Le processus de décolonisation a pris un long chemin depuis que l’ONU a désigné le territoire du Sahara Espagnol comme territoire non-autonome dans les années 1960 jusqu’à son appel à la célébration d’un référendum d’autodétermination dans les années 1970 pour qu’enfin, en 1988, le Maroc et le Front Polisario acceptent le principe d’un cessez-le-feu devant aboutir à une autodétermination sur la base du recensement espagnol de 1974.
Depuis le retrait de l’Espagne, l’histoire du conflit du Sahara Occidental a connu trois étapes importantes :
1) Les années de guerre 1975-1991 : de l’invasion marocaine jusqu’à l’adoption à l’unanimité, par le Conseil de sécurité de l’ONU en 1991, du plan de règlement, qui s’appuie sur le recensement espagnol de 1974 de la population sahraouie.
En septembre 1991, entrée en vigueur du cessez-le-feu sous la surveillance de la MINURSO. La consultation référendaire est programmée pour janvier 1992.
2) Les années de référendum 1991-2004
En 1994, une bataille est engagée entre le Maroc et le Front Polisario autour du corps électoral. Avec la poursuite de plusieurs « nouvelles marches vertes » (déplacement des Marocains vers le territoire du Sahara occidental).
Trois ans après, en 1997, l’ancien secrétaire d’Etat américain James Baker est désigné comme représentant personnel du secrétaire général de l’ONU. Les deux parties en conflit signent les accords de Houston, en septembre, incluant un compromis autour de la question du corps électoral, et prévoyant la tenue d’un référendum d’autodétermination l’année suivante. En 1999, l’ONU annonce l’élaboration d’une liste des personnes habilitées à participer au référendum d’autodétermination au Sahara occidental (plus de 86 000 personnes) : le Maroc ne peut plus utiliser l’argument selon lequel le recensement espagnol de 1974 est dépassé.
Les obstructions marocaines donnent lieu à une nouvelle proposition, faite par James Baker, du plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental (nommé Plan Baker), élargi aux colons marocains installés sur le territoire sahraoui de 1975 à décembre 1999, qui prévoit l’octroi d’une semi-autonomie pendant 5 ans, suivi d’un référendum d’autodétermination. Ce plan adopté à l’unanimité par le Conseil de Sécurité est accepté par le Polisario et rejeté par le Maroc.
En acceptant le plan Baker malgré les risques qu’il comportait, le Front Polisario avait fait des concessions majeures, par générosité, pour la paix et dans un esprit de réconciliation. En rejetant ce plan, le Maroc a été forcé d’admettre qu’il voulait écarter toute solution qui passe par les urnes, et par conséquent le rejet du principe d’autodétermination.
La démission de James Baker en 2004 a eu comme conséquence la naissance, en 2005, d’une résistance populaire pacifique dans les territoires sahraouis sous occupation qui a mis en évidence que sans autodétermination il n’y aura jamais de stabilité dans les territoires occupés du Sahara Occidental.
3) Les négociations directes : depuis 2007.
Au lendemain du départ de Baker, le nouveau représentant spécial pour le Sahara, le néerlandais Peter van Walsum, traça la nouvelle voie à suivre : la table de négociation.
Sous sa direction, quatre rencontres officielles auront lieu à Manhasset, au terme desquelles il a fini par jeter l’éponge parce qu’il avait constaté que les négociations interminables qui sont engagées entre les deux parties n’aboutiront à aucun résultat tant qu’il n’y aura pas de « pression sur le Maroc pour qu’il abandonne sa revendication de souveraineté sur le territoire ».
La désignation d’un diplomate chevronné comme Christopher Ross donnera un nouveau souffle au processus des négociations avec la rencontre informelle de Dürnstein, en Autriche. Celle- ci n’a enregistré aucun progrès en raison de la position du Maroc qui prétend limiter la solution dans une seule option, le statut d’autonomie, contre les résolutions de l’ONU qui définient l’autodétermination du peuple sahraoui comme base de toute solution définitive.
Dans cette rencontre, il était prévu la réouverture d’une voie terrestre pour permettre de fomenter l’interchange de visites familiales des deux côtés du mur de défense marocain. Loin de cela, Rabat a opté pour l’escalade de la répression contre les activistes des droits de l’homme et l’expulsion d’Aminatou Haidar.
Suite à ces évènements, l’optimisme ne peut que laisser la place au pessimisme concernant la rencontre informelle entre le Maroc et le Front Polisario qui aura lieu le 10 et 11 février à New York.
Ces évènements constituent une preuve irréfutable de l’obstination des autorités marocaines de continuer à dicter leurs conditions et à torpiller les efforts du représentant spécial des Nations Unies, Christopher Ross.
Cette obstination est le seul obstacle à l’aboutissement d’une solution juste et mutuellement acceptable à ce conflit qui dure depuis plus de 35 ans.
Le gouvernement marocain a montré durant toutes les étapes des négociations qu’il ne demande pas la paix. Dans l’état actuel de la situation de ni guerre ni paix, le royaume du Maroc non seulement n’a pas besoin de la paix, mais il est convaincu qu’il n’a aucun intérêt de faire la paix. Le seul objectif des autorités marocaines est de perpétuer les négociations sur le Sahara Occidental aussi longtemps que possible pour poursuivre l’occupation illégale, la répression et le pillage des ressources sahraouies sans être inquiété par la communauté internationale.
Par conséquent, il est légitime de se poser des questions sur la bonne foi des dernières déclarations concernant la disposition du Maroc de discuter la proposition sahraouie. Cela ne peut être qu’une nouvelle stratégie pour empêcher le Conseil de Sécurité de débattre sur l’élargissement du mandat de la MINURSO aux questions de droits de l’homme.
Auteur/autrice : mahembarec
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Nouvelle stratégie marocaine pour empêcher l’élargissement du mandat de la MINURSO
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Maroc : Lobby et pot-de-vin, deux éléments indissociables
La toile a vu fleurir une multitude de sites Internet défendant les thèses de Rabat et s’attaquant au Front Polisario. Des sites élaborés, au graphisme moderne et au contenu enrichi de documents exclusifs, de photographies de qualité et d’informations élaborées pour déformer la réalité du conflit du Sahara Occidental. Des mystérieux collectifs de citoyens, des think tanks, des instituts d’études stratégiques ne manquent pas dans le cocktail de cette nouvelle offensive cybernétique marocaine.
