Sahara Occidental : Une décolonisation ratée aux portes de l’Europe, et toujours une question d’actualité.

Novembre 1975, marche verte et occupation du Sahara espagnol!
27 février 1976, proclamation de la République Arabe Sahraouie Démocratique, république en exil!
Mai 2010, il s’est passé 35 ans, une génération, les Sahraouis sont toujours en exil ou occupés, de part et d’autre d’un mur de défense qui partage leur territoire en deux!
Les Sahraouis pourront-ils accéder à l’indépendance? Leur volonté jamais démentie aura-t-elle raison des raisons d’Etat et de la négligence internationale à laisser un Etat, e Maroc, imposer sa volonté hégémonique à un peuple qui refuse de se plier à la loi du plus fort?
Avril 2010, comme chaque année, le Conseil de Sécurité met à son ordre la question du renouvellement du mandat de la MIURSO, mission de paix chargée d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara Occidental et met eu point, par consensus, une résolution qui suit les recommandations du secrétaire général, qui vient de lui transmettre un rapport. Résolutions et rapports sont très voisins d’une année à l’autre, ils rappellent le droit sans jamais se donner les moyens de l’appliquer et traitent de « manière équilibrée » colonisateur et colonisé, se cantonnant ainsi dans la plus totale impuissance.
Cette situation persiste depuis 1991, date de la mise en œuvre du plan de paix des Nations Unies et de l’installation de la MINURSO.
Cette mission de paix s’est acquittée d’une seule action effective, un cessez-le-feu entre les deux parties. Avec ce cessez-le-feu et l fin des combats, le Maroc s’est débarrassé d’une lourde charge financière, mais a fait en sorte que le référendum ne puisse avoir lieu. La royauté, Hassan II comme Mohamed VI, ne tolérant pas la consultation démocratique du peuple sahraoui, qui mettrait en cause le principe de sa souveraineté sur le territoire du Sahara Occidental. Le « tabou de la marocanité du Sahara », que la monarchie entretient depuis 40 ans, est un des principaux moyens de sa pérennité.
Conflit régional qui est maintenu à l’agenda de l’ONU, grâce à la ténacité de la diplomatie sahraouie et à quelques-uns de ses soutiens, comme l’Algérie, Cuba, l’Union Africaine et plus récemment l’Afrique du Sud et plusieurs pays progressistes d’Amérique Latine, en dépit du soutien apporté au Maroc par la France, les Etats-Unis ou le Royaume Uni.
Par exemple, proximité politique et intérêts économiques entremêlés transforment le plus souvent notre pays en « porte-parole » des positions marocaines tant au niveau du Conseil de l’Union Européenne. Ainsi, la question du mandat de la MINURSO pour lequel le Conseil n’a pas tranché.
Depuis plusieurs années, le Front Polisario, en réaction à la situation faite aux défenseurs sahraouis des droits de l’Homme, dans les territoires occupés (correspondant à la partie du Sahara Occidental occupée par le Maroc par le Maroc) -arrestations arbitraires toute expression impossible hors la « marocanité » du Sahara, la grève de la faim d’Aminatou Haidar en décembre dernier ayant permis de lever davantage le voile- réclament l’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme.
Cette demande fut instruite par plusieurs rapports d’organisations des droits de l’homme (Amnesty International, Human Rights Watch, Front Line) et des observateurs sur place dénonçant ces atteintes aux droits de l’homme et la situation très précaire des Sahraouis osant s’organiser et réclamer pacifiquement et publiquement le référendum d’autodétermination.
Cependant, la résolution 1920 du 30 avril 2010 n’a pas retenu l’élargissement du mandat de la MINURSO. Elle s’est contentée une nouvelle fois d’inviter les parties, Maroc et Front Polisario, à poursuivre les négociations… Négociations qui, depuis trois années, se répètent en vain t butent sur le blocage marocain qui entend seulement « négocier » son plan d’autonomie, et par-là nier le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes.
Les Sahraouis et le Front Polisario ont plus que jamais besoin du soutien des progressistes en Europe et dans le monde. La mobilisation espagnole en faveur des Sahraouis est à ce titre exemplaire.
Compte tenu de l’implication de la France dans ce conflit, il est important qu’une solidarité politique s’y exprime de manière plus vigoureuse et soit capable de susciter un mouvement d’opinion pour le respect des droits de l’homme et pour l’application du droit à l’autodétermination des Sahraouis. Des initiatives existent déjà animées par un réseau solidaire actif, d’associations et d’élus, elles sont besoin d’être soutenues et renforcées. Régine Villemont, Secrétaira Général de l’Association des Amis de la RASD (AARASD)

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