Les droits de l’homme au Sahara Occidental et les démocraties occidentales

Les droits de l’homme sont violés au Sahara Occidental. C’est un fait. Ce mois-ci est très important pour les droits de l’homme au Sahara Occidental. Le Secrétaire général de l’ONU doit présenter un rapport devant le Conseil de Sécurité sur la situation et le Conseil de Sécurité approuvera très probablement une nouvelle résolution fin d’ avril. Et la question est: qu’est-ce qu’on peut faire devant cela ? Quelle position vont avoir les démocraties occidentales et l’Espagne, en particulier ?
I. Les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental : Les calumnies

Les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental sont objet de dénonciations multiples croisées. Le Front Polisario dénonce le Maroc … et le Maroc dénonce le Front Polisario. Dénoncer, donc, n’importe qui peut dénoncer.

Le Maroc a essayé de discréditer le Front Polisario. Mais aucune de ses dénonciations n’a été avalisée par un organisme impartial. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme ne l’a pas avalisée …les tribunaux espagnols non plus.

En juin 2009, une association satellite du Makhzén a déposé plainte contre 24 dirigeants du Polisario et trois militaires algériens pour « génocide ». Un média électronique connu par sa fidélité aux positions marocaines avait annoncé le 30 juin 2009 que « le juge Grazon accepte une plainte contre des mandataires du Front Polisario pour torture ». La nouvelle était fausse. D’abord, parce qu’elle utilise le mot « accepte » qui n’est pas juridique, pour éviter de dire qu’elle n’a pas été « admise ».

En plus, le 23 février 2010, le juge Garzon a classé cette plainte justement parce que les tribunaux marocains mêmes n’ont ouvert aucune enquête.

A cela s’ajoute que la preuve évidente qu’il n’y a pas de telles violations se trouve dans le fait que le Front Polisario a demandé à l’ONU de superviser le respect des droits de l’homme dans les camps de réfugiés et dans les territoires du Sahara sous contrôle marocain.

Pourquoi le Maroc ne demande pas la même chose ?

II. Les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental : Les faits.

La réponse à la question précédente est facile lorsque les faits sont connus. Et les faits ont été enquêtés par un organisme impartial : Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme, un organisme dépendant du Secrétaire Général. Le résultat de son enquête se trouve dans le Rapport de la Mission du Bureau du Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme au Sahara Occidental et les camps de réfugiés à Tindouf, dont la lecture semble indispensable.

La conclusion est claire : dans les territoires occupés par le Maroc de graves violations des droits de l’homme sont commises, mais pas dans les camps de réfugiés de Tindouf.

Dans le cas qu’il y ait encore des doutes, voyons ce que l’ex-ambassadeur du Maroc en Espagne et un ex-ministre des « droits de l’homme » de Hassan II ont dit:

– Ne croyez-vous pas que votre proposition gagnerait de la crédibilité si elle avait des garanties d’une démocratie totale et de respect des droits de l’homme ?

– quand le plan d’autonomie sera accordé, une amnistie générale sera déclarée. Les sahraouis pourront voter quand ils reviendront de l’exil, ils pourront exercer l’autonomie pleinement. (…). À partir d’ici nous donnerons plus de garanties, mais pour qu’ils aient un effet il faut négocier le plan d’autonomie.

C’est-à-dire que le Maroc même reconnaît qu’il ne garantira aucun respect des droits de l’homme jusqu’à ce que les sahraouis acceptent la pseudo-autonomie qu’il propose pour le Sahara Occidental.

III. Les violations des droits de l’homme au Sahara Occidental : Notre responsabilité

Les violations de droits de l’homme au Sahara ont un auteur responsable par action : l’appareil du Makhzen marocain. Mais aussi des responsables par omission. Ils sont responsables tous ceux qui ne font pas CE QU’ILS PEUVENT FAIRE pour éviter que le Makhzen continue sa politique répressive

Les Nations Unies ont une responsabilité envers le peuple sahraoui. L’ONU même le dit dans
ses résolutions.
Par conséquent, l’ONU doit agir. Rien ne justifie l’impassibilité devant cette situation alarmante.
Les questions à poser sont :
– La France, considère-t-elle que les droits de l’homme doivent être garantis au Sahara Occidental, oui ou non?

– Le Gouvernement de Zapatero, considère-t-il que l’ONU doit garantir le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental, oui ou non?

La réponse sera donnée fin avril lors de la prochaine réunion du Conseil de Sécurité.

Carlos Ruiz Miguel, Professeur à l’Université de Saint-Jacques de Compostèle

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