Certains articles et arguments rappellent un article apparu dans les pages du New York Times le 3 mars 2007, signé par Frederick Vreeland, un véritable écrivaillon pro-marocain. Le plus amusant, c’est que les éditeurs du célèbre journal avait inséré, au-dessous de l’article, la note suivante :« Note des éditeurs : Un article d’opinion sur l’offre marocaine d’autonomie pour le Sahara Occidental, aurait dû dévoiler plus de détails sur l’identité de l’auteur, M. Vreeland, un ancien ambassadeur au Maroc et, aussi, le PDG d’une société de panneaux solaires qui détient des contrats avec le gouvernement marocain ».Il convient de se demander si toute personne qui défend les thèses marocaines n’a pas les mains dans le pot de miel marocain. Une recherche rapide sur Google dévoile la société de Vreeland NoorWeb et sa relation avec le Maroc. Les éditeurs du NYT auraient dû ajouter qu’il était aussi membre du lobby marocain à Washington et qu’il sera généreusement récompensé par les autorités de Rabat pour la publication de cet article.Personne n’est surpris si le Maroc n’arrive pas à trouver une personne honnête pour défendre ses intérêts. Mais, parfois, il arrive que des disgrâces tombent sur ces personnes qui ont vendu leur âme au diable. C’est le cas, à titre d’exemple, d’Edelman, une société de relations publiques engagée par le gouvernement marocain pour recruter des personnes pour le Centre Politique Maroco-Amméricain (Moroccan American Center for Policy), un lobbying fondé par feu Hassan II.Cette société a été dénoncée par plusieurs personnalités américaines et ses actions en bourse ont connu une chute spectaculaire.Le Suisse Johannes Manz, représentant spécial des Nations Unies au Sahara, a démissionné le 20 décembre 1991 pour exprimer sa désapprobation de la démarche partisane de Perez de Cuellar. De même, son compatriote Jean-Luc Held, membre de la Minurso, a dénoncé en mai 1994, les violations marocaines au Sahara et une certaine partialité du secrétaire général de l’ONU, Bouthrous Ghali.Javier Perez de Cuellar fut récompensée par Rabat d’une fonction honorifique (avec rémunération adéquate) auprès de l’Omnium Nord Africain, le holding de la famille royale marocaine. Bouthrous Ghali trouva sa récompense chez le gouvernement français avec le poste de secrétaire général de la Francophonie.Ce ne sont là que quelques illustrations que le Maroc n’a jamais prévu de gagner la bataille du Sahara par les méthodes légales, mais par la tricherie, la manipulation, la corruption et les pot-de-vin. Des pratiques courantes du Makhzen à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc. -
Maroc : Lobby et pot-de-vin, deux éléments indissociables
La toile a vu fleurir une multitude de sites Internet défendant les thèses de Rabat et s’attaquant au Front Polisario. Des sites élaborés, au graphisme moderne et au contenu enrichi de documents exclusifs, de photographies de qualité et d’informations élaborées pour déformer la réalité du conflit du Sahara Occidental. Des mystérieux collectifs de citoyens, des think tanks, des instituts d’études stratégiques ne manquent pas dans le cocktail de cette nouvelle offensive cybernétique marocaine.
Certains articles et arguments rappellent un article apparu dans les pages du New York Times le 3 mars 2007, signé par Frederick Vreeland, un véritable écrivaillon pro-marocain. Le plus amusant, c’est que les éditeurs du célèbre journal avait inséré, au-dessous de l’article, la note suivante :« Note des éditeurs : Un article d’opinion sur l’offre marocaine d’autonomie pour le Sahara Occidental, aurait dû dévoiler plus de détails sur l’identité de l’auteur, M. Vreeland, un ancien ambassadeur au Maroc et, aussi, le PDG d’une société de panneaux solaires qui détient des contrats avec le gouvernement marocain ».Il convient de se demander si toute personne qui défend les thèses marocaines n’a pas les mains dans le pot de miel marocain. Une recherche rapide sur Google dévoile la société de Vreeland NoorWeb et sa relation avec le Maroc. Les éditeurs du NYT auraient dû ajouter qu’il était aussi membre du lobby marocain à Washington et qu’il sera généreusement récompensé par les autorités de Rabat pour la publication de cet article.Personne n’est surpris si le Maroc n’arrive pas à trouver une personne honnête pour défendre ses intérêts. Mais, parfois, il arrive que des disgrâces tombent sur ces personnes qui ont vendu leur âme au diable. C’est le cas, à titre d’exemple, d’Edelman, une société de relations publiques engagée par le gouvernement marocain pour recruter des personnes pour le Centre Politique Maroco-Amméricain (Moroccan American Center for Policy), un lobbying fondé par feu Hassan II.Cette société a été dénoncée par plusieurs personnalités américaines et ses actions en bourse ont connu une chute spectaculaire.Le Suisse Johannes Manz, représentant spécial des Nations Unies au Sahara, a démissionné le 20 décembre 1991 pour exprimer sa désapprobation de la démarche partisane de Perez de Cuellar. De même, son compatriote Jean-Luc Held, membre de la Minurso, a dénoncé en mai 1994, les violations marocaines au Sahara et une certaine partialité du secrétaire général de l’ONU, Bouthrous Ghali.Javier Perez de Cuellar fut récompensée par Rabat d’une fonction honorifique (avec rémunération adéquate) auprès de l’Omnium Nord Africain, le holding de la famille royale marocaine. Bouthrous Ghali trouva sa récompense chez le gouvernement français avec le poste de secrétaire général de la Francophonie.Ce ne sont là que quelques illustrations que le Maroc n’a jamais prévu de gagner la bataille du Sahara par les méthodes légales, mais par la tricherie, la manipulation, la corruption et les pot-de-vin. Des pratiques courantes du Makhzen à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc. -
L’ONU, va-t-elle encore tourner le dos aux sahraouis?
Les forces d’occupation marocaines mènent une politique de répression contre la population sahraouie qui ne dispose pas de la liberté d’expression, d’association et de manifestation ; les violations des droits de l’homme sont liées au refus des autorités marocaines de reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Même la revendication de ce droit par des déclarations ou des manifestations est interdite, réprimée et punie de la prison !
Ce déni du droit international compte sur l’appui tacite du président Sarkozy et de l’Europe, qui espèrent faire de Rabat un partenaire privilégié en raison des ressources qu’offre le territoire disputé (sable, minerais, phosphate, et pêche). Malheureusement, pour les gouvernements européens, la sécurité du régime dictatorial du Maroc passe par le droit à violer les normes impératives du droit international et du droit humanitaire international, favorisant ainsi le droit à l’impunité. L’Europe, et le gouvernement français en particulier, en agissant ainsi, ne favorisent pas le droit à la paix et à la sécurité pour l’ensemble des peuples, petits ou grands, avec ou sans Etat.Face à cette situation, de plus en plus préoccupante, de nombreuses associations des droits de l’homme sahraouies et internationales ont demandé un élargissement du mandat de la mission des Nations Unies pour le Sahara occidental (MINURSO) à la surveillance du respect des droits de l’homme. En effet, les Casques bleus de l’ONU présents sur place n’ont pas le droit d’intervenir même quand les Sahraouis sont tabassés sous leurs yeux !La MINURSO demeure à ce stade la seule opération des Nations Unies qui ne comporte pas de composante « droits de l’homme » en dépit de besoins criants sur le terrain.« L’introduction d’un volet droits humains dans le mandat de la MINURSO, qui doit être renouvelé en avril 2010, permettrait de faire progresser de manière significative les initiatives visant à faire cesser les violations des droits fondamentaux au Sahara occidental », a déclaré Malcolm Smart au nom d’Amnesty International.C’est un pas indispensable pour trouver une solution acceptable par les parties. Pas l’unique, mais il est le pas le plus urgent à entreprendre par la communauté internationale pour trouver une solution acceptable par les parties.Des graves violations surviennent au moment où le Conseil de Sécurité est sur le point d’examiner, au mois d’avril prochain, le rapport du Secrétaire général et d’apporter son soutien à la demande de l’Envoyé Spécial, Christopher Ross, d’élargir les compétences de la MINURSO en faveur du respect des droits de l’homme dans la région. L’attitude passive de l’ONU vis-à-vis de telles violations est interprétée par les sahraouis comme un encouragement à poursuivre ces actes et ils appellent les Nations Unies à assumer leurs responsabilités et à prendre les mesures qui s’imposent pour arrêter la situation dramatique dans laquelle vit la population dans les territoires occupés par le Maroc.Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Conseil de Sécurité doivent prendre conscience qu’il est temps que les sahraouis aient le droit de vivre dignement et le droit de choisir comment et où ils veulent vivre. Cela ne peut être atteint que si on les laisse choisir librement leur destin. Ce sont 35 ans de vie au milieu de rien, sans aucune identité reconnue, ils vivent de l’espoir de pouvoir un jour dire leur mot et rentrer chez eux. -
L’ONU, va-t-elle encore tourner le dos aux sahraouis?
