Curieusement après l’embargo contre l’Iran, pour le grossier prétexte de «terrorisme nucléaire» lié à toutes les sauces et marinades, l’actualité s’est emballée subitement à l’échelle de tout le Monde arabe et notamment autour de son déterminant maillon : le Liban.
A l’évidence, le pays du Cèdre – arbre résineux grandissant lentement mais vigoureusement -, dont son bois aurait considérablement servi l’industrie maritime phénicienne permettant à sa civilisation de rayonner, durant cinq siècles, sur tout le pourtour de la méditerranée. Ce magnifique bois avait servi, également, de charpente au temple de Salomon.
Avant-hier, mardi, des militaires israéliens ont, pour l’unième fois, foulé le sol libanais et déraciné un arbre situé sur les terres du sud Liban afin d’installer des soi-disant radars de surveillance frontalière. La riposte, de l’armée du Sud Liban, est immédiate. Des morts et blessés de part et d’autre dont un commandant israélien. Ainsi, la feuille du Cèdre, incrustée au centre de l’étendard national, représente, en faits et gestes culturels et patriotiques, tout un symbole pour la mémoire collective libanaise. Le Hezbollah a exprimé avec force sa solidarité agissante avec l’armée libanaise. Il serait utile de noter que des hauts cadres compétents dans divers domaines, y compris du Hezbollah justement, ont été formés dans les enceintes de l’Université américaine de Beyrouth. Ce qui ne les empêche nullement, bien au contraire, d’être des nationalistes passionnés voire extrêmement anti-USA, et ce, tant qu’ils manifestent leur soutien inconditionnel a Israël !
Aujourd’hui, Loubnan constitue pour le Machrak arabe un abcès de fixation de taille avec ceux non moins putrides de la Palestine, l’Irak des temps anciens et actuels…, notamment depuis la fin de l’empire ottoman coïncidant bizarrement avec la résurgence des nationalismes pan-arabe et sioniste.
En ce qui concerne ceux du Maghreb, ils se situent au Sahel africain depuis peu de temps, et au Sahara occidental avant la libération des pays du Maghreb du joug colonial éparpillant à tous les vents, à l’image de ses engins explosifs faisant des victimes jusqu’à ce jour, les germes des mésintelligences territoriales viciant l’atmosphère maghrébine pour des décennies. A moins d’un déclic d’ici peu.
Vendredi dernier, le roi d’Arabie Saoudite avait saisi son «bâton de pèlerin», en compagnie du Président syrien et, ensemble, ils se sont dirigés vers le Liban afin de calmer les esprits des factions emballées par les frictions internes conjuguées aux immixtions externes à l’image de celles manifestées avant-hier par les troupes de l’armée israélienne que le chef du Hezbollah a comparée, sans la félonie de certains arabes, à un éléphant aveugle.
Cette rihlat essaifi – excursion d’été – tout à fait surprenante, de la part de l’Arabie Saoudite, n’avait duré que quatre heures et, qu’en plus, directement ou indirectement, ce sont les stratèges des USA en connivence avec ceux Israéliens qui l’ont planifié sinon susciter pour contrecarrer tout moyen de pression de la part de l’Iran via le Hezbollah fêtant le VI iéme anniversaire, de sa victoire contre Israël, par un discours de son Secrétaire général
Ainsi, après l’embargo contre la République islamique iranienne, il s’agit tout simplement de la continuation de son isolement géostratégique et, par ricochet, du Hezbollah accusé quant à lui, avant l’heure, d’être à l’origine de l’assassinat du défunt Premier Ministre libanais Rafic Hariri, et ce, sur une simple suspicion médiatisée et minutieusement coordonnée, par les services Israélo-United States of América, en vue d’accabler sournoisement et stratégiquement encore plus la Syrie. Pour d’autres emballements en perspectives.
En attendant, le Guide du Hezbollah à dévoiler, lors de son dernier discours de mardi dernier, de nouveaux éléments sur l’implication des services secrets Israéliens dans l’assassinant du défunt Rafic Hariri. Les services secrets Israéliens s’attendaient à des impacts plus importants. En d’autres termes, la guerre civile au Liban comme dans les années 1980. Qu’à cela ne tienne, raisonnent-ils, ils sont entrain de concocter le prolongement !
A moins de 24 heures après, c’était au tour de l’émir de Qatar – initialement prévu avec la Turquie – de faire une randonnée triomphale au sud Liban fief du Hezbollah. Auparavant, aucun chef d’Etat arabe ne l’avait visité Une contrée bénéficiant de l’aide financière de l’émirat du Qatar, pour la reconstruction des villages bombardés intensivement par l’aviation israélienne lors de la dernière bataille entre les troupes du Tsahal battues à plate couture par ceux du Hezbollah fer de lance et fierté des libanais voire du monde arabo musulman.
Ensuite, l’Emir du Qatar, considéré d’après ses faits et gestes comme un Démocrate par la raison, effectue une rapide visite en Algérie. Elle s’inscrit ont-ils annoncé, comme d’habitude, dans le cadre du renforcement de la coopération économique, politique etc., ainsi que par des discussions, d’ordre général, afin de renforcer les voies et moyens diplomatiques, a tous les niveaux, autour du seul enjeu – le conflit récurrent arabo israélien – lié à l’unité des rangs des pays arabes du Maroc à l’Irak. Comme d’habitude également !
Le problème central, du devenir de ces liens unitaires – la Palestine -, est en train de tarauder visiblement tous les régimes arabes sous-estimant, ou ne voulant pas admettre par excès de confiance à soi-même, l’actuelle situation d’abattement voire de déliquescence des sociétés arabes malmenées, malheureusement, par les aléas de l’ignorance en terme d’organisation sociopolitique, pertinente et perçante, notamment des élites, leur permettant de se débarrasser définitivement de tous les gangs et gangues étouffantes.
