Mois : juin 2010

  • Mais Où Donc Est Madame Kouchner ?

    Par Sébastien Fontenelle
    Simple question.
    Durant qu’à Paris « le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner se dit “profondément choqué” par l’assaut israélien » où dix-neuf civil(e)s ont été massacré(e)s, où donc est son épouse, l’excellente Christine Ockrent ?
    L’excellente Christine Ockrent, son épouse, est à Tel-Aviv, où elle participe, avec d’autres non moins éminents déontologues, à un forum inauguré hier par le ministre local de l’Éducation, le maire de Tel-Aviv, l’ambassadeur de France en Israël et le (fameux) « philosophe » Bernard-Henri Lévy, et dédié à un sujet de brûlante actualité : « Démocratie : les nouveaux défis ».
    L’excellente Christine Ockrent, épouse du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner qui se dit « profondément choqué » par l’assaut israélien, devait prendre part ce matin, quelques heures après la tuerie, à un (nécessaire) débat sur la « liberté » et l’« autocensure dans la presse », et donner plus précisément son avis sur de graves questions, comme : « La presse est-elle limitée dans nos démocraties ? »
    (Ou s’il est après tout bien normal de lui interdire d’entrer dans Gaza, quand on fait dans Gaza du hachis de civil(e)s palestinien(ne)s ?)
    Demain, dans le même cadre, Bernard-Henri Lévy parlera de« défendre la démocratie », Pascal Bruckner dissertera de ce que c’est que d’« être citoyen aujourd’hui », et l’inimitable Laurent Joffrin, du quotidien Libération, répondra à la question, entre toutes, que se posent, n’en doutons pas, les familles et ami(e)s des victimes de l’assaut donné ce matin par l’armée israélienne : « Comment réanimer la vie politique ? »
    Yonne Altermondialiste, 1juin 2010 

  • Les SMA organisent une rencontre de solidarité avec les enfants sahraouis

    Alger, 01/06/2010 (SPS) Les Scouts musulmans algériens (SMA) ont organisé mardi à Alger une rencontre de solidarité avec les enfants du Sahara occidental, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de l’enfant, avec la participation de scouts et d’enfants sahraouis.
    Le commandant général des SMA, M. Noureddine Benbraham a indiqué que la célébration de la journée mondiale de l’enfant, coïncidant avec le 1 juin, qui représente la date de signature de la convention internationale des droits de l’enfant est l’occasion de rappeler « la souffrance des enfants sahraouis qui ne bénéficient pas des avantages contenus dans cette convention dont l’objectif est la préservation des droits de l’enfant ».

    « La réalité de l’enfant sahraoui dans les territoires occupés nécessite une enquête internationale pour lever le voile sur les pratiques de privation des enfants des leurs droits les plus élémentaires » a-t-il dit, appelant à la nécessité de  » faire bénéficier ces enfants du droit à l’éducation et à la santé, sans exception aucune, à l’instar des autres enfants du monde ».

    Par ailleurs, M. Benbraham a saisi l’occasion pour exprimer la solidarité des SMA avec les membres de « la flottille de la liberté », victime d’une attaque meurtrière israélienne en plein mer, alors qu’elle acheminait des aides humanitaires au peuple palestinien dans la bande de Ghaza sous embargo, dénonçant l’arrogance israélienne qui fait fi des us et des chartes internationales.

    L’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Alger, M. Ibrahim Ghali a salué cette initiative qui, a-t-il dit, exprime la solidarité des enfants algériens avec leurs frères sahraouis, affirmant que « les enfants sahraouis jouiront, tôt ou tard, de leurs droits car toute colonisation doit cesser un jour ».