Les forces d’occupation marocaines mènent une politique de répression contre la population sahraouie qui ne dispose pas de la liberté d’expression, d’association et de manifestation ; les violations des droits de l’homme sont liées au refus des autorités marocaines de reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Même la revendication de ce droit par des déclarations ou des manifestations est interdite, réprimée et punie de la prison !
Ce déni du droit international compte sur l’appui tacite du président Sarkozy et de l’Europe, qui espèrent faire de Rabat un partenaire privilégié en raison des ressources qu’offre le territoire disputé (sable, minerais, phosphate, et pêche). Malheureusement, pour les gouvernements européens, la sécurité du régime dictatorial du Maroc passe par le droit à violer les normes impératives du droit international et du droit humanitaire international, favorisant ainsi le droit à l’impunité. L’Europe, et le gouvernement français en particulier, en agissant ainsi, ne favorisent pas le droit à la paix et à la sécurité pour l’ensemble des peuples, petits ou grands, avec ou sans Etat.Face à cette situation, de plus en plus préoccupante, de nombreuses associations des droits de l’homme sahraouies et internationales ont demandé un élargissement du mandat de la mission des Nations Unies pour le Sahara occidental (MINURSO) à la surveillance du respect des droits de l’homme. En effet, les Casques bleus de l’ONU présents sur place n’ont pas le droit d’intervenir même quand les Sahraouis sont tabassés sous leurs yeux !La MINURSO demeure à ce stade la seule opération des Nations Unies qui ne comporte pas de composante « droits de l’homme » en dépit de besoins criants sur le terrain.« L’introduction d’un volet droits humains dans le mandat de la MINURSO, qui doit être renouvelé en avril 2010, permettrait de faire progresser de manière significative les initiatives visant à faire cesser les violations des droits fondamentaux au Sahara occidental », a déclaré Malcolm Smart au nom d’Amnesty International.C’est un pas indispensable pour trouver une solution acceptable par les parties. Pas l’unique, mais il est le pas le plus urgent à entreprendre par la communauté internationale pour trouver une solution acceptable par les parties.Des graves violations surviennent au moment où le Conseil de Sécurité est sur le point d’examiner, au mois d’avril prochain, le rapport du Secrétaire général et d’apporter son soutien à la demande de l’Envoyé Spécial, Christopher Ross, d’élargir les compétences de la MINURSO en faveur du respect des droits de l’homme dans la région. L’attitude passive de l’ONU vis-à-vis de telles violations est interprétée par les sahraouis comme un encouragement à poursuivre ces actes et ils appellent les Nations Unies à assumer leurs responsabilités et à prendre les mesures qui s’imposent pour arrêter la situation dramatique dans laquelle vit la population dans les territoires occupés par le Maroc.Le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Conseil de Sécurité doivent prendre conscience qu’il est temps que les sahraouis aient le droit de vivre dignement et le droit de choisir comment et où ils veulent vivre. Cela ne peut être atteint que si on les laisse choisir librement leur destin. Ce sont 35 ans de vie au milieu de rien, sans aucune identité reconnue, ils vivent de l’espoir de pouvoir un jour dire leur mot et rentrer chez eux. -
Les Belgo-Marocains, une communauté sous influence ?
Enquête sur le rôle du Maroc chez les belgo-marocains !
Les Belgo-Marocains, une communauté sous influence ?
BAUDOUIN LOOS, samedi 06 février 2010, 10:00Le royaume du Maroc exerce-t-il toujours sur les citoyens marocains de Belgique une influence sournoise ? Tente-t-il de les contrôler ?
Enquête de Baudouin Loos, à lire dans « Le Soir » de ce week-end
Le « makhzen » – comme on appelle les institutions pyramidales marocaines depuis le roi jusqu’au plus petit fonctionnaire – exerce-t-il encore une influence sournoise et redoutable sur la communauté marocaine de Belgique comme ce fut longtemps la règle ? Plongée dans un monde où le non-dit doit souvent encore être dit. Combien sont-ils ces Marocains de Belgique – dont une majorité possède la double nationalité ? Les chiffres se révèlent peu précis.Les sources varient entre 200.000 et… 400.000. Ils pèsent un poids considérable, de toute façon. Les grosses vagues d’immigration se situèrent entre 1964 et 1974. La grande majorité des Marocains venaient du nord du pays, du Rif déshérité. Le royaume alors cher à Hassan II va chercher à exercer un certain contrôle sur cette population. Ce fut d’abord le temps des « amicales ». « C’étaient des sortes d’associations à la solde du régime, composées le plus souvent d’ouvriers analphabètes, encadrés par des gens qui écrivaient des rapports. On y dénonçait surtout les gauchistes » : le journaliste sexagénaire Ahmed Oubari, arrivé en Belgique à 20 ans de Casablanca en 1965, se souvient bien de cette époque. « L’ennemi des progressistes comme moi, c’étaient ces amicales, mais aussi les mosquées et les fonctionnaires marocains de la Banque populaire ou de la RAM » (la compagnie aérienne). Mais les amicales ont beaucoup perdu de leur lustre. « Les amicales, c’est fini, estime même l’économiste Mohamed Battiui, 48 ans, arrivé chez nous en 1984 de Nador après avoir été torturé pour activités syndicales à l’université et qui n’est jamais retourné au pays.
Elles en étaient arrivées à même être critiquées par les éléments modernes du makhzen. Il faut dire qu’elles avaient volontiers recouru à la violence pour saboter des colloques, des conférences. » Pour remplacer les « amicalistes » déchus, le régime a notamment inventé à la fin des années 80 la Fondation Hassan II, chargée d’organiser des activités sociales et culturelles pour les communautés marocaines à l’étranger. « Vous comprenez, explique Fouad Mejlaoui, son représentant, le Maroc entrait dans une phase d’ouverture alors que les amicales n’entendaient guère s’adapter.