Malgré ces dernières sorties de quelques dirigeants arabes, notamment du golfe pour moult raisons, ils restent hélas attachés aux mirages – parlottes – qui nous ont menés là où on est. Errants ! A l’image de ces fabuleux fakirs assis en lotus sur des tapis volants, en train de vadrouiller au gré des vents -conjonctures – du Machrek au Maghreb et vice-versa, fonctionnant, en quelque sorte, grâce au moteur lubrifié par les pétrodollars actuellement ronflants à plein gaz dans les marchés financiers.
Les dernières « bonnes nouvelles », annoncées par les forces agissantes sur les fluctuations de l’évolution économique et financière internationale, ont pour seul but de tranquilliser – endormir -, y compris par le mensonge régulé, les pays arabes pétroliers et gaziers ainsi que les strates sociales démunies des USA, tout particulièrement, afin que les gouvernants Euro-USA se concentrent uniquement sur le devenir géoéconomique d’Israël et de sa géostratégie politico territoriale devenue de plus en plus extensible, en terme d’influence avec l’Arabie Saoudite, y compris auprès et au-delà des pays du golfe arabo-persique, objet de frictions planifiées à moyen terme, qu’Israël avec l’Egypte sont en train, d’une façon ou d’une autre, d’influencer les tempéraments des uns et des autres, et ce, aux moments opportuns. A l’image du charivari, synchronisé, de ces dernières semaines préramadhanesques.
Décidemment la tranquillité et la stabilité, dans la région des prophéties monothéistes, n’arrange pas l’Etat d’Israël habitué, par la force de son Histoire, aux troubles et l’instabilité existentielle de son peuple depuis des millénaires. Une angoisse permanente. En effet, c’est une constante soi-disant d’essence religieuse, alors qu’elle est surtout extrémiste, menant le peuple élu au sens contraire de sa terre telle que promise par Yahvé : Vivre en paix. Ses faux dévots en avaient décidés autrement !
Ainsi, durant des millénaires, des millions d’innocents israéliens furent malmenés par les pires exactions en tous genres. Le dernier, datant du milieu du siècle écoulé, est ignominieux sur tous les plans. Cependant cela n’efface, encore moins justifie, en rien les comportements et faux-fuyants actuels de ses protecteurs et maîtres à penser extrémistes. En rien !
A force d’user des effets de ses traumatismes historiques, Israël pourrait un jour se retrouver confronté au retournement de situation, en terme d’oublis de ses supplices par la mémoire collective internationale voire par ses futures générations gavées par des craintes, incessantes sur leur devenir, les transmettant aux générations palestiniennes et, surtout, aux…extrémistes sans cesse, également, rechargeables indéfiniment an craintes et haines. Ainsi sont les fruits de la violence basée sur la hargne d’avoir toujours raison sur autrui et, ce qui est démentiel, sur l’Histoire !
Les dernières déclarations du Pentagone s’inscrivent dans ce sens. Un plan d’attaque, contre l’Iran, est tout prêt affirme le chef d’Etat Major des forces militaires US. Cela pourrait servir, également, d’un avertissement direct à l’intention de l’Iran et, à partir de la, tenter de rendre caduque l’entente scellée entre ce la République islamique iranienne avec celle de la Syrie, le parti libanais du Hezbollah et celui du Hamas palestinien. Ajouter à cela la maturité des classes politiques libanaise, iranienne, dans leur ensemble, avec toutes leurs tendances et sensibilités divergentes, pour leurs prises de positions pertinentes à l’encontre des enjeux et défis actuels et futurs dans la région du Moyen-orient et ailleurs.
Le Monde arabe, du levant du soleil -Machrak- jusqu’a son coucher -Maghreb-, aussi longtemps qu’il s’éloigne des vertus de la Démocratie, dans l’union réelle des forces progressistes intergénérationnelles et des territoires actuellement déchiquetés, conjuguées à celles -les vertus – de la diversité des opinions et des intelligences, il se saurait que se rapprocher inévitablement auprès des affres de la démagogie et ses multiples effets pervers.
Le Maghreb, quant à lui, jadis base arrière et de fortification des liens autour de l’Andalousie, avait subit les plus terribles croisades que celles du Machrak, disloquant un seul territoire et une même population.. A l’occasion de la fête du trône, les déclarations du jeune roi du Maroc, à l’intention des gouvernants de l’Algérie, dénotent clairement ses préjugés à l’encontre de la construction géographique et géoéconomique dudit Maghreb.
Ses affirmations, sur la marocanité de l’ex Sahara espagnol, sont intervenues à la suite d’une recrudescence d’allégations de part et d’autres dont celle de la dernière sortie du guide libyen jugé, par les officines du Maghzen, comme partial voire comme une combine entre l’Algérie et la Jamahiriya libyenne. A moins que ce soit tout à fait le contraire par ces temps caractérisés par des versatilités quotidiennes inouïes.
Du temps du défunt Président Houari Boumediene, il n’existait aucune ambiguïté sur la position de l’Algérie sur le dossier du Sahara occidental. Aucune ! Elle était clairement affichée. Sans ambages ni ombrages, encore moins de phraséologie pompeuse et édulcorée, voire ne voulant rien dire, cachant les profondes intentions personnelles. Il ne jouait pas à l’usure mais plutôt à de la mesure des rapports de force démontrés au quotidien.
Les opérations de représailles en sourdine faisaient rage. Il communiquait en morse – il existe des blagues croustillantes à ce sujet – avec le défunt Hassan II lequel pour sa part usait de subterfuges régionalisés pour arriver à ses fins. Infaillibles. Nombre des proches du défunt Président, notamment parmi les membres du conseil de la révolution, s’éclipsaient aux moments critiques de la crise entre les deux pays frères. Il se sentait déjà esseulé à cause de ce dossier et tant d’autres au plan interne.
C’est déjà le temps des retournements et reniements. A ce propos, quelques membres du dit conseil avaient jalousé leurs semblables, juchés au sommet du pouvoir, bénéficiant des égards du Maghzen alaouite, via la France mitterrandienne, du temps de Hassan II sachant captiver, à l’image d’un cheikh de zaouïa, les prédisposés à l’enchantement expéditif de la manière douce sinon forcée voire violente.