    Le président du comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, M. Mehrez Lamari a annoncé l’organisation de camps d’été à partir du 1 juillet en faveur de 2000 enfants sahraouis à travers 14 wilayas côtières de l’Algérie. (SPS)
  • Le chef du gouvernement sahraoui menace – La paix ou l’escalade militaire

    La paix ou la guerre. Ce sont les deux seules voies qui restent aux Sahraouis.Des choix clairement explicités par le gouvernement sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, samedi dernier à Madrid. Face au statu quo imposé au peuple sahraoui, ce dernier aurait, selon son ministre, repris par l’agence de presse algérienne (APS), entamé une «transition vers une nouvelle étape dans laquelle il ne peut y avoir que deux solutions, à savoir la paix ou l’escalade militaire». «L’enlisement du conflit est en train de conduire les Sahraouis à la limite de sa patience. Nous sommes aujourd’hui dans une phase où la révision de notre vision et de nos relations avec la Minurso nous paraît inévitable», a affirmé le responsable sahraoui dans son intervention de clôture des 4èmes Journées des universités publiques madrilènes sur le Sahara occidental. «Par conséquent commence pour nous la transition vers une nouvelle étape où il ne peut y avoir que deux solutions : la paix ou l’escalade militaire», a-t-il dit.
    Devant cette perspective, il a tenu à inviter la communauté internationale à intervenir en «urgence» pour «préserver la légalité internationale et garantir la paix et la sécurité», précisant que le seul moyen pour y parvenir est de contribuer à ce que «le peuple sahraoui exerce son droit légitime à l’autodétermination et l’indépendance, de promouvoir le respect des droit de l’Homme et l’ouverture du territoire aux observateurs internationaux».
    Pour lui, ce n’est que dans ce contexte que les «conditions indispensables seront réunies pour que les négociations entre les deux parties [Front Polisario et Maroc] aient un sens et puissent connaître des avancées». Dans ce sillage, le chef du gouvernement sahraoui a rappelé que le conflit sahraoui est un «processus de décolonisation inachevé» qui «doit trouver sa solution conformément au droit international pour tous les problèmes de décolonisation». Il affirmera par conséquent que «tout règlement» doit passer par le «libre exercice du peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination, conformément notamment à la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU».

    Il n’a pas raté l’occasion de fustiger «les pays amis du Maroc» qui se font les porte-voix des thèses marocaines sur le Sahara occidental et qui tentent de semer le doute sur la viabilité d’un Etat sahraoui indépendant.

    L’Express Plus, 31 mai 2010

  • Sahara occidental : Mémoires de sable (TV5)

    MEDITERRANEO 

    Mediterraneo traite de l’ensemble du monde méditerranéen : son histoire, sa culture, ses sites, sa gastronomie, ses habitants… La Méditerranée n’est pas seulement un antique et mythique espace d’élaboration et de filiation des cultures. Elle est le lieu de convergence des continents asiatique, africain, et européen et le théâtre stratégique d’une politique mondiale où l’Amérique est plus que jamais présente. Ce sont ces filiations, ces convergences que raconte Mediterraneo au travers d’expériences humaines, de sujets d’enquêtes ou de reportages.
    Au sommaire :
    Sahara occidental : Mémoires de sable
    Proclamée en 1976, la République Arabe Sahraouie Démocratique est un Etat sans terre. Ce bout de désert est, depuis, disputé par le Maroc et les indépendantistes sahraouis. Symbole de ce conflit, le mur de sable construit par les Marocains. Des images rares, comme celle de ces réfugiés que nous avons rencontrés. Ils sont les oubliés de cette situation. 35 ans après, ils gardent encore l’espoir de regagner un jour leur terre.
    Un reportage de Nazim Belabdelouahab, Véronique Graule et Richard Raynaud.
    Sicile : Villages de soufre
    Pour l’Italie, qui possède peu de ressources minières, la Sicile a longtemps été une vraie mine d’or. Jusque dans les premières années du 20e siècle, près de 80 % de la consommation mondiale de soufre provenait des soufrières siciliennes. Un atout majeur de la balance commerciale italienne. Une manne qui s’est brutalement tarie avec l’arrivée sur le marché du soufre américain qui a provoqué une grave crise économique et sociale.
    Un reportage de Antonella Gurrieri, Orazio Cristaldi et Pino Lombardo.
    Tunisie : Femme de verre
    Si on en croit l’écrivain latin Pline l’Ancien, c’est aux Phéniciens que l’on doit l’invention du verre. Un matériau qui, dans l’Antiquité, était aussi prisé et aussi cher que l’or et l’argent. Si c’est rare en Occident, ça l’est encore plus dans un pays arabe. Sadika Keskes est maître verrier, un art qu’elle a appris à Venise et qu’elle pratique maintenant à Sidi Bou Said, dans le golfe de Tunis. Elle a rassemblé ses verreries et d’autres productions dans une même entreprise où travaillent de nombreuses femmes.
    Un reportage de Alessandra Rissotto, Tito Mangiante, Massimo Lombroso.
    année : 2009