Parmi elles, c’est vrai, certains avaient abusé de la situation, par exemple pour grappiller des passe-droits. » Mais il n’y a pas que la Fondation Hassan II. « Le makhzen s’est tourné vers les élus dans les instances belges qui avaient comme terreau électoral la communauté marocaine, reprend Mohamed Battiui. Il a domestiqué les élites politiques issues de l’immigration marocaine.Quasi tous les élus sont loyaux au makhzen. C’est dangereux car ils font passer le régime marocain comme fréquentable, or il n’a pas changé. » Une opinion tranchée. Que tout le monde, certes, ne partage pas. L’immigration a produit au plat pays un nombre important d’élus, favorisés par le système électoral proportionnel. Ainsi, à la Région bruxelloise, sur 89 députés, 24 sont d’origine non européenne (et 14 d’origine marocaine). Le PS possède de loin le plus d’élus, mais le MR entretient de bonnes relations avec le Maroc comme en atteste une proposition de résolution, en 2007, qui appuyait la position marocaine sur le Sahara occidental.
L’éventuelle loyauté au makhzen d’élus belges, qui supposerait une double allégeance, voire le primat de l’allégeance marocaine, fait grincer des dents. Tout en étant contestée. « A ma connaissance aucun élu d’origine étrangère n’a jamais crié “België barst !” (Belgique crève !), s’exclamait sur le site wafin.be il y a juste un an Rachid Madrane, ex-député régional PS et échevin à Etterbeek. Les extrémistes séparatistes flamands ont-ils également une double allégeance ? Leur a-t-on d’ailleurs jamais posé cette question ? Tout ceci ne vise qu’à jeter la suspicion et le discrédit sur une minorité d’élus. (…) » La députée bruxelloise SP.A Yamila Idrissi réfute également les accusations de double allégeance.
Dans son cas, certains critiquaient son appartenance depuis 2008 au Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME) créé à Rabat le 7 février cette année-là. « Il n’y a aucune incompatibilité. Au Conseil, je ne fais que donner des simples avis sur des sujets liés à l’identité ou à la culture. Il s’agit d’un mandat de trois ans et je ne perçois aucune rémunération », disait-elle en 2009 sur le blog parlemento.com. Mais là où l’élue ne voyait « aucun conflit d’intérêts », des esprits chagrins pointaient les statuts du CCME, comme l’article 9 qui précise que « les membres du Conseil doivent assumer les fonctions qui leur sont dévolues avec fidélité, impartialité et dévouement pour la défense des intérêts suprêmes de la Nation ». La nation marocaine, s’entend… Un observateur attentif de la scène politique issu de l’immigration saute sur l’exemple : « C’est en raison de ce genre d’ambiguïté qu’il existe en Belgique une méfiance générale vis-à-vis des Marocains et d’ailleurs aussi des Turcs : veulent-ils infiltrer la police ? Qui succombe à la tentation ? Qui est approché ? Qui est retourné ? Ces questions se posent. » Et d’évoquer entre autres des invitations suspectes au Maroc dont les élus d’origine marocaine feraient l’objet. En 2000, en tout cas, un groupe d’élus issus de l’immigration avait accepté un tel voyage au pays.
Dans la presse marocaine d’alors, les choses apparaissaient clairement : « Les membres de la délégation, lisait-on dans l’officiel Matin du Sahara du 9 avril, ont exprimé, de leur côté, leur volonté d’apporter leur soutien s’agissant de la défense des intérêts du Maroc auprès des instances européennes (…).
La délégation comprend sept parlementaires et conseillers communaux belges d’origine marocaine (…). » Un élu qui possède la double nationalité mais qui ne risque pas de se retrouver dans pareille équipée s’appelle Fouad Lahssaini. Pour ce député national Ecolo, « il est dommage que beaucoup d’élus issus de l’immigration n’ont pas envers l’avenir du Maroc une position consistant à promouvoir la démocratie et une économie saine, car le makhzen, relais du conservatisme et du chauvinisme au Maroc, paralyse le développement et la vision des Lumières. Or les Marocains ici ou là-bas n’attendent que cela : la démocratie et la transparence ».Fatiha Saïdi, députée bruxelloise PS (ex-Ecolo), jouit aussi d’une réputation irréprochable. Ce qui ne l’empêche pas de nuancer : « Sincèrement, il y a clairement un changement depuis dix ans, même si tout le monde ne partage pas mon avis. Je ne ressens aucune pression des autorités marocaines. Et pourtant je m’exprime sur des questions sensibles, j’ai par exemple signé le manifeste pour les libertés individuelles après la répression contre un groupe d’homosexuels. » Mais pour la socialiste, le danger de passer pour une « cinquième colonne » existe : « J’ai toujours tenu le cap, même quand je suis invitée au Maroc, où je préviens que j’y vais comme représentante du peuple belge.Il faut garder le minaret au milieu du village ! C’est important, car il est facile de tomber de l’autre côté de la barrière si on n’a pas un bon centre de gravité, et alors on risque de devenir plus marocain que le roi ! » A quoi un Belgo-Marocain « qui veut juste assumer ses origines » répond : « A gauche, on accuse vite d’être “agent du makhzen” celui qui ne multiplie pas les critiques contre l’Etat marocain… » Si des tentatives d’influence peuvent émerger à travers les élus, la communauté marocaine de Belgique, ou une partie d’entre elle, semble par ailleurs rester sous la coupe d’une crainte immanente, celle de la « main invisible » du makhzen, qui la menacerait en permanence. « A côté des interventions et de l’influence de l’ambassade et du consulat, la peur reste dans les esprits, atteste ce journaliste tout juste quadragénaire et doctorant à l’ULB : On a presque tous peur d’avoir des ennuis quand on rentre au Maroc, voire d’être harcelés ou même emprisonnés, même s’il n’y a plus de pressions directes. Les peurs sont restées, surtout ici, plus qu’au Maroc où la population sait que les choses ont évolué. » « L’ambiance générale reste un peu crispée, confirme Nordine Saïdi, 32 ans, éducateur et militant pour l’autodétermination des peuples. Il y a des critiques dont il convient toujours de s’abstenir.
Alors que j’assistais à une réunion de famille chez des amis, un groupe d’hommes évoquait avec passion tout ce qui ne tournait pas rond au Maroc ; quand je leur ai demandé pourquoi ils ne liaient pas cela à la mauvaise gouvernance au Maroc, le silence s’est fait, leur regard en disait long : pas agressif mais gêné… » Parmi les éléments qui génèrent les peurs, diffuses mais bien réelles, on ne manquera pas de relever l’activité des services secrets marocains en Belgique.
En cause, surtout, les activités de renseignement qui concernent les islamistes radicaux. Les « services » belges et marocains travaillent le plus souvent en bonne harmonie, mais une grosse crise avait éclaté en 2008 quand trois agents du DGED (service marocain d’espionnage) ont indisposé les Belges pour leur « ingérence » et autres « activités hostiles », selon les dires mêmes du chef de la Sûreté belge, Alain Winants, qui avait exigé le rappel de ces hommes au Maroc. La DGED aurait, depuis lors, fermé sa représentation officielle à Bruxelles (1). Tout cela n’a pas empêché l’ambassadeur marocain à Bruxelles, Samir Addahre (qui a poliment refusé de répondre à nos questions), de choisir en septembre dernier Le Vif/L’Express pour dire que des « poseurs de bombes » étaient venus de Belgique, où « l’intégrisme a pris pied », et pour suggérer tout simplement que, « dans le cadre d’une action concertée, le Maroc encadre la communauté marocaine de Belgique, en conformité avec les valeurs de tolérance et d’ouverture que nos deux pays partagent ».
