Année : 2016

  • Moroccoleaks : L’ambassadeur Omar Hilale manipulé par un fonctionnaire onusien

    Omar Hilale, qui se faisait passer par le grand manipulateur était en réalité manipulé par Sultan Athar Khan, le Chef du Cabinet du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés.
    Athar Khan aspirait au poste d’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental. Pour réaliser ses desseins, il comptait utiliser la diplomatie marocaine à travers l’ancien ambassadeur du Maroc à Genève, Omar Hilale, qui représente actuellement son pays auprès des Nations Unies à New York.
    Il faisait semblant de se livrer à des « confidences amicales » en apportant des informations qui n’étaient que des grossiers mensonges à l’instar de ce qu’il a raconté sur Mhamed Khadad, le coordinateur du Polisario avec la MINURSO. C’est lui qui a qualifié M. Ross d’alcoolique.
    Hilale a mordu l’hameçon et a proposé que le Maroc recommande Khan pour succéder M. Christopher Ross, le diplomate américain en charge du dossier du Sahara Occidental à l’ONU.
  • Dans les camps sahraouis

    Questions à Alice Corbet, chargée de recherches CNRS à Les Afriques dans le Monde (LAM), Sciences-Po Bordeaux et spécialiste des camps de réfugiés.
    Pourquoi existe-t-il aujourd’hui autant de camps dans le Sahara occidental ?
    Les camps sahraouis se situent au Sud-Ouest de l’Algérie. Ils sont issus du conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario au sujet du territoire du Sahara Occidental (ex-Sahara espagnol). Depuis 1975, les Sahraouis qui ne reconnaissaient pas l’autorité marocaine –le Maroc ayant envahi le territoire avec la Marche verte, lors de la décolonisation espagnole– s’identifièrent à la lutte du Front Polisario et allèrent se réfugier en Algérie, dans une zone très aride nommée Hamada de Tindouf. C’est là que fut promulguée la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), une république en exercice dans les camps bien qu’en exil. C’est une particularité des camps Sahraouis, qui dessinent dans l’espace une zone certes située en Algérie, mais sous administration du Front Polisario. On est donc dans le cas d’un espace extraterritorial, dans lequel les toutes personnes extérieures (dont les algériens) peuvent circuler uniquement si le Front Polisario est au courant.
    Lors de leur fuite, alors que la lutte armée s’était amplifiée avec des bombardements, les Sahraouis sont partis par groupes originaires d’un même lieu. Ils sont donc arrivés par « vagues » de l’autre côté de la frontière algérienne, où ils se sont installés au gré de leur arrivée. Comme dans d’autres situations de camps (notamment palestiniens), le nom donné au lieu de leur installation censée être temporaire a été identique à celui d’origine : Laayoune pour ceux provenant de la « capitale » du Sahara Espagnol, Dakhla pour ceux originaires de Dakhla (ancienne Villa Cisneros), Smara et Aousserd. Avec le temps, un nouveau camp a été créé : celui de l’Ecole du 27 février (date de la proclamation de la RASD, en 1976). Cette école est une école des femmes, qui propose aussi des activités aux hommes. Il y a de nombreuses écoles dans les camps, mais celle-ci propose des activités multiples de formation, pour les adultes également.
    Par ailleurs, le Front Polisario a « récupéré » une partie du Sahara espagnol lors de la lutte armée, jusqu’à la construction du « mur de défense » marocain : un mur de 2 700km de long qui représente la frontière réelle actuelle. Dans cette zone sous contrôle du Front Polisario, de nombreuses petites villes ou camps sont occupés par