D’après, l’ex Ministre de l’Industrie et de l’Energie, M. Belaid Abdessellam rapportant, dans son livre intitule « Le Hasard de l’Histoire », les propos du défunt Président à quelques mois de sa mort en fin de l’année 1978 : « Pourquoi, le roi du Maroc avait insisté pour qu’on se rencontre rapidement dés cet automne. Il avait ajouté qu’au cas où on ne se voit pas cette fois-ci, l’on ne se rencontrera jamais. Pourquoi m’avait-il dit çà ? ».
Effectivement, ils ne se sont pas vus. Au préalable, le défunt président, tout en colère contre celui mauritanien Ould Dadah et ensuite dépité par la mort du jeune révolutionnaire sahraoui Mohamed Lamine el Wali, avait annoncé à l’intention du défunt Hassan II que le problème du Sahara occidental lui fera gangrener le cerveau. Tel un Cancer ! La suite, tout le monde la connaît. C’était le temps des forts caractères allant jusqu’au bout de leurs idées et intentions. Et des messages codés !
Après la disparition inopinée du 1er chef de l’ANP, le roi Hassan II en avait donc profité à outrance et, surtout, gagné du temps précieux permettant aux maîtres à penser du Maghzen alaouite de concocter des moutures appropriées aux exigences des temps présents. Le projet de l’autonomie, des « territoires sahariens », tel que conçu par les officines du Maghzen, en est le parachèvement de ce processus dont nous observons l’une des étapes décisives. En attendant d’autres idées – subterfuges – en couvaison dans ce sens. En analysant, avec le recul dans le temps, profondément les dernières déclarations du roi Mohamed VI, ces détours sont déjà en train de se dessiner.
L’essentiel, nous semble-t-il, pour nos actuels stratèges en géopolitique, c’est de deviner la méthode adoptée et surtout le timing retenu par le Maghzen susceptible qu’il les enrobe, sous une nouvelle mouture, auprès de la scène régionale et internationale et surtout dans l’intention de susciter les réflexes solidaires des monarchies du golfe. Et si les projets sont déjà faussés, qui va payer la facture à la fin ? (1). Cette ambiance délétère s’apparente à une anecdote racontée dans l’un de nos précédents articles et que nous jugeons utile de rappeler ci-dessous.
Alors, ce ne serait que de l’emballement conjoncturel par défiance, de part et d’autre, afin de camoufler des complexes personnels et les coups fourrés d’hier et peut-être en vue. Qui sait ? Et puis quoi, encore !(2)
Notes :
(1) Deux cousins étudiants, à Constantine, ont eu l’idée d’aller se régaler de rôtis de tétés d’agneaux N’ayant pas suffisamment d’Argent, ils ont concocté un stratagème pour solutionner le problème. Ils téléphonent à leur oncle, agriculteur de son état et habitant à 50 km, l’invitant à manger de la tête d’agneau sans lui souffler un mot sur leurs possibilités financières. Il fut ravi et prend son portefeuille plein de billets de 500 da en cas de besoin. Après le festin, tous les trois se lavent les mains au lavabo. Puis les cousins commencent à laver leurs mouchoirs lentement pour que l’oncle passe à la caisse. Le vieil agriculteur les observe et compris tout de suite leurs intentions. Alors, il ôte son chèche long de 4 mètres de long sur 20 cm de large et commence d’abord à le mouiller tout en leur disant : « Aujourd’hui, c’est le jour du lavement des chèches »
(2) Peu avant l’indépendance nationale, un vieux charretier s’était reconvertit en chauffeur de taxi transporteur des voyageurs. Un jour, il fut stoppé au milieu du trajet M’sila-Bordj bou Arreridj, par un jeune garde mobile français lequel le questionna sur sa provenance et vers quel lieu il se dirige. Alors le nouveau clandestin, apeuré, tout en emballant inconsciemment le moteur de sa voiture à l’arrêt, répondit en français alors qu’il ne savait rien de cette langue encore moins qu’il connaît le sens de ses mots. On le lui avait appris une seule phrase en cas de pépins avec les gendarmes. Celle-ci est: « je viens de M’sila et après ? ». Alors, interloqué, l’imposant officier n’hésita pas de lui infliger une gifle carabinée qu’il tomba groggy sur le volant de sa voiture. En fait, il s’agit d’un coup fourré de la part de ses camarades taxieurs clandestins chevronnés. C’est, en quelque sorte, son baptême de feu dans sa nouvelle profession.
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L’emballement, et après ?
Par Ali BrahimiLe Quotidien d’Oran, 5/8/2010 -
Destruction de 200 mines dans le Nord de la Mauritanie
Une unité du Génie de l’armée mauritanienne a déterré et détruit mercredi quelque 200 mines antipersonnel et antichars dans le nord-ouest du pays, a déclaré jeudi le coordinateur du Programme humanitaire de déminage pour le développement, le lieutenant-colonel Aly Ould Mohamed El Hacen.
Il a indiqué que cette opération vise à sécuriser une ceinture autour de la ligne de chemin de fer qui relie les villes de Nouadhibou et Zouerate par laquelle passent chaque année 10 millions de tonnes de minerais de fer produites par la Société nationale minière (SNIM).
« La présence de ces mines est un danger constant pour la population de la zone et une réelle entrave aux efforts de développement », déclare, le lieutenant-colonel El Hacen.
Le Nord de la Mauritanie a été le théâtre d’une guerre, au milieu des années 1970, opposant ce pays au Front Polisario qui lutte pour l’autodétermination au Sahara Occidental dont une partie est encore occupée par le Maroc.
Pour déminer cette zone, la Mauritanie bénéficie de l’aide des Nations unies. -
Le Polisario ressuscite Rocher Noir
C’est la ville de Boumerdès (ex-Rocher Noir) qui a hébergé l’Exécutif du Gouvernement provisoire algérien de Abderrahmane Farès, le (GPRA) en 1962 qui accueille depuis le 3 août l’université d’été organisée au profit de quelque 600 cadres de la Rasd et du Front Polisario.