Le renseignement n’est pas toujours professionnel. De simples citoyens belgo-marocains peuvent à l’occasion jouer aux indicateurs, ce qui entretient du reste la phobie ambiante. « Le régime a toujours ses relais, commente notre confrère Ahmed Oubari.D’ailleurs, beaucoup de Marocains sont volontaires, ils veulent être bien vus pour différentes raisons : par patriotisme, pour les honneurs, des intérêts commerciaux ou même de petits trafics à protéger. Tout n’est pas honteux ou illégal : on peut être pro-Maroc sans être un vrai espion. » Et on peut notamment épouser les grandes causes nationales, comme celle du Sahara occidental (cet immense territoire occupé par le Maroc depuis 1975 et revendiqué par le Front Polisario, un mouvement indépendantiste) : « En 2008, j’ai été invité à une conférence pour parler de la position belge sur le Sahara occidental, témoigne le député Fouad Lahssaini ; 90 % du public était composé de perturbateurs qui chahutaient, qui filmaient les gens pour mettre ça sur internet ; j’ai été traité de traître, plus tard j’ai même reçu des menaces de mort. » Comme au bon vieux temps des amicales qu’on croyait obsolètes…
(1) Le rapport 2008 de la Sûreté belge, évoquant le Maroc à demi-mots, signalait que le travail de lobbying pouvait signifier « pousser une communauté à défendre les intérêts de son pays d’origine, parfois au détriment de ceux de son pays d’accueil, l’idée étant de rappeler qu’une communauté doit avant tout allégeance à son pays ».Source: le Soir.be
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Les Belgo-Marocains, une communauté sous influence ?
Enquête sur le rôle du Maroc chez les belgo-marocains !
Les Belgo-Marocains, une communauté sous influence ?
BAUDOUIN LOOS, samedi 06 février 2010, 10:00Le royaume du Maroc exerce-t-il toujours sur les citoyens marocains de Belgique une influence sournoise ? Tente-t-il de les contrôler ?
Enquête de Baudouin Loos, à lire dans « Le Soir » de ce week-end
Le « makhzen » – comme on appelle les institutions pyramidales marocaines depuis le roi jusqu’au plus petit fonctionnaire – exerce-t-il encore une influence sournoise et redoutable sur la communauté marocaine de Belgique comme ce fut longtemps la règle ? Plongée dans un monde où le non-dit doit souvent encore être dit. Combien sont-ils ces Marocains de Belgique – dont une majorité possède la double nationalité ? Les chiffres se révèlent peu précis.Les sources varient entre 200.000 et… 400.000. Ils pèsent un poids considérable, de toute façon. Les grosses vagues d’immigration se situèrent entre 1964 et 1974. La grande majorité des Marocains venaient du nord du pays, du Rif déshérité. Le royaume alors cher à Hassan II va chercher à exercer un certain contrôle sur cette population. Ce fut d’abord le temps des « amicales ». « C’étaient des sortes d’associations à la solde du régime, composées le plus souvent d’ouvriers analphabètes, encadrés par des gens qui écrivaient des rapports. On y dénonçait surtout les gauchistes » : le journaliste sexagénaire Ahmed Oubari, arrivé en Belgique à 20 ans de Casablanca en 1965, se souvient bien de cette époque. « L’ennemi des progressistes comme moi, c’étaient ces amicales, mais aussi les mosquées et les fonctionnaires marocains de la Banque populaire ou de la RAM » (la compagnie aérienne). Mais les amicales ont beaucoup perdu de leur lustre. « Les amicales, c’est fini, estime même l’économiste Mohamed Battiui, 48 ans, arrivé chez nous en 1984 de Nador après avoir été torturé pour activités syndicales à l’université et qui n’est jamais retourné au pays.
Elles en étaient arrivées à même être critiquées par les éléments modernes du makhzen. Il faut dire qu’elles avaient volontiers recouru à la violence pour saboter des colloques, des conférences. » Pour remplacer les « amicalistes » déchus, le régime a notamment inventé à la fin des années 80 la Fondation Hassan II, chargée d’organiser des activités sociales et culturelles pour les communautés marocaines à l’étranger. « Vous comprenez, explique Fouad Mejlaoui, son représentant, le Maroc entrait dans une phase d’ouverture alors que les amicales n’entendaient guère s’adapter.
Parmi elles, c’est vrai, certains avaient abusé de la situation, par exemple pour grappiller des passe-droits. » Mais il n’y a pas que la Fondation Hassan II. « Le makhzen s’est tourné vers les élus dans les instances belges qui avaient comme terreau électoral la communauté marocaine, reprend Mohamed Battiui. Il a domestiqué les élites politiques issues de l’immigration marocaine.Quasi tous les élus sont loyaux au makhzen. C’est dangereux car ils font passer le régime marocain comme fréquentable, or il n’a pas changé. » Une opinion tranchée. Que tout le monde, certes, ne partage pas. L’immigration a produit au plat pays un nombre important d’élus, favorisés par le système électoral proportionnel. Ainsi, à la Région bruxelloise, sur 89 députés, 24 sont d’origine non européenne (et 14 d’origine marocaine). Le PS possède de loin le plus d’élus, mais le MR entretient de bonnes relations avec le Maroc comme en atteste une proposition de résolution, en 2007, qui appuyait la position marocaine sur le Sahara occidental.
L’éventuelle loyauté au makhzen d’élus belges, qui supposerait une double allégeance, voire le primat de l’allégeance marocaine, fait grincer des dents. Tout en étant contestée. « A ma connaissance aucun élu d’origine étrangère n’a jamais crié “België barst !” (Belgique crève !), s’exclamait sur le site wafin.be il y a juste un an Rachid Madrane, ex-député régional PS et échevin à Etterbeek. Les extrémistes séparatistes flamands ont-ils également une double allégeance ? Leur a-t-on d’ailleurs jamais posé cette question ? Tout ceci ne vise qu’à jeter la suspicion et le discrédit sur une minorité d’élus. (…) » La députée bruxelloise SP.A Yamila Idrissi réfute également les accusations de double allégeance.
Dans son cas, certains critiquaient son appartenance depuis 2008 au Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME) créé à Rabat le 7 février cette année-là. « Il n’y a aucune incompatibilité. Au Conseil, je ne fais que donner des simples avis sur des sujets liés à l’identité ou à la culture. Il s’agit d’un mandat de trois ans et je ne perçois aucune rémunération », disait-elle en 2009 sur le blog parlemento.com. Mais là où l’élue ne voyait « aucun conflit d’intérêts », des esprits chagrins pointaient les statuts du CCME, comme l’article 9 qui précise que « les membres du Conseil doivent assumer les fonctions qui leur sont dévolues avec fidélité, impartialité et dévouement pour la défense des intérêts suprêmes de la Nation ». La nation marocaine, s’entend… Un observateur attentif de la scène politique issu de l’immigration saute sur l’exemple : « C’est en raison de ce genre d’ambiguïté qu’il existe en Belgique une méfiance générale vis-à-vis des Marocains et d’ailleurs aussi des Turcs : veulent-ils infiltrer la police ? Qui succombe à la tentation ? Qui est approché ? Qui est retourné ? Ces questions se posent. » Et d’évoquer entre autres des invitations suspectes au Maroc dont les élus d’origine marocaine feraient l’objet. En 2000, en tout cas, un groupe d’élus issus de l’immigration avait accepté un tel voyage au pays.
