Le dernier échec marocain

Le Maroc ne cesse d’accumuler les échecs, en assistant, impuissant, à l’éffritement de son faux projet d’autonomie et la réapparition d’une expression mortelle pour sa Majesté le Roi Mohamed VI : « solution basée sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Ce qui veut dire que seule la population sahraouie est maître de son destin. Aucun espoir de survie pour les thèses anexionnistes de Rabat. Au contraire, toutes les supercheries et les mensonges avancés par les autorités marocaines ont été munies d’un flagrant échec. Les derniers revers ont été subis par le régime marocain au niveau des principales ONG internationales qui prônent la défense des droits de l’homme : Human Right Watch, Amnesty International, Commision des Nationa Unies pour les Droits de l’homme et le Parlement Européen, qui ont demandé au Conseil de Sécurité d’élargir les compétences de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Réferendum au Sahara Occidental) pour surveiller la situation des droits de l’homme dans le territoire. Tous les rapports impartiels coincident sur le fait que le Maroc viole les droits humains de manière systématique et continue.

Pour la première fois, l’ONU reconaît que le Maroc viole les droits de l’homme au Sahara Occidental, même si c’est une reconnaissance insuffisante. Obama n’a pas essayé d’empêcher que le Conseil de Sécurité travaille sérieusement et n’a pas déclaré son soutient au plan d’autonomie marocain, comme le fasait Bush. Par contre la France de Bernard Kouchner, qui est devenu célèbre grâce à son invention sur le « droit d’injérence humanitaire » s’y est opposé. Apparemment, cette invention dans le domaine du droit internationale n’est pas valable ni pour le Maroc ni pour le Sahara Occidental. L’opposition française a fait que la résolution du Conseil de Sécurité comporte la mention « dimension humaine » du conflit, ce qui, dans le langage juridique, veut dire qu’elle comprend les droits de l’homme. A la fin, au sein du Conseil de Sécurité, il y avait deux forces antagonistes : La légalité internationale du côté du peuple sahraoui, et le véto français de l’autre côté.

Malgré toutes ces vérités, le gouvernement marocain veut faire croire au peuple marocain que la dernière résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU est un soutien à son projet d’autonomie. Ce plan d’autonomie dont on parle depuis la rencontre de Marrakech entre Feu Hassan II et une délégation de hauts responsables du Front Polisario et qui n’a pas encore vu le jour. Pire encore, il a été remplacé par un autre appelé « régionalisation » qu’ils voudront « avancée et graduelle, englobant toutes les régions du Maroc », mais qui traîne et continuera à traîner comme l’ensemble du processus politique au Maroc, un processus miné par le manque de crédibilité et de charisme.

Le système marocain ne donne aucune garantie pour que le pays soit considéré comme une démocratie capable d’héberger une variété de pouvoirs décentralisés. Le taux de participation aux éléctions législatives de 2007, malgré le déploiement de l’administration pour encourager la participation et malgré qu’elles étaient les premières élections législtaives du règne de Mohamed VI, indique que la classe et les partis politiques, toutes tendances et couleurs confondues, ont fait preuve de limitations graves dans leur tentative d’attirer des sympathisants parce qu’ils n’ont plus aucune crédibilité ni confiance de la part du peuple.

Le régime marocain n’arrive plus à convaincre ses propres citoyens sur la sincérité des réformes entreprises par l’Etat, et il veut faire croire aux sahraouis sa sincérité concernant son désir d’octroyer une autonomie dans les territoires sahraouis, alors que même la constitution marocaine ne le permet pas. L’article 94 de la Constitution dispose que « les collectivités locales du royaume sont les régions, les préfectures, les provinces et les communes. Toute autre collectivité locale est créée par la Loi ». L’adoption d’une nouvelle organisation administrative et territoriale passera par une nouvelle définition des attributions de la région, des instances représentatives locales et des services déconcentrés de l’Etat. La Constitution aujourd’hui en vigueur, issue de la révision de 1996, prévoit un cadre général pour la décentralisation, sans plus. Il est à noter qu’aucun calendrier n’a été annoncé.

Autonomie, régionalisation, décentralisation…sont des môts qui requièrent un certain respect pour les principes démocratiques et les droits les plus fondamentaux des citoyens. Est-ce cela possible dans un royaume épinglé presque tous les jours pour ses pratiques repressives à l’égard du peuple marocain, du peuple sahraoui, de la presse, des soulèvements populaires contre la pauvreté, le chômage, les dépassements des services de sécurité, la corruption, etc?

On entend tous les jours toute sorte de baratins sur les « progrès réalisés par le Maroc en matière de ceci, de cela… ». Comment peut-on rénover un pays où les mêmes dictateurs, les mêmes escrocs, sont toujours les maîtres du terrain? Les partis politiques les plus importants ont les mêmes dirigents depuis l’époque de Hassan II. Ils n’ont pas voulu céder leurs places à la nouvelle génération pour faire obstruction à tout procès de démocratisation du pays.

Les syndicats historiques qui se sont battus contre le colonialisme et postérieurement contre la dictature de Hassan II n’ont pas voulu s’accommoder à la réalité politique et sociale du pays. Le plus jeune des secrétaires généraux se trouve à la tête du syndicat depuis 30 ans.

Les tabous persistent : Personne ne parle des prérogatives du roi, ni de la coupole militaire qui manipulent les fils du pouvoir et des milliards de dollars des recettes de pêche et du trafic des stupéfiants dont le Sahara Occidental occupé par le Maroc devient une des principales bases de transit.

Tout cela au moment où la situation économique et sociale pousse le peuple marocain à s’aventurer dans les océans dans la recherche d’El Dorado européen, tandis que son roi se donne aux plaisirs les plus alléchants de la vie dans les cours de la Jet Set occidentale.

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