Un événement d’une portée symbolique ou un simple signe du destin? Les Sahraouis, en quête d’indépendance, sont sur les traces du premier gouvernement provisoire de l’Algérie indépendante. Le ministre sahraoui de la Justice, Hamada Selma, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette rencontre, a appelé la communauté internationale à «exercer plus de pression sur le Maroc pour l’amener à se conformer à la légalité internationale afin de permettre au peuple sahraoui l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance».(Note de Diaspora Saharaui : Le Sahara Occidental, colonie espagnole jusqu’à 1975 a été envahie par le Maroc après le retrait du colonisateur espagnol)L’Expression, 5/8/2010 -
Un discours agressif à l’égard de l’Algérie à l’occasion de la fête du trône : Que veut le Maroc ?
Des «efforts de concertation et de coordination avec les Etats maghrébins frères (…) en attendant que l’Algérie cesse de contrarier la logique de l’histoire, de la géographie, de la légitimité et de la légalité au sujet du Sahara marocain». Voilà qui est dit.
Le roi du Maroc, à l’occasion de la fête du trône, a forcément rappelé une des constantes de la politique internationale marocaine, la question de sa souveraineté territoriale, contestée au niveau international et même auprès de toutes les instances légales dans le monde.
Mais dans le discours marocain, ce n’est pas un problème de revendication nationale exprimée dans les territoires sous occupation marocaine et violemment matée à chaque occasion par les services de l’ordre du royaume, mais juste une question politique à régler avec le voisin de l’Est, à savoir l’Algérie. Le roi Mohamed VI a dit espérer que l’Algérie «renonce à ses manœuvres désespérées visant à vainement à torpiller la dynamique enclenchée par notre initiative d’autonomie pour nos provinces du sud» et dans tout cela, pas un mot sur ceux qui portent les revendications territoriales et avec qui le Maroc a connu plusieurs phases de négociations. Le projet d’autonomie est avant tout dénoncé par les sahraouis et le Front Polisario.
Il est toutefois intéressant de noter que le discours royal se tient en guise de réponse au message protocolaire adressé par le président Bouteflika au roi du Maroc à l’occasion de cette fête nationale marocaine. Le président algérien avait écrit : «Il m’est agréable, au moment où le peuple marocain frère célèbre le 11e anniversaire de votre intronisation, d’adresser à Votre Majesté, au nom de l’Algérie, gouvernement et peuple, et en mon nom personnel, mes vœux les meilleurs, priant Le Tout-Puissant de vous garder et de vous accorder santé et bien-être pour poursuivre votre glorieuse démarche à édifier le Maroc du progrès, de la prospérité et de la gloire». Ajoutant : «Je tiens à réaffirmer ma ferme détermination à hisser les relations bilatérales et à raffermir les liens de fraternité et de bon voisinage qui unissent nos deux peuples frères et au service de leur prospérité et progrès».
A l’encontre de l’histoire
Il est évident que la prospérité et le progrès du Maroc ne passent pas par l’annexion d’un territoire que l’histoire moderne a déterminé comme dépendant de la seule solution que préconiserait la population qui l’habite.
Certes, accuser l’Algérie d’être l’instigatrice des tensions et l’entité responsable de ce qui se passe au Sahara occidental est particulièrement méprisant pour ces «sujets» pour lesquels on a échafaudé un plan d’autonomie, lui-même aveu que les territoires ne sont sous la souveraineté marocaine que par le jeu du statu quo et le fait accompli installé dans le temps.
Il est tout de même aberrant d’évoquer la logique de l’histoire lorsqu’on parle du Sahara occidental devenu par la force les provinces du sud, quand ces mêmes provinces étaient à un moment partagées au nom de la même logique historique entre deux pays, le Maroc et la Mauritanie, au sud. La logique de l’histoire voudrait que le Maroc ne revendique plus alors la portion qu’il a admis comme étant partie intégrante du nord de la Mauritanie.
Ce même entêtement à vouloir défendre une souveraineté facilement contestable sur des territoires revendiqués par ceux-là mêmes qui les habitent, frise le ridicule lorsqu’on sait qu’aucun pays n’a reconnu la dite souveraineté marocaine sur ne serait-ce qu’un centimètre carré du territoire du Sahara occidental. La profusion de drapeaux rouges marqués d’une étoile verte semés au Sahara occidental ne trompe personne. Et puis, qu’est-ce que ce tissu de contradictions politiques et diplomatiques ? A l’occasion de la célébration du 5 juillet, fête de l’indépendance en Algérie, le roi Mohammed VI avait, dans un message adressé au président Bouteflika, appelé à renforcer davantage les relations bilatérales entre le Maroc et l’Algérie. Le roi Mohammed VI évoquait l’œuvre pour le rapprochement et la solidarité entre les deux pays, la complémentarité et l’intégration. Par ailleurs, au moment du décès du frère du président Bouteflika, le royaume s’était distingué en envoyant une importante délégation ministérielle marocaine à Alger pour transmettre un message de condoléances du roi Mohammed VI au Président Bouteflika. Une délégation officielle pour un événement familial qui touche le président algérien, c’est un signe, et qui n’est pas à inscrire dans la même veine que les propos véhéments du souverain marocain à l’égard de l’Algérie dans son discours du trône.
Le juste rappel du Polisario
On notera toutefois l’absence de réaction officielle en Algérie aux propos du souverain chérifien. Dans le même temps, le gouvernement de la RASD a rappelé dans un communiqué que «les résolutions de la légalité internationale sont claires vis-à-vis de la question du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, et dont la solution réside dans l’application du principe d’autodétermination et du respect des frontières héritées du colonialisme». Rappel utile et qui évite largement les amalgames.