Dans la presse marocaine d’alors, les choses apparaissaient clairement : « Les membres de la délégation, lisait-on dans l’officiel Matin du Sahara du 9 avril, ont exprimé, de leur côté, leur volonté d’apporter leur soutien s’agissant de la défense des intérêts du Maroc auprès des instances européennes (…).
La délégation comprend sept parlementaires et conseillers communaux belges d’origine marocaine (…). » Un élu qui possède la double nationalité mais qui ne risque pas de se retrouver dans pareille équipée s’appelle Fouad Lahssaini. Pour ce député national Ecolo, « il est dommage que beaucoup d’élus issus de l’immigration n’ont pas envers l’avenir du Maroc une position consistant à promouvoir la démocratie et une économie saine, car le makhzen, relais du conservatisme et du chauvinisme au Maroc, paralyse le développement et la vision des Lumières. Or les Marocains ici ou là-bas n’attendent que cela : la démocratie et la transparence ».Fatiha Saïdi, députée bruxelloise PS (ex-Ecolo), jouit aussi d’une réputation irréprochable. Ce qui ne l’empêche pas de nuancer : « Sincèrement, il y a clairement un changement depuis dix ans, même si tout le monde ne partage pas mon avis. Je ne ressens aucune pression des autorités marocaines. Et pourtant je m’exprime sur des questions sensibles, j’ai par exemple signé le manifeste pour les libertés individuelles après la répression contre un groupe d’homosexuels. » Mais pour la socialiste, le danger de passer pour une « cinquième colonne » existe : « J’ai toujours tenu le cap, même quand je suis invitée au Maroc, où je préviens que j’y vais comme représentante du peuple belge.Il faut garder le minaret au milieu du village ! C’est important, car il est facile de tomber de l’autre côté de la barrière si on n’a pas un bon centre de gravité, et alors on risque de devenir plus marocain que le roi ! » A quoi un Belgo-Marocain « qui veut juste assumer ses origines » répond : « A gauche, on accuse vite d’être “agent du makhzen” celui qui ne multiplie pas les critiques contre l’Etat marocain… » Si des tentatives d’influence peuvent émerger à travers les élus, la communauté marocaine de Belgique, ou une partie d’entre elle, semble par ailleurs rester sous la coupe d’une crainte immanente, celle de la « main invisible » du makhzen, qui la menacerait en permanence. « A côté des interventions et de l’influence de l’ambassade et du consulat, la peur reste dans les esprits, atteste ce journaliste tout juste quadragénaire et doctorant à l’ULB : On a presque tous peur d’avoir des ennuis quand on rentre au Maroc, voire d’être harcelés ou même emprisonnés, même s’il n’y a plus de pressions directes. Les peurs sont restées, surtout ici, plus qu’au Maroc où la population sait que les choses ont évolué. » « L’ambiance générale reste un peu crispée, confirme Nordine Saïdi, 32 ans, éducateur et militant pour l’autodétermination des peuples. Il y a des critiques dont il convient toujours de s’abstenir.
Alors que j’assistais à une réunion de famille chez des amis, un groupe d’hommes évoquait avec passion tout ce qui ne tournait pas rond au Maroc ; quand je leur ai demandé pourquoi ils ne liaient pas cela à la mauvaise gouvernance au Maroc, le silence s’est fait, leur regard en disait long : pas agressif mais gêné… » Parmi les éléments qui génèrent les peurs, diffuses mais bien réelles, on ne manquera pas de relever l’activité des services secrets marocains en Belgique.
En cause, surtout, les activités de renseignement qui concernent les islamistes radicaux. Les « services » belges et marocains travaillent le plus souvent en bonne harmonie, mais une grosse crise avait éclaté en 2008 quand trois agents du DGED (service marocain d’espionnage) ont indisposé les Belges pour leur « ingérence » et autres « activités hostiles », selon les dires mêmes du chef de la Sûreté belge, Alain Winants, qui avait exigé le rappel de ces hommes au Maroc. La DGED aurait, depuis lors, fermé sa représentation officielle à Bruxelles (1). Tout cela n’a pas empêché l’ambassadeur marocain à Bruxelles, Samir Addahre (qui a poliment refusé de répondre à nos questions), de choisir en septembre dernier Le Vif/L’Express pour dire que des « poseurs de bombes » étaient venus de Belgique, où « l’intégrisme a pris pied », et pour suggérer tout simplement que, « dans le cadre d’une action concertée, le Maroc encadre la communauté marocaine de Belgique, en conformité avec les valeurs de tolérance et d’ouverture que nos deux pays partagent ».
Le renseignement n’est pas toujours professionnel. De simples citoyens belgo-marocains peuvent à l’occasion jouer aux indicateurs, ce qui entretient du reste la phobie ambiante. « Le régime a toujours ses relais, commente notre confrère Ahmed Oubari.D’ailleurs, beaucoup de Marocains sont volontaires, ils veulent être bien vus pour différentes raisons : par patriotisme, pour les honneurs, des intérêts commerciaux ou même de petits trafics à protéger. Tout n’est pas honteux ou illégal : on peut être pro-Maroc sans être un vrai espion. » Et on peut notamment épouser les grandes causes nationales, comme celle du Sahara occidental (cet immense territoire occupé par le Maroc depuis 1975 et revendiqué par le Front Polisario, un mouvement indépendantiste) : « En 2008, j’ai été invité à une conférence pour parler de la position belge sur le Sahara occidental, témoigne le député Fouad Lahssaini ; 90 % du public était composé de perturbateurs qui chahutaient, qui filmaient les gens pour mettre ça sur internet ; j’ai été traité de traître, plus tard j’ai même reçu des menaces de mort. » Comme au bon vieux temps des amicales qu’on croyait obsolètes…
(1) Le rapport 2008 de la Sûreté belge, évoquant le Maroc à demi-mots, signalait que le travail de lobbying pouvait signifier « pousser une communauté à défendre les intérêts de son pays d’origine, parfois au détriment de ceux de son pays d’accueil, l’idée étant de rappeler qu’une communauté doit avant tout allégeance à son pays ».Source: le Soir.be
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Pourquoi le Maroc parle de régionalisation
Peter Van Valsum, l’ancien envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies avait laissé tomber l’équivalent d’une bombe nucléaire sur la légalité internationale. Il a voulu réduire à néant le principe sacré de l’autodétermination. Cela n’a pas eu grand éch à cause du black-out médiatique imposé sur ce conflit de 35 ans.
Même si sa démarche était clairement en désaccord avec la Charte et la neutralité des fonctionnaires de l’ONU, et même s’il reconnaît que la légalité se trouve du côté du Front Polisario, sa logique de realpolitik est tout à fait ridicule.