    Durée : 26′
    Numéro de l’épisode : 29
    Nombre d’épisodes : 32
    Chaîne d’origine :

  • Agression contre des prisonniers politiques sahraouis à la prison marocaine d’ Ait Melloul

    Ait Melloul (Maroc), 31/05/2010 (SPS) Des prisonniers politiques sahraouis, Salama Charafi et Najem Bouba ont été victimes d’une violente agression de la part des autorités pénitentiaires à la prison d’Ait Melloul, a-t-on appris de source proche du ministère sahraoui des territoires occupés et des Communautés.

    Najem Bouba a été surpris par la pénétration du directeur adjoint de la prison en compagnie de ses collaborateur dans la cellule du prisonnier politique sahraoui et ont procédé à une enquête, selon la même source, qualifiant cette agression de réaction à une plainte contre l’administration, déposée en mai 2010 par la famille au procureur général du roi auprès de la Cour d’appel d’Agadir, rejetant les accusations présentés par la cour de première instance d’Agadir contre son fils et sa condamnation à 4 ans de prison ferme.

    Pour sa part, Salama Charafi a été agressé et tabassé par des membres de l’administration pénitentiaire, pour avoir demandé de lui fournir des soins des maladies dont il souffre, en raison de la négligence et l’indifférence de cette administration à son état de santé et psychologique.

    Il a été transféré récemment à l’hôpital d’Agadir, où il a passé six jours de traitement, avant d’être reconduit à sa cellule à la prison d’Ait Melloul, a rappelé la même source.

    Par ailleurs, les citoyens sahraouis de la ville occupée de Smara ont organisé une manifestation dans laquelle ils ont brandi les drapeaux de la RASD et scandé des slogans demandant le retrait immédiat de l’occupation marocaine du Sahara occidental et l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Ils ont en outre réitéré leur attachement au seul et unique représentant légitime du peuple sahraoui, le Front Polisario.

    La manifestation a également appelé à cesser la répression marocaine contre les civils sahraouis dans les territoires occupés du Sahara Occidental, arrêter le pillage et l’exploitation systématique des ressources naturelles au Sahara Occidental et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis qui se trouvent encore dans les prisons marocaines. (SPS)

  • Le chef du gouvernement sahraoui menace – La paix ou l’escalade militaire

    La paix ou la guerre. Ce sont les deux seules voies qui restent aux Sahraouis.Des choix clairement explicités par le gouvernement sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, samedi dernier à Madrid. Face au statu quo imposé au peuple sahraoui, ce dernier aurait, selon son ministre, repris par l’agence de presse algérienne (APS), entamé une «transition vers une nouvelle étape dans laquelle il ne peut y avoir que deux solutions, à savoir la paix ou l’escalade militaire». «L’enlisement du conflit est en train de conduire les Sahraouis à la limite de sa patience. Nous sommes aujourd’hui dans une phase où la révision de notre vision et de nos relations avec la Minurso nous paraît inévitable», a affirmé le responsable sahraoui dans son intervention de clôture des 4èmes Journées des universités publiques madrilènes sur le Sahara occidental. «Par conséquent commence pour nous la transition vers une nouvelle étape où il ne peut y avoir que deux solutions : la paix ou l’escalade militaire», a-t-il dit.
    Devant cette perspective, il a tenu à inviter la communauté internationale à intervenir en «urgence» pour «préserver la légalité internationale et garantir la paix et la sécurité», précisant que le seul moyen pour y parvenir est de contribuer à ce que «le peuple sahraoui exerce son droit légitime à l’autodétermination et l’indépendance, de promouvoir le respect des droit de l’Homme et l’ouverture du territoire aux observateurs internationaux».
    Pour lui, ce n’est que dans ce contexte que les «conditions indispensables seront réunies pour que les négociations entre les deux parties [Front Polisario et Maroc] aient un sens et puissent connaître des avancées». Dans ce sillage, le chef du gouvernement sahraoui a rappelé que le conflit sahraoui est un «processus de décolonisation inachevé» qui «doit trouver sa solution conformément au droit international pour tous les problèmes de décolonisation». Il affirmera par conséquent que «tout règlement» doit passer par le «libre exercice du peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination, conformément notamment à la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU».