Les représentants sahraouis ont appelé également l’ONU à ce qu’elle agisse pour accélérer la «mission de décolonisation au Sahara occidental», et permettre ainsi au peuple sahraoui «d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance». L’ONU seul recours aujourd’hui, les autorités sahraouies n’hésitent pas à demander que les Nations unies fassent pression sur le gouvernement marocain pour qu’il respecte la légalité internationale et fasse cesser les violations des droits de l’Homme au Sahara occidental.
Discours, réactions, tout cela paraît à la limite dérisoire quand on sait que le simple fait de continuer à affirmer haut et fort que le Maroc ne négociera pas sa souverainement sur les territoires du Sahara occidental, on comprend que la situation de blocage ne peut que perdurer. Les issues stériles des rounds de négociations de Manhasset ne sont finalement que le résultat de cet entêtement à refuser toute discussion sur l’annexion des territoires du Sahara occidental par le Maroc en 1975. De refuser toute évocation du référendum d’autodétermination avec pour option l’indépendance. On se demande alors à quoi peuvent bien servir les négociations qui n’aboutissent à rien si ce n’est à entériner le statu quo. Dans le même temps, on comprend aisément que devant le refus de la communauté internationale d’entériner un fait accompli, le Maroc joue sur le temps. Reste à savoir si le temps est forcément en faveur de la monarchie ?
Par Amine Esseghir
Les Débats, 4/8/2010 -
Rabat continue de se cacher derrière la question sahraouie
Relations algéro-marocaines : Rabat continue de se cacher derrière la question sahraouieAu moment où Alger montre une volonté de booster les relations algéro-marocaines, Rabat continue de se cacher derrière la question du Sahara occidental. Et pourtant, le droit d’autonomie pour ce peuple est reconnu par la plus haute institution mondiale, en l’occurrence l’Organisation des Nations unies(ONU).Depuis quelque temps, l’anniversaire de l’intronisation du roi Mohamed VI est devenu une occasion pour le souverain marocain d’accuser l’Algérie de chercher à torpiller l’initiative d’autonomie marocaine. Des accusations qui interviennent juste après un message en faveur de la normalisation des relations entre les deux pays adressé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Dans un message qu’il a adressé à l’occasion du 11e anniversaire de l’intronisation du souverain marocain, il a affirmé sa ferme détermination de hisser les relations bilatérales. Le président Bouteflika dira dans son message : «Il m’est agréable au moment où le peuple marocain frère célèbre le 11e anniversaire de votre intronisation, d’adresser à Votre Majesté, au nom de l’Algérie, gouvernement et peuple, et en mon nom personnel, mes vœux les meilleurs, priant Le Tout- Puissant de vous garder et de vous accorder santé et bien-être pour poursuivre votre glorieuse démarche à édifier le Maroc du progrès, de la prospérité et de la gloire». Avant d’écrire : «Tout en me joignant à vous en cette heureuse occasion, je tiens à réaffirmer ma ferme détermination à hisser les relations bilatérales et à raffermir les liens de fraternité et de bon voisinage qui unissent nos deux peuples frères au service de leur prospérité et progrès». Sachant que l’Algérie qui tient à sa position portant sur le droit d’autonomie du peuple sahraoui, le président Bouteflika n’a à aucun moment évoqué la question du Sahara occidental dans son message. Mais s’agit-il juste d’une initiative protocolaire ou bien est-ce une volonté d’aller vers l’amélioration de la qualité des relations entre les deux pays ? C’est la question que posent plusieurs observateurs qui suivent le processus de cette relation. Un processus jugé «complexe» et dont les conséquences touchent toute la région du Maghreb, notamment la construction de l’union du Maghreb uni bloquée depuis 20 ans. En tout cas, durant la dernière réunion du conseil consultatif abrité par l’Algérie il y a quelques mois, les responsables algériens ont insisté sur la relance de la coopération maghrébine, en particulier économique, tout en dépassant les divergences politiques. Mais qui pourra dépasser l’aspect politique et prendre comme modèle l’union européenne pour améliorer les conditions de vie des citoyens maghrébins ?Les délires de Mohamed VILa réponse à cette question n’est pas aussi facile que ça si on revient l’attitude du royaume marocain. Et le discours tenu par Mohamed VI vendredi dernier dans un discours à la nation à l’occasion de la fête du trône montre que la situation de blocage est toujours d’actualité. En tout cas, le roi marocain n’a pas hésité à accuser l’Algérie «de chercher à torpiller l’initiative d’autonomie marocaine». Ainsi, la question sahraouie reste un mur de fer que Rabat ne compte pas dépasser et met sur le dos de l’Algérie les conséquences. Mohamed VI accusera l’Algérie d’aller à l’encontre de «la logique historique» dans le dossier du Sahara occidental. Dans ce cadre, il ajoutera que «le Maroc reste attaché à sa souveraineté sur le Sahara occidental et ne cédera pas un pouce de son Sahara». Selon lui, le Maroc continuera les «efforts de concertation et de coordination avec les Etats maghrébins frères, en attendant que l’Algérie cesse de contrarier la logique de l’histoire, de la géographie, de la légitimité et de la légalité au sujet du Sahara marocain». Ainsi, Rabat veut apparemment isoler l’Algérie du processus maghrébin en se cachant derrière la question sahraouie. Dans ce contexte, le roi marocain a affiché son souhait que l’Algérie renonce à ce qu’il a appelé «ses manœuvres désespérées visant vainement à torpiller la dynamique enclenchée par notre initiative d’autonomie pour nos provinces du sud ». Une manière pour le souverain marocain de faire allusion au «projet d’autonomie proposé par Rabat au Sahara occidental». Il est à savoir que ce projet est rejeté par le Front Polisario qui tient à arracher un référendum d’autodétermination.Le gouvernement sahraoui dénoncePar ailleurs, l’Algérie n’a pas répondu aux «provocations» et « délires» de Rabat, mais le gouvernement sahraoui a dénoncé les propos sur le Sahara occidental contenus dans le discours du roi du Maroc.Dans un communiqué publié samedi dernier par le ministère sahraoui de l’Information, rapporté par l’Agence de presse sahraouie (SPS), le gouvernement sahraoui a souligné que le discours du roi du Maroc prononcé à