Peu de temps avant la réunion du Conseil de Sécurité du 31 avril 2008, Van Walsum, dont on suppose que la crédibilité repose sur son impartialité, a dit qu’un Sahara Occidental indépendant n’était pas une proposition réaliste. Il ne pense pas que le Sahara Occidental n’a pas de droit à l’indépendance ou qu’il constituerait un état non viable ou que les revendications marocaines sont justes. Non, Van Walsum avait un autre argument dans sa tête. Il a simplement constaté qu’il n’y a « aucune pression sur le Maroc pour qu’il abandonne sa revendication de souveraineté sur le territoire ».
En tant qu’ancienne colonie de l’Espagne et territoire reconnu par l’ONU non-autonome, le peuple sahraoui doit pouvoir se prononcer sur son destin. Le Sahara Occidental, se trouve occupé, depuis 1975, par le Maroc, un allié loyal de la France et des États-Unis -on pourrait dire trop flexible, extrêmement prêt à céder ou pathétiquement docile-. Et puisque la France et les EU tiennent les clés de la MINURSO et de n’importe quelle diplomatie coercitive de l’ONU, le Maroc a eu carte blanche au Sahara Occidental, pour piller et coloniser la dernière colonie d’Afrique donnant lieu à l’expansion territoriale la plus agressive et incontrôlée des derniers temps.
Suite au lancement de la bombe R (réalisme) de Van Walsum, la France et l’administration de Bush ont chargé à plein feu pour incruster une résolution pro-marocaine dans la gorge du Conseil de Sécurité. Le point crucial de l’affaire était si en effet le terme réalisme (c’est-à-dire, la reddition à l’hégémonie américano-française avant la loi) devrait être subtilisé par l’option de statut finale d’indépendance. Avec l’aide de l’Afrique du Sud, un allié crucial des Sahraouis tenant la Présidence du Conseil, cet assaut a été un peu repoussé et le terme réalisme a été apposé au processus de négociations au lieu d’effacer l’option d’indépendance.
Du point de vue marocain, l’autonomie est un compromis, un pas en arrière et quelque chose de risqué. En effet, le régime marocain voit l’autonomie comme un risque étant donnée la croissance des revendications amazighs dans le Rif et les régions du Draa et il y a quelques partis qui soutiennent l’autonomie au Sahara Occidental parce qu’ils espèrent que cela ouvrira une brèche dans le système du Makhzen qui donne le feu vert à une vraie réforme politique. C’est la raison pour laquelle certaines voix au Maroc ont demandé l’application unilatérale du projet d’autonomie. Si le Maroc était sérieux sur l’autonomie et voulait saper le soutien du Polisario, la meilleur chose qu’il aurait pu faire c’était mettre en œuvre le plan d’autonomie le plus vite possible. Mais cela s’avère impossible à cause de plusieurs facteurs :
– L’absence d’encouragement pour Rabat pour mettre en oeuvre cette autonomie à moins que la France et les EU ne se décident à faire le pas spectaculaire de reconnaître la souveraineté marocaine sur le territoire. Ainsi pour que le Maroc accepte d’appliquer l’autonomie, il doit recevoir une récompense importante pour un tel compromis. Mais, apparemment, ses alliés ne sont prêts à faire ce pas. L’argument le plus probable que la France et les Etats-Unis auraient donné au Maroc est qu’une autonomie imposée n’aurait pas un consensus au sein du Conseil de Sécurité, ne serait pas bien accueille au sein de l’ONU et ne laisserait au Polisario comme choix que le retour à la guerre.
– Le roi Mohamed VI sait que le projet d’autonomie deviendra un choix politique de l’Etat marocain et ne concernera pas uniquement le Sahara Occidental, ce qui veut dire un consentement à l’avance d’une limitation considérable de ses pouvoirs et au renforcement des rôles des autres intervenants.
– Les militaires marocains, l’élite, et la monarchie étaient occupés, joyeusement, à piller les abondantes ressources du Sahara Occidental pendant plus de trente-quatre ans et ils ne sont pas disposés à abandonner cette manne intarissable. Il est tout simplement inimaginable que le gouvernement marocain laisse tomber ce qui constitue la clé de son rêve d’hégémonie dans la région.
Ainsi le projet d’autonomie est mort-né. Les autorités marocaines, après avoir constaté que Christopher Ross et la communauté internationale ne lâchent pas la voie de l’autodétermination, ont décidé de présenter quelque chose au peuple marocain pour cacher leur échec dans cette entreprise pour laquelle ils ont tout donné. Cette chose s’appelle régionalisation, mais, selon les termes utilisés par le monarque, elle sera maroco-marocaine, ce qui veut dire que le roi et le gouvernement central garderont leurs prérogatives et ne laisseront que des miettes à la gestion régionale et locale. -
Pourquoi le Maroc parle de régionalisation
Peter Van Valsum, l’ancien envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies avait laissé tomber l’équivalent d’une bombe nucléaire sur la légalité internationale. Il a voulu réduire à néant le principe sacré de l’autodétermination. Cela n’a pas eu grand éch à cause du black-out médiatique imposé sur ce conflit de 35 ans.
Même si sa démarche était clairement en désaccord avec la Charte et la neutralité des fonctionnaires de l’ONU, et même s’il reconnaît que la légalité se trouve du côté du Front Polisario, sa logique de realpolitik est tout à fait ridicule.
Peu de temps avant la réunion du Conseil de Sécurité du 31 avril 2008, Van Walsum, dont on suppose que la crédibilité repose sur son impartialité, a dit qu’un Sahara Occidental indépendant n’était pas une proposition réaliste. Il ne pense pas que le Sahara Occidental n’a pas de droit à l’indépendance ou qu’il constituerait un état non viable ou que les revendications marocaines sont justes. Non, Van Walsum avait un autre argument dans sa tête. Il a simplement constaté qu’il n’y a « aucune pression sur le Maroc pour qu’il abandonne sa revendication de souveraineté sur le territoire ».
En tant qu’ancienne colonie de l’Espagne et territoire reconnu par l’ONU non-autonome, le peuple sahraoui doit pouvoir se prononcer sur son destin. Le Sahara Occidental, se trouve occupé, depuis 1975, par le Maroc, un allié loyal de la France et des États-Unis -on pourrait dire trop flexible, extrêmement prêt à céder ou pathétiquement docile-. Et puisque la France et les EU tiennent les clés de la MINURSO et de n’importe quelle diplomatie coercitive de l’ONU, le Maroc a eu carte blanche au Sahara Occidental, pour piller et coloniser la dernière colonie d’Afrique donnant lieu à l’expansion territoriale la plus agressive et incontrôlée des derniers temps.
Suite au lancement de la bombe R (réalisme) de Van Walsum, la France et l’administration de Bush ont chargé à plein feu pour incruster une résolution pro-marocaine dans la gorge du Conseil de Sécurité. Le point crucial de l’affaire était si en effet le terme réalisme (c’est-à-dire, la reddition à l’hégémonie américano-française avant la loi) devrait être subtilisé par l’option de statut finale d’indépendance. Avec l’aide de l’Afrique du Sud, un allié crucial des Sahraouis tenant la Présidence du Conseil, cet assaut a été un peu repoussé et le terme réalisme a été apposé au processus de négociations au lieu d’effacer l’option d’indépendance.
