Pegasus : Le Maroc dans l’embarras

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Par Assia Boucetta
Il parait que la meilleure forme de défense, c’est l’attaque. Une politique à laquelle recourent les Marocains lorsqu’ils y ont contraints. Pour sauver ainsi la face après son implication dans l’affaire liée au logiciel espion « Pegasus », le Makhzen multiplie, depuis quelques temps, les attaques judiciaires contre les médias français, membres du consortium de 17 médias internationaux ayant révélé ce scandale.
Les services de sécurité marocains auraient mené une opération d’espionnage visant le président français, ainsi que son ancien Premier ministre. Les premières révélations font état de pas moins de 50.000 hommes politiques, journalistes, opposants et hommes d’affaires qui ont été espionnés. Il s’agit de la pire atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. L’onde de choc de cette négation systématique de la vie privée des personnes ne fait certainement que commencer.
Le Maroc cache manifestement de nouveaux scandales qui pourraient être révélés à l’avenir grâce aux nouvelles technologies de l’information. Pegasus est un programme malveillant qui à travers un virus peut accéder aux photos, aux contacts, à l’historique des conversations, des mails… avec une capacité extraordinaire à activer l’appareil photo et le micro à distance.
Ces éléments techniques viennent confirmer l’attitude mal intentionnée du royaume qui a violé tous les principes et fondements qui régissent les relations internationales.
Les Français parlent d’une grave trahison de confiance au vu des liens et de la proximité qui existe entre les deux pays, d’autant plus que c’est une action qui ne peut se faire sans le feu vert implicite du roi.
Ce n’est certes pas la première fois qu’on espionne les dirigeants d’un pays, mais c’est cette percussion bilatérale entre Rabat et Paris en apparence amis qui a choqué plus d’un. Le Maroc a sapé le climat de confiance qui doit prévaloir dans les échanges et les interactions entre amis et voisins. Il a écrémé un nombre incalculables d’informations des appareils étatiques de certains pays dont l’Algérie.
Le Royaume a démenti ces informations et a nié avoir utilisé ce logiciel. Mais que vaut ce démenti devant les premiers résultats de l’enquête qui ont confirmé son implication dans cette nouvelle forme de services secrets aussi dangereuse qu’illégale. Un crime aux lourdes conséquences pour les intérêts nationaux et qui menace la sécurité internationale.
Horizons, 04/10/2021

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