l’occasion de la fête du trône concernant le Sahara occidental «ne dénote d’aucune volonté sincère de coopérer de manière constructive en faveur d’une paix durable et définitive conformément à la légalité internationale».Selon la même source, «le discours du roi du Maroc consacre la politique expansionniste marocaine adoptée depuis plus de 35 ans, à même d’attiser le feu de la guerre et des tensions dans la région». A ce titre, le gouvernement sahraoui a déploré le fait que cette attitude soit la poursuite de l’intransigeance, du non-respect des résolutions des Nations unies et de la violation de la légalité internationale et des droits de l’Homme».En outre, il a rappelé que les résolutions de la légalité internationale «sont claires vis-à-vis de la question du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique et dont la solution réside dans l’application du principe d’autodétermination et du respect des frontières héritées du colonialisme». Par ailleurs, le ministère sahraoui de l’Information a appelé le gouvernement marocain à assumer sa responsabilité «quant aux conséquences de cette position». Avant d’inviter les Nations unies à accélérer sa mission dans la décolonisation du Sahara occidental afin de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance et de faire pression sur le gouvernement marocain pour l’amener «à respecter la légalité internationale et à cesser ses violations des droits de l’Homme au Sahara occidental».La fermeture de la frontière terrestre pénalise le MarocIl faut dire que le conflit sahraoui reste une carte de justification utilisée par le Maroc pour rendre plus complexes les relations algéro-marocaines et pourtant, les potentialités d’une coopération fructueuse ne manquent pas entre deux Etats voisins. Mais les messages protocolaires ne sont pas suffisants pour rendre cette relation plus simple et aller vers un développement des relations bilatérales, notamment économiques, sachant que les enjeux de celles-ci sont très importantes. Il est à savoir que Rabat est plus pénalisé que l’Algérie par des pertes économiques à cause de la dégradation des relations avec l’Algérie, surtout après la fermeture des frontières terrestres entre les deux pays depuis 2004. Une décision qui est intervenue à la suite d’un attentat islamiste à Marrakech, que Rabat avait imputé aux services secrets algériens. A ce propos, des experts affirment que «la fermeture des frontières pénalise plus le Maroc que l’Algérie et représente un manque à gagner annuel qui se chiffre en milliards de dollars pour l’économie marocaine.Ainsi, le Maroc a toujours montré un acharnement à ouvrir ses frontières surtout que la situation socioéconomique des Marocains est en dégradation donc il faut bien la justifier par «la dégradation des relations avec l’Algérie, notamment sur le plan économique et commercial». A rappeler que l’année dernière, le roi marocain avait fustigé ce qu’il a appelé «l’obstination des autorités algériennes à maintenir la fermeture unilatérale des frontières terrestres». Mais Alger n’a pas répondu à cet appel. Toutefois, l’Algérie a montré sa volonté de booster la coopération économique dans le cadre de l’Union du Maghreb uni.Par Nacera ChenafiLes Débats, 4/8/2010 -
Le président Abdelaziz appelle l’ONU à intervenir pour la libération de trois Sahraouis détenus au Maroc
Par Ghada HamroucheLe président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), M. Mohamed Abdelaziz, multiplie les appels pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la détérioration des droits de l’Homme au Sahara Occidental ainsi que l’état de santé des trois Sahraouis détenus arbitrairement par les autorités d’occupation marocaine. Donc, c’est à partir de Bir Lahlou en territoires libérés que le président saharoui et secrétaire général du Front Polisario a appelé le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à intervenir auprès des autorités marocaines pour la libération de trois détenus politiques sahraouis. M. Mohamed Abdelaziz, qui a dénoncé «les violations des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés», a appelé les autorités marocaines à «libérer ou à juger» les trois détenus sahraouis qui attendent d’être jugés par un tribunal militaire depuis octobre dernier à la prison de Salé. Dans une lettre citée par l’Agence de presse sahraouie (SPS) et reprise par l’Agence de presse algérienne (APS), M. Abdelaziz a sollicité l’intervention urgente de M. Ban Ki-moon pour mettre fin à la détention «arbitraire» de tous les prisonniers sahraouis détenus dans les geôles marocaines. M. Abdelaziz a également rappelé dans sa lettre que les violations des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés ont été dénoncées par plusieurs organisations et associations des droits de l’Homme internationales et marocaines à l’instar d’Amnesty International, Human Rights Watch, l’Association marocaine des droits de l’Homme, l’Organisation marocaine des droits de l’Homme et le Forum marocain des droits de l’Homme. M. Abdelaziz a souligné dans sa lettre que les autorités marocaines maintiennent volontairement les prisonniers politiques en détention, estimés à plus de quarante détenus, et ce, en dépit de leur état de santé physique et psychique, «faisant fi des appels pour leur libération et du droit humanitaire international». Le président sahraoui a enfin souligné, dans sa lettre adressée à M. Ban Ki-moon, la nécessité de trouver un mécanisme onusien afin de protéger et contrôler les droits de l’Homme au Sahara Occidental, mettre un terme à l’exploitation des ressources naturelles au Sahara occidental et démanteler le mur de séparation. L’organisation Human Rights Watch avait demandé mardi aux autorités marocaines de libérer les trois militants sahraouis des droits de l’Homme et de leur assurer un procès «juste» et «transparent». Le président sahraoui avait adressé des lettres similaires au président de la commission de l’Union africaine, le président de la commission de l’ONU pour les droits de l’Homme, le président de la commission africaine des droits de l’Homme et des peuples ainsi qu’aux grandes personnalités et organisations régionales et internationales. Les trois détenus sahraouis avaient été arrêtés avec trois autres accusés à Casablanca à leur retour des camps des réfugiés sahraouis. A noter que trois des six accusés ont bénéficié de la liberté provisoireLa Tribune Online, 6/8/2010 -
No man’s land ?
