Harcèlement des journalistes. Vers le modèle tunisien

6 mois fermes!! C’est la peine à laquelle a été condamné Taoufiq Bouachrine, directeur du quotidien Akhbar Al Youm Al Maghribiya, suite à une plainte pour “escroquerie” déposée par l’ancien propriétaire de sa résidence de Rabat. Ce dernier avait déposé plainte contre Bouachrine pour le même motif, en 2007, mais le journaliste avait été innocenté en première instance comme en appel. Deux ans plus tard, le dossier avait été curieusement réouvert, puis mis en sommeil… avant d’être réactivé peu de temps après la fermeture d’Akhbar Al Youm pour “atteinte à un membre de la famille royale”. Malgré de multiples témoignages en  faveur du journaliste, et un coup de théâtre en pleine audience (“un témoin à charge s’était rétracté face au juge, déclarant avoir subi des pressions policières”, raconte Bouachrine), le journaliste a écopé de prison ferme, dans ce qui a tout l’air d’un règlement de comptes politique “à la tunisienne”, visant à salir sa réputation. Bouachrine reste en liberté jusqu’au jugement d’appel. D’ici là, il a décidé d’arrêter d’écrire en protestation contre “la dangereuse dégradation de la situation de la presse au Maroc”
Ali Amar. De malentendu en malentendu 

L’ancien directeur du Journal hebdomadaire, Ali Amar, a été placé en garde à vue le 7 juin, suite à une plainte pour une sombre histoire de vol d’ordinateur et de violation de domicile. Relâché dès le lendemain, le journaliste a déclaré aux médias, document à l’appui, être le propriétaire légitime de l’ordinateur. L’AMDH, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières ont déploré l’arrestation arbitraire et musclée de l’auteur de Mohammed VI, le grand malentendu, et déploré le “harcèlement des journalistes indépendants marocains”.
Tel Quel, 13/6/2010

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