    Il n’a pas raté l’occasion de fustiger «les pays amis du Maroc» qui se font les porte-voix des thèses marocaines sur le Sahara occidental et qui tentent de semer le doute sur la viabilité d’un Etat sahraoui indépendant.

    L’Express Plus, 31 mai 2010

  • Sahara occidental : Mémoires de sable (TV5)

    MEDITERRANEO 

    Mediterraneo traite de l’ensemble du monde méditerranéen : son histoire, sa culture, ses sites, sa gastronomie, ses habitants… La Méditerranée n’est pas seulement un antique et mythique espace d’élaboration et de filiation des cultures. Elle est le lieu de convergence des continents asiatique, africain, et européen et le théâtre stratégique d’une politique mondiale où l’Amérique est plus que jamais présente. Ce sont ces filiations, ces convergences que raconte Mediterraneo au travers d’expériences humaines, de sujets d’enquêtes ou de reportages.
    Au sommaire :
    Sahara occidental : Mémoires de sable
    Proclamée en 1976, la République Arabe Sahraouie Démocratique est un Etat sans terre. Ce bout de désert est, depuis, disputé par le Maroc et les indépendantistes sahraouis. Symbole de ce conflit, le mur de sable construit par les Marocains. Des images rares, comme celle de ces réfugiés que nous avons rencontrés. Ils sont les oubliés de cette situation. 35 ans après, ils gardent encore l’espoir de regagner un jour leur terre.
    Un reportage de Nazim Belabdelouahab, Véronique Graule et Richard Raynaud.
    Sicile : Villages de soufre
    Pour l’Italie, qui possède peu de ressources minières, la Sicile a longtemps été une vraie mine d’or. Jusque dans les premières années du 20e siècle, près de 80 % de la consommation mondiale de soufre provenait des soufrières siciliennes. Un atout majeur de la balance commerciale italienne. Une manne qui s’est brutalement tarie avec l’arrivée sur le marché du soufre américain qui a provoqué une grave crise économique et sociale.
    Un reportage de Antonella Gurrieri, Orazio Cristaldi et Pino Lombardo.
    Tunisie : Femme de verre
    Si on en croit l’écrivain latin Pline l’Ancien, c’est aux Phéniciens que l’on doit l’invention du verre. Un matériau qui, dans l’Antiquité, était aussi prisé et aussi cher que l’or et l’argent. Si c’est rare en Occident, ça l’est encore plus dans un pays arabe. Sadika Keskes est maître verrier, un art qu’elle a appris à Venise et qu’elle pratique maintenant à Sidi Bou Said, dans le golfe de Tunis. Elle a rassemblé ses verreries et d’autres productions dans une même entreprise où travaillent de nombreuses femmes.
    Un reportage de Alessandra Rissotto, Tito Mangiante, Massimo Lombroso.
    année : 2009

    Durée : 26′
    Numéro de l’épisode : 29
    Nombre d’épisodes : 32
    Chaîne d’origine :

  • Agression contre des prisonniers politiques sahraouis à la prison marocaine d’ Ait Melloul

    Ait Melloul (Maroc), 31/05/2010 (SPS) Des prisonniers politiques sahraouis, Salama Charafi et Najem Bouba ont été victimes d’une violente agression de la part des autorités pénitentiaires à la prison d’Ait Melloul, a-t-on appris de source proche du ministère sahraoui des territoires occupés et des Communautés.

    Najem Bouba a été surpris par la pénétration du directeur adjoint de la prison en compagnie de ses collaborateur dans la cellule du prisonnier politique sahraoui et ont procédé à une enquête, selon la même source, qualifiant cette agression de réaction à une plainte contre l’administration, déposée en mai 2010 par la famille au procureur général du roi auprès de la Cour d’appel d’Agadir, rejetant les accusations présentés par la cour de première instance d’Agadir contre son fils et sa condamnation à 4 ans de prison ferme.