Par Tarik Hamza
L’intervention française au Mali, aux côtés des troupes mauritaniennes, puis l’assassinat de l’otage français Michel Germaneau, qui s’en est suivi, ont braqué les projecteurs de l’actualité sur la région du Sahel, un immense territoire qui chevauche entre plusieurs pays. Sans être un no man’s land, loin s’en faut, ce vaste territoire ne manque pas d’attirer les convoitises des puissances étrangères, au vu des richesses qu’il recèle.
Aujourd’hui, on parle de terrorisme et d’El Qaida au Maghreb, et cela justifie tous les dépassements. Dans la réalité, le terrorisme n’est qu’un prétexte et El Qaida est une couverture commode. On a là toute une région où le grand banditisme se livre à toutes sortes de trafics, depuis les cigarettes Marlboro jusqu’au commerce des armes, en passant par la drogue et autres produits.
Alors que les potentats locaux, qui ont passé des contrats douteux avec les firmes étrangères pour l’exploitation des richesses minières de la région, ont assis leur pouvoir sur la corruption et la répression, les populations locales font face à la misère, aux famines et aux maladies.
Une grave sécheresse a décimé les troupeaux et plus rien ne pousse sur les sols privés de la moindre goutte d’eau. Il n’y a plus de mil, de riz ni de lait à donner aux enfants, qui souffrent de malnutrition.
En déclarant la guerre à El Qaida, Nicolas Sarkozy fait mine d’oublier que c’est la misère qui fait le lit de la révolte et qui nourrit les rangs des groupes armés, portés sur les enlèvements et sur tous types de ventes illicites. Cette même misère est la cause de la migration clandestine, qui vient grossir et allumer les banlieues françaises.
Les solutions proposées par Nicolas Sarkozy de déchoir de leur nationalité certains citoyens français issus de l’immigration comme lui, ou de s’attaquer aux populations du Sahel, ne font que mettre le feu aux poudres, et ne résoudront jamais la quadrature du cercle du phénomène de la violence et de la migration clandestine en provenance du Sahel.
Il aurait mieux valu consacrer une partie de l’énergie et des moyens mis en œuvre à aider les pays du Sahel à se développer. En effet, seul le développement économique peut aider ces régions du Sahel à sortir de la spirale de la violence dans laquelle le tourbillon de la misère est en train de les attirer inexorablement.
Bien entendu, peut-on demander à un président de la droite française, plus proche des thèses lepénistes que du devenir de sa propre population des banlieues, de songer à faire le bonheur des gens du Sahel ? C’est presque un non-sens.
Il reste seulement à espérer que ses gesticulations seront sanctionnées par une bonne partie de l’électorat français, et que son discours droitier sera la cause de son naufrage aux élections présidentielles de 2012. Il n’y a qu’à voir sa descente aux enfers dans les sondages pour comprendre qu’il en sera ainsi, sauf si l’opposition socialiste n’arrive pas à surmonter ses divisions et lui laisse le champ libre pour une fois de plus enfourcher le cheval de bataille de la xénophobie raciale et de la préférence pour les stars du Cac 40, par le biais d’un nouveau bouclier fiscal.La Tribune des Lecteurs, 4/8/2010 -
Le Sénat américain réclame un rapport
Par Massinissa BenlakehalUne commission du Sénat américain a appelé le département d’Etat (ministère américain des Affaires étrangères) à établir un rapport sur la situation des droits de l’Homme au Sahara Occidental. La même commission a également souligné la nécessité d’inclure, dans ce même rapport, les mesures prises par l’Etat marocain visant l’amélioration de cette situation durant l’année écoulée, a indiqué, jeudi dernier, la représentative sahraouie à Washington, citée par l’agence de presse sahraouie (SPS). La situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés s’est vue, dernièrement, empirer davantage. Elle ne date pas d’aujourd’hui, faut-il le dire. Et pour preuve, la multiplication des agressions à l’égard des délégations de militants sahraouis par les différents services sécuritaires marocains, à leur retour de l’étranger, notamment de l’Algérie. La dernière en date à avoir été agressé était la 6e délégation des militants sahraouis à son retour d’ El Aaiun, après avoir participé aux travaux de la seconde édition de l’université d’été de la jeunesse et des étudiants sahraouis en fin juillet. La population sahraouie, elle non plus, n’est pas épargnée. Elle subit toutes les injures lors des regroupements pour l’accueil des délégations à la ville d’El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental.Pour justement faire la lumière sur ce qui se passe réellement dans ces territoires, la commission des crédits budgétaires a invité le département d’Etat américain à présenter le rapport dans un délai n’excédant pas 45 jours dans lequel il doit «détailler les pas franchis par le gouvernement marocain durant l’année dernière sur la situation des droits de l’Homme au Sahara Occidental». La commission du Sénat a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de mentionner dans ce rapport si l’Etat marocain permet «aux individus de défendre, en toute liberté, leurs opinions sur la situation et l’avenir du Sahara Occidental par le biais de l’exercice de leur droit pacifique d’expression, de constitution d’associations et de consignation des violations des droits de l’homme sans contrainte aucune», a-t-on ajouté de même source.Le Midi Libre, 5/8/2010 -
L’Algérie gagne la bataille de l’eau face au Maroc
