Maroc: Un père crapuleux et un fils indigne

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«Le Sahara occidental est une question de décolonisation qui ne peut être résolue qu’à travers l’application du droit international» est la position officielle de l’Algérie, indique le communiqué des AE publié ce samedi par l’APS. 
“Le conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation qui ne peut être résolue qu’à travers l’application du droit international et de la doctrine bien établie des Nations Unies et de l’Union Africaine en la matière, c’est-à-dire l’exercice authentique par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément aux dispositions de la résolution 1514 (XV) portant octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, dont la communauté internationale célèbre, cette année, le 60ème anniversaire”, précise le communiqué.
Le communiqué en question intervient suite au Tweet du Président américain sortant, Donald Trump, reconnaissant la souveraineté marocaine sur les territoires sahraouis suscitant des réactions aussi bien nationales qu’internationales. «L’odieux marchandage entre Trump et Mohamed VI», titre notre confrère El Watan dans un article qui parle d’un «deal ignominieux.
En contrepartie de la normalisation par Rabat de ses relations diplomatiques avec Israël, les Etats-Unis ont accepté de faire fi du droit international et de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental occupé. «Le Maroc a reconnu les Etats-Unis en 1777. » 
Le front Polisario, quant à lui, dénonce «cette décision, en rappelant qu’elle allait à l’encontre de la position de la communauté internationale.» Et de poursuivre : «Cette constitue une violation flagrante de la charte des Nations unies (…) et des textes fondateurs de l’Union africaine (UA), et freine les efforts de la communauté internationale visant à trouver une solution pacifique au conflit entre la République sahraouie et le royaume du Maroc».
Sur les réseaux sociaux, la colère est plus marquée, note l’hebdo français Le Point. Des centaines de posts et de tweets se sont déclenchés, condamnant la trahison marocaine. 
« Le prix des Arabes pour vendre la Palestine : des avions F-35, être retiré de la liste du terrorisme, la terre qui ne t’appartient pas [le Sahara occidental]… chacun a son prix », écrit-on.
« Le prix de la trahison. Le Maroc normalise avec Israël. La marche verte du père [Hassan II] était crapuleuse, celle du fils indigne », commente l’écrivaine Wassyla Tamzali. 
« En attendant la normalisation prochaine avec l’Arabie saoudite… je me demande quelle en sera la contrepartie », souligne Nabil, étudiant, alors que l’écrivain Bachir Mefti préfère citer le révolutionnaire marocain Abdelkrim el-Khattabi : « La victoire du colonialisme, même aux confins du monde, est une défaite pour nous ; et la victoire de la liberté, dans n’importe quel endroit du monde, est une victoire pour nous. » 
« Nous avons toujours soutenu les Palestiniens et les Sahraouis, mais nous avions les moyens de notre politique, nous ne les avons plus, clairement ! Et non ! Nous ne pouvons pas vivre de grandes causes, de guerre et d’eau fraîche. Certains appellent ça du pragmatisme, d’autres de la lâcheté, je dirai que c’est de la résignation », se désole un autre commentateur. 
À SUIVRE
A. B.
Crésus, 12/12/2020

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