahara occidental dans la région et les camps de réfugiés ».
Devant cette situation, le secrétaire général de l’ONU a rappelé la nécessité d’honorer les engagements envers le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme « en vue de garantir le respect des droits de l’homme du peuple du Sahara occidental ». 
Au sujet des négociations, M. Ban a déploré que, malgré les deux réunions informelles tenues entre le Maroc et le Front Polisario, en août 2009 et en février 2010, la situation n’a pas avancé, et qu »il reste encore beaucoup à faire pour qu’un cinquième cycle de pourparlers officiels puisse être organisé ». 
M. Ban a recommandé, à cet égard, que le Conseil de sécurité de l’ONU demande à nouveau au Maroc et au Front Polisario de « négocier de bonne foi, sans conditions préalables, et assurer le succès des négociations ». 
Abordant le processus de paix au Sahara Occidental, le SG de l’ONU a constaté « le durcissement » de la position marocaine et son « attachement » à la thèse de l’autonomie, qui a conduit au bocage du processus référendaire.
Il a en conséquence appelé à la nécessité de « maintenir et d’approfondir les négociations », afin de permettre au peuple du Sahara occidental d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination, appelant les parties à « coopérer » avec son Envoyé personnel avec plus d’imagination dans la recherche d’une solution à travers des « négociations sérieuses de bonne foi et sans conditions préalables ».
Par ailleurs, le SG de l’ONU a mis en exergue la volonté du Front Polisario « d’exercer la souveraineté » de la République sahraouie sur la partie libérée du territoire par la reconstruction de celui-ci et y organisant récemment le trente quatrième anniversaire de la proclamation la République sahraouie à Bir Lehlu, où il a également exprimé sa volonté de renforcer son armée de libération et son soutien de l’Intifada dans les territoires occupés du Sahara Occidental comme étant des priorités pour l’année 2010.
Abordant le volet humanitaire du conflit, M. Ki-moon a exprimé sa « préoccupation » au sujet de l’aide alimentaire aux réfugiés, appelant à la nécessité d’accorder davantage de soutien pour répondre à leurs besoins dans les domaines de la nutrition, la santé et l’éducation. Il a également appelé à la poursuite des visites interfamiliales sahraouies, supervisées par le HCR, bloquées depuis trois semaines par le Maroc, et a incité les parties, le Polisario et le Royaume du Maroc, à poursuivre la coopération, pour la réussite de ce programme humanitaire.
Le rapport a enfin demandé au Conseil de sécurité de proroger d’un an le mandat de la Minurso qui expire le 30 avril prochain. « Compte tenu des circonstances sur le terrain et au vu des efforts que mon Envoyé personnel (Christopher Ross) continue de déployer, j’estime que la présence de la Minurso demeure indispensable pour le maintien du cessez-le-feu au Sahara occidental », a-t-il expliqué. 
Le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, est considéré comme territoire non autonome par l’ONU depuis 1966. La dernière résolution du Conseil de sécurité (1871) demande aux deux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général des Nations unies, « sans conditions préalables et de bonne foi », en vue de parvenir à une « solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». 
Le Front Polisario et le Maroc avaient engagé en juin 2007 des négociations directes, sous l’égide de l’Onu, dont quatre rounds avaient eu lieu à Manhasset, près de New York (Etats-Unis), sans aboutir à une avancée réelle (SPS)

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