La décision a été prise suite aux techniques utilisées par la direction de l’hydraulique et qui ont permis de déjouer les plans marocains consistant à puiser de la nappe phréatique située à l’intérieur du territoire algérien. Il faut souligner que les autorités marocaines ont ouvert des chantiers similaires dans le but de priver l’Algérie de ses ressources en eau, situées dans cette zone frontalière. Selon les études effectuées par les services techniques de la direction de l’hydraulique, les Marocains ne pourront plus puiser l’eau de cette nappe phréatique, sachant qu’ils puisaient, déjà, dans la nappe phréatique de Naâma dont la superficie est estimée à 200 km2. Pour faire face à cette situation, le département de Abdelmalek Sellal a entrepris des études en 2008, aboutissant à la réalisation de 53 puits dont la profondeur est de 1 600 mètres. Il n’y a pas d’accord avec le Maroc pour l’exploitation de la nappe de Chott el Gharb (40 millions de mètres cubes). Pour le Sud du pays, il y a le projet de transfert vers les Hauts-Plateaux. 600 millions de mètres cubes seront transférés du nord d’El Goléa vers les Hauts-Plateaux. D’autres transferts sont envisagés de Oued Namous et de Ouargla. Pour l’Algérie, aux dires de ses responsables, le défi majeur est de gagner la bataille de la sécurité alimentaire. Dans ce but, 65 % des capacités en eau sont orientés vers l’agriculture. Un office spécialement destiné à ce défi, l’ONID (Office de l’irrigation et du drainage), va créer des filiales pour mieux gérer l’eau pour l’agriculture. D’autre part, il faut souligner que le transfert des eaux de la bande ouest de la wilaya de Tlemcen, dont les travaux débuteront dans une année, constitue l’un des grands projets stratégiques pour cette région et qui permettra de renforcer les capacités d’approvisionnement de la population. Ainsi, la réalisation de ce projet permettra l’approvisionnement d’un million d’habitants des wilayas de Tlemcen, Sidi Bel-Abbès et Naâma. Cette bonne nouvelle coïncide avec la réelle exploitation du barrage de Boughrara, au même titre que des stations de dessalement de Honaïne et de la zone du lac de Souk El Tenine au nord de la wilaya de Tlemcen qui seront opérationnelles dans les prochains mois, comme celle du barrage Sakkak d’Aïn Youcef. Par ailleurs, il faut souligner que nos voisins marocains puisaient dans un passé récent de nos ressources en eau tout en jetant des eaux usées au barrage de Boughrara. Il faut préciser que l’eau est l’un des points de discorde, de conflits et même de guerre, comme c’est le cas entre Israël et certains pays arabes ou la Turquie et ses voisins, ou même l’Egypte avec les pays situés sur le Nil. En mars 2009, le cinquième Forum mondial de l’eau, tenu à Istanbul en Turquie avait discuté de cette problématique des eaux souterraines ou superficielles partagées par plusieurs pays et dont l’exploitation risque de conduire à des conflits, voire, dans le pire des cas, à des guerres. Il faut rappeler que les ressources en eaux souterraines du Sahara septentrional sont contenues dans deux immenses nappes aquifères qui sont le continental intercalaire (CI) et le complexe terminal (CT). Ce sont des réserves fossiles dont la durabilité dépend de la façon dont elles sont exploitées. L’Algérie, la Tunisie et la Libye sont associées dans le cadre du Système aquifère du Sahara septentrional (SASS), pour contrôler les prélèvements de la nappe phréatique commune à ces trois pays. Le SASS recouvre une superficie de plus d’un million de km2 répartis sur les territoires de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye. La plus grande surface du SASS se trouve en Algérie avec 700 000 km2, suivie de la Libye avec 250 000 km2 et de la Tunisie 80 000 km2. Les réserves d’eau de ce système aquifère sont estimées à 60 000 milliards de m3 dont 40 000 milliards de mètres cubes environ en Algérie. L’Observatoire du Sahel et du Sahara, organisme international, s’occupe de la supervision scientifique du SASS. L. A. Voir sur Internet ..La nouvelle République, 4/8/2010 -
Biladi : Editorial n° 557
La guerre déclarée par le Président Aziz à Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) continue d’inquiéter tout le monde. Même si la nébuleuse terroriste a ignoré royalement notre pays dans le communiqué lu par son chef et dans lequel il a désigné la France et son président Sarkozy en tant que (seul) coupable de l’attaque meurtrière de son camp ; ce qui en fait, désormais, l’ennemi juré des Jihadistes. Peut-on se fier à cela et croire que la Mauritanie n’est pas concernée par l’ultimatum, ni par les menaces du chef terroriste ? Certainement pas.
La nébuleuse terroriste avait bien la Mauritanie sur son tableau de chasse avant même que celle-ci lui déclare ouvertement la guerre. Tout le monde se rappelle des attaques meurtrières perpétrées contre l’armée mauritanienne à Lemghaïty (2005), Ghallaouiya (2007) et Tourine (2008)… Des opérations qui ressemblent beaucoup à une provacation et un harcèlement pour contraindre le pays à s’engager dans la voie de la guerre. Un ‘‘piège’’ dans lequel le président Aziz est tombé, croyant être en légitime défense et cherchant à prendre sa vengeance contre un ennemi, partiquement insaisissable. Contrairement au Mali et au Niger qui refusent de répondre aux provocations d’Al-Qaida. Ils savent pertinemment qu’ils n’ont pas les moyens pour l’affronter et que les cibles réelles des attaques terroristes (les Occidentaux et l’Algérie) s’abstiennent d’engager les moyens à même de faire face à la menace. Cette approche pragmatique n’est-elle pas synonyme d’abdication ? Une honte dans la culture mauritanienne. Mais est-ce qu’on a, pour autant, les moyens pour entretenir cette position téméraire d’aller ainsi en guerre contre AQMI ? Est-ce que le pouvoir n’est pas en train de se suicider ? Beaucoup de gens le pensent.
En effet, jusqu’à présent, la nébuleuse terroriste n’a pas été vaincue dans aucun des nombreux foyers de guerre qu’elle anime à travers le monde (Afghanisatn, Pakistan, Somalie, Yemen, Irak, Algérie…). Peut-on croire à une exception mauritanienne ? C’est à voir si dans ce genre de situation l’espoir est permis !
Mais en attendant cela, il existe des solutions républicaines, autres que celle de la guerre pour affronter ce fléau. Elles consistent en un mélange de prévention, d’éducation, de maintien de l’ordre et de la loi. Pourquoi ne pas emprunter cette voie qui a l’avantage d’être moins risquée et plus réaliste. Surtout si on ajoute à cela, une coordination efficace avec les voisins. Car, dans ce combat de longue haleine, il ne faut pas trop compter sur les parties étrangères à la zone. Celles-ci peuvent à tout moment jeter l’éponge et rentrer chez elles.