    Pour sa part, Salama Charafi a été agressé et tabassé par des membres de l’administration pénitentiaire, pour avoir demandé de lui fournir des soins des maladies dont il souffre, en raison de la négligence et l’indifférence de cette administration à son état de santé et psychologique.

    Il a été transféré récemment à l’hôpital d’Agadir, où il a passé six jours de traitement, avant d’être reconduit à sa cellule à la prison d’Ait Melloul, a rappelé la même source.

    Par ailleurs, les citoyens sahraouis de la ville occupée de Smara ont organisé une manifestation dans laquelle ils ont brandi les drapeaux de la RASD et scandé des slogans demandant le retrait immédiat de l’occupation marocaine du Sahara occidental et l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Ils ont en outre réitéré leur attachement au seul et unique représentant légitime du peuple sahraoui, le Front Polisario.

    La manifestation a également appelé à cesser la répression marocaine contre les civils sahraouis dans les territoires occupés du Sahara Occidental, arrêter le pillage et l’exploitation systématique des ressources naturelles au Sahara Occidental et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis qui se trouvent encore dans les prisons marocaines. (SPS)

  • L’entreprise coloniale en Afrique. Les séquelles d’une œuvre macabre

    Par Said Boumameche
    La problématique de l’entreprise coloniale et les luttes de libération en Afrique ont fait l’objet d’un colloque international, organisé dans le cadre du 2ème festival culturel panafricain, au cours duquel plusieurs thématiques liées à l’histoire du colonialisme et ses conséquences sur le continent, ont été débattues.
    Quelque 25 pays africains, représentés par des chercheurs, historiens et des personnalités politiques, partie prenante dans les mouvements de libération, ont pris part à cette rencontre culturelle.
    Il était question d’embrasser une période particulièrement mercantiliste qui, du 17ème au 19ème siècle, fera de l’Afrique un des pôles essentiels du commerce triangulaire et de la traite des esclaves, à la phase des luttes de libération et de l’émergence des premiers Etats nationaux.
    Les grands thèmes qui ont été débattus ont porté sur «l’absence de l’Afrique dans le processus historique, l’esclavage et la colonisation», afin d’apporter des éclairages et des réponses aux nouvelles générations sur leur histoire.
    A cette occasion, la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a considéré que le colonialisme constitue un projet d’aliénation culturelle et une volonté d’occulter les civilisations anciennes et de spoliation des richesses économiques.
    Dans ce contexte, elle a rappelé que le phénomène de colonisation n’avait rien à voir avec les tentatives de propagation de la civilisation au sein de sociétés souffrant de sous-développement, mais qu’il s’agissait plutôt d’une décomposition forcée des tissus socioculturels, en vue de les aliéner, voire de les dissiper.
    Pour la ministre, affirmer que le continent africain n’a pas su marquer de son empreinte l’histoire de l’humanité, revient à nier la dynamique et les grands changements que le continent a connus durant son histoire.
    Mme Toumi a également mis en avant le rôle des médias et maisons d’édition dans l’éducation des générations futures et en matière de traitement des questions intéressant les sociétés africaines notamment à la faveur de cette conjoncture qui «connaît un retour en force de la révision de l’Histoire et des thèses faisant l’apologie de la colonisation».
    La colonisation « positive », un mensonge
    De son côté, l’avocat Jacques Verges a qualifié de «mensonge» la colonisation «positive» en Afrique comme le prétendent certaines parties de l’Europe, affirmant que la réalité sur cette étape de l’histoire «reste encore masquée».
    Il a souligné qu’il était «difficile» devant tous ces faits, dont la spoliation des terres et des biens, les pillages des pays, la négation de la personnalité, de reconnaître que la colonisation était positive, mettant en exergue le rôle des médias et des écoles dans l’information des jeunes générations africaines sur la réalité de leurs histoire et passé, précisant: «il faut leur dire la vérité».
    Cet avocat, connu pour son engagement dans la défense de la cause algérienne durant la guerre de libération nationale, a appelé les médias nationaux et africains d’une manière générale à ne pas tomber dans les stéréotypes des colonisateurs en évoquant l’histoire de leurs pays.
    A propos du prétendu «apport civilisationnel» de la colonisation aux pays africains, l’orateur s’est contenté de se demander «ce que représentent alors les pyramides d’Egypte, les bronzes du Bénin ou encore les gravures rupestres du Tassili ou de l’Afrique du Sud», affirmant que «les Africains étaient civilisés depuis très longtemps».