Du point de vue marocain, l’autonomie est un compromis, un pas en arrière et quelque chose de risqué. En effet, le régime marocain voit l’autonomie comme un risque étant donnée la croissance des revendications amazighs dans le Rif et les régions du Draa et il y a quelques partis qui soutiennent l’autonomie au Sahara Occidental parce qu’ils espèrent que cela ouvrira une brèche dans le système du Makhzen qui donne le feu vert à une vraie réforme politique. C’est la raison pour laquelle certaines voix au Maroc ont demandé l’application unilatérale du projet d’autonomie. Si le Maroc était sérieux sur l’autonomie et voulait saper le soutien du Polisario, la meilleur chose qu’il aurait pu faire c’était mettre en œuvre le plan d’autonomie le plus vite possible. Mais cela s’avère impossible à cause de plusieurs facteurs :
– L’absence d’encouragement pour Rabat pour mettre en oeuvre cette autonomie à moins que la France et les EU ne se décident à faire le pas spectaculaire de reconnaître la souveraineté marocaine sur le territoire. Ainsi pour que le Maroc accepte d’appliquer l’autonomie, il doit recevoir une récompense importante pour un tel compromis. Mais, apparemment, ses alliés ne sont prêts à faire ce pas. L’argument le plus probable que la France et les Etats-Unis auraient donné au Maroc est qu’une autonomie imposée n’aurait pas un consensus au sein du Conseil de Sécurité, ne serait pas bien accueille au sein de l’ONU et ne laisserait au Polisario comme choix que le retour à la guerre.
– Le roi Mohamed VI sait que le projet d’autonomie deviendra un choix politique de l’Etat marocain et ne concernera pas uniquement le Sahara Occidental, ce qui veut dire un consentement à l’avance d’une limitation considérable de ses pouvoirs et au renforcement des rôles des autres intervenants.
– Les militaires marocains, l’élite, et la monarchie étaient occupés, joyeusement, à piller les abondantes ressources du Sahara Occidental pendant plus de trente-quatre ans et ils ne sont pas disposés à abandonner cette manne intarissable. Il est tout simplement inimaginable que le gouvernement marocain laisse tomber ce qui constitue la clé de son rêve d’hégémonie dans la région.
Ainsi le projet d’autonomie est mort-né. Les autorités marocaines, après avoir constaté que Christopher Ross et la communauté internationale ne lâchent pas la voie de l’autodétermination, ont décidé de présenter quelque chose au peuple marocain pour cacher leur échec dans cette entreprise pour laquelle ils ont tout donné. Cette chose s’appelle régionalisation, mais, selon les termes utilisés par le monarque, elle sera maroco-marocaine, ce qui veut dire que le roi et le gouvernement central garderont leurs prérogatives et ne laisseront que des miettes à la gestion régionale et locale. -
L’Europe avale le Guantanamo marocain
Dans la période très sinistre qui traverse le territoire sahraoui à cause de l’escalade de répression menée par l’occupant marocain, de lourdes incertitudes planent sur la rencontre informelle entre le Maroc et le Front Polisario annoncée il y a quelques jours par l’Envoyé Spécial de Ban Ki-moon pour le Sahara Occidental, Christopher Ross..Depuis 2005, les militants sahraouis sont objet d’un harcèlement répressif croissant, ainsi qu’envers leurs familles. Les sahraoui vivent dans un véritable état de siège dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Les ONG’s et la presse sont interdits de contacter les activistes des droits de l’homme.Dans les derniers jours, la police marocaine a fait irruption dans la maison de Hmad Hammad, un défenseur de droits de l’homme privé de son passeport pour l’empêcher de voyager. Sa maison a été perquisitionnée et saccagée.Les déclarations du vice-consul marocain à Madrid affirmant que la torture est une « méthode » et une « évolution » ne laissent aucun doute sur les intentions des autorités marocaines. Le Maroc a décidé de créer un « Guantanamo » pour les sahraouis. Mais avec une différence : Dans le Guantanamo cubain les détenus se trouvent là pour « des soupçons » de connivence avec le terrorisme, dans le Guantánamo marocain ces détenus sont des personnes qui défendent les droits de l’homme par des moyens pacifiques.Guantánamo est un lieu dans lequel il y a des personnes privées de liberté. Une grande partie de ces détenus sont emprisonnés sans qu’il n’y ait de charges contre eux, ils se trouvent isolées, nombreux parmi eux sont soumis aux tortures et à des mauvais traitements.Le Guantanamo cubain a été conçu par le gouvernement américain. Celui du Sahara Occidental a été conçu par un allié stratégique des Etats-Unis, le Maroc.Le Makhzen, le système économique, social et politique corrompu du pouvoir au Maroc a décidé d’appliquer le « Modèle Guantanamo » pour combattre les défenseurs des droits de l’homme au Sahara Occidental occupé. Le cas le plus symbolique est celui du « groupe des sept » qui lutte, pacifiquement, pour les droits de l’homme et pour le droit à l’autodétermination de leur pays. Il ont choisi cette voie difficile bien qu’ils aient déjà subi, tous, la prison et la torture dans le passé. Ce groupe est composé par Ali Salem Tamek, Brahim Dahan, Rashid Sgair, Nassiri Hamadi, Yehdih Terrusi, Saleh Lubeihi et Gegja Lachgar. Cette dernière vient d’être libérée suite à la détérioration de son état psychique à cause de la torture et des conditions de détention.
Leur « délit » annoncé par les autorités de Rabat : s’être rendu aux camps de réfugiés sahraouis de Tindouf pour visiter les leurs. Au retour, ils ont fait une escale à l’aéroport de Casablanca, où ils ont été arrêtés et incarcérés dans la prison de Salé.Les tortionnaires de Rabat essaient de les empêcher de poursuivre leur mission pacifique et de briser la résistance populaire pacifique. La torture, la répression et l’emprisonnement est la méthode que cet état terroriste leur a infligé en réponse à leur lutte pacifique.Ils dénocent le fait que leur arrestation et emprisonnement ne soit qu’une persécution politique, judiciaire et répressive de la part de l’état marocain qui cherche à arrêter le processus de lutte pour les droits du peuple sahraoui.Ils dénoncent la position complice et injuste de la France qui e empêché la MINURSO de veiller sur le respect des droits de l’homme dans ce territoire. Dans ce geste, ils voient une empreinte marocaine claire et une négligence totale de l’histoire de la France et de son héritage, dont entre autres sa résistance contre l’agression et l’occupation nazi. Cela équivaut à protéger l’occupant marocain et à l’encourager à poursuivre ses agressions.Ils dénoncent aussi l’honteux refus du Parlement Européen de débattre les actes du régime marocain, l’accord de pêche et le statut avancé octroyé au royaume de la torture. Une position indigne, répugnante et intolérable.Il est temps que les autorités auropéennes sachent que ceux qui couvrent et protègent ceux qui piétinent les droits de l’homme parce qu’ils ne pensent à rien d’autre que l’argent ne gagneront pas la bataille.