    De la pénétration coloniale au tracé des frontières
    En outre, les questions liées à la pénétration coloniale et au tracé des frontières, ont été soulevées par les participants.
    C’est ainsi que l’historien tunisien, enseignant à l’Université de La Manouba (Tunis), M. Mejiri Lazhar a souligné, dans son intervention intitulée «Frontières et questions de transhumance: le cas des tribus algéro-tunisennes sous l’occupation française», que le tracé des frontières hérité de la colonisation, découlait d’une «logique sécuritaire» chez l’occupant.
    Il a rappelé, dans ce cadre, que les Beys de Tunis et les Deys d’Alger avaient trouvé des «arrangements» à cette question litigieuse, en 1641 et en 1628.
    M. Mejeri a souligné, dans ce contexte, que «la société tribale du sud-ouest tunisien ainsi que celle du sud-est algérien vivait, depuis des temps ancestraux dans un rapport de complémentarité et de relation d’interdépendance».
    L’universitaire ivoirien, Sohi Blesson Florent, chercheur à l’Université d’Abidjan, a examiné la question des «échanges pré-coloniaux en Afrique noire et les stratégies de pénétration économique colonial : le cas de la transformation des circuits commerciaux traditionnels de l’Ouest forestier ivoirien».
    Tout en estimant que la thématique des frontières est encore «chaude» dans les pays anciennement colonisés, il a affirmé que «l’étude de ce cas micro-historique permet d’affirmer que les frontières sont imposées et qu’elles sont absurdes».
    «Il s’agit de tracés imposés à des sociétés sous domination», a-t-il relevé, ajoutant que «17 % des frontières dans les anciennes colonies à travers le monde ont été imposées par la France».
    La matinée de la 2ème journée de ce colloque qui poursuivra ses travaux jusqu’au jeudi 15 juillet, a été consacrée au thème relatif à la colonisation mercantiliste et la traite d’esclaves.
    C’est ainsi que Mme Toyeye de l’université de Kinshasa (Congo), a souligné dans sa communication que «la traité au 16ème siècle a donné naissance à une bourgeoisie commerciale africaine et des intermédiaires locaux».
    Le rôle de l’Algérie salué
    D’autre part, le rôle joué par l’Algérie dans la décolonisation du continent africain a été mis en évidence par les participants qui ont focalisé sur l’aide dont ont bénéficié les différents mouvements de libération en Afrique de la part de l’Algérie.
    Pour sa part, l’ancien secrétaire général de l’Organisation de l’union africaine (OUA), Salim Ahmed Salim, a mis en avant le rôle joué par l’organisation africaine pour mener le processus de la décolonisation du continent.
    Il a souligné, à ce sujet, sa participation en sa qualité de secrétaire général d’une organisation continentale pour faire avancer les débats au niveau de la commission de décolonisation au niveau de l’Organisation des Nations unies.
    «Les générations actuelles doivent savoir les souffrances de leurs aînés, pour arracher l’indépendance dans l’ensemble du continent, à l’exception du Sahara occidental qui est considéré comme le dernier territoire à décoloniser en Afrique», a-t-il soutenu.
    Il a rendu un hommage particulier à l’Algérie qui, a-t-il souligné, avait joué un rôle important dans cette entreprise de décolonisation, un rôle qui l’a hissé à l’avant-garde des combats pour la libération.
    Pour Mme Aminatou Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, l’entreprise de décolonisation n’a pas «entièrement» épuisé tous ses objectifs, rappelant, dans ce cadre, le contexte dans lequel son livre «L’Afrique humiliée» a été édité. «C’était pour répondre à ceux qui ont mis en doute la lutte de l’Afrique contre la colonisation».
    Intervenant lors des débats, le directeur du Centre Saguiat El-Hamra et Rio de Oro pour les études stratégiques et politiques, M. Baba Mustapha Sayed, a appelé «à mettre un terme à la colonisation dans le continent», relevant que le Sahara occidental demeure le dernier territoire à décoloniser en Afrique.
    « Il est temps de briser le mur du silence pour permettre à notre peuple qui vit derrière le mur de séparation érigé par les autorités de l’occupation pour isoler les territoires occupés, de communiquer avec le reste du peuple du Sahara occidental» a-t-il encore souligné.
    Il a lancé un appel aux pays africains pour une solidarité «plus agissante» et «efficace» envers le peuple sahraoui dans sa lutte contre la colonisation marocaine».L’orateur a, en outre, déploré la position de la France envers la question sahraouie, notamment, lors des réunions du Conseil de sécurité de l’ONU, précisant que ce pays «couvre par tous les moyens le Maroc».
  • SOMMET FRANCE-AFRIQUE : Bouteflika impose la voix de l’Afrique

    «L’Afrique ambitionne de sortir de son statut actuel de puissance potentielle pour parvenir à celui de nouveau pôle de développement», a lancé hier le président Abdelaziz Bouteflika dans son discours d’ouverture au sommet France-Afrique qui s’est ouvert à Nice. L’Afrique est digne et déterminée à prendre en main ses destinées. Tels sont les mots clés d’un homme qui a contribué à la création du NEPAD et qui, aujourd’hui, dans le cadre de la globalisation, veut encore inciter le continent noir à être un partenaire incontournable vis-à-vis des institutions mondiales qui président aux destinées de l’humanité. «Avec 53 Etats et un milliard d’habitants, le continent africain ne saurait demeurer en marge des processus décisionnels internationaux et se contenter, en observateur, d’en subir passivement les conséquences fâcheuses», a encore dit Bouteflika avant d’enchaîner : «L’Afrique s’estime en droit de plaider en faveur d’un élargissement du G20 qui, à l’instar d’autres régions du monde, va au-delà de l’intégration, aussi bien de certains de ses membres que de ses institutions, comme l’Union africaine et le Comité des chefs d’Etat et de gouvernement pour l’orientation du NEPAD».
    Le mot d’ordre du Président est tout à fait clair. Comme nous le disions il y a quelques jours à
    l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée par M. Medelci, ministre des Affaires étrangères : avec la fin de la guerre froide et la disparition des blocs, l’Afrique devrait constituer un pôle incontournable dans le monde, après avoir réglé les problèmes d’ordre sécuritaire qui subsistent encore dans quelques régions. Pour plusieurs raisons, la participation du président algérien est importante et son discours tombe à point nommé. En premier lieu, la politique, à quelques exceptions près, de la chaise vide n’a jamais été une stratégie porteuse. En second lieu, l’échec, suite à des mésententes, d’autres tentatives d’unions régionales, est consommé. La plus importante des raisons est l’émergence de ce continent, vidé de ses richesses naturelles au nom parfois du diktat des institutions financières internationales. Si le Président n’a pas parlé de l’aspect historique, nous pouvons le dire en quelques mots. Il se résume à «la France amie de l’Afrique», politique pensée par De Gaulle dès 1958 et mise en oeuvre par son homme de main Jacques Foccart dont le rôle consistait à mettre en place un système de dépendance intégrale des anciennes colonies africaines en vue de conserver un cortège d’États clients bradeurs de leurs matières premières stratégiques. Mais les temps ont changé, aussi bien en France qu’en Afrique. De l’autre côté de la Méditerranée, l’Africain qui idéalisait de vivre sous les cieux de la République française, terre d’accueil, a été nourri par des phrases rocardiennes du genre : «La France ne saurait accueillir toute la misère du monde.» Bien évidemment, la France n’a jamais accueilli les misères du monde, et ce pays, ami de l’Afrique, reste le plus fermé de l’Europe. Il est parmi les rares pays qui ne contribuent plus aux aides humanitaires promises ni aux aides au développement des pays pauvres… En revanche, il a une grande responsabilité dans la succession des crimes contre l’humanité et de génocides qu’il a couverts en Afrique, ou parfois agencé, selon François-Xavier Verschave, spécialiste des relations franco-africaines. Dès lors, le plaidoyer du président algérien incitant les Africains à se constituer en un bloc d’avenir, au-delà des spécificités et des divergences politiques de chaque pays, est sans doute la clé pour un épanouissement sûr des Africains.
    Samir Méhalla
    Le Journal Indépendant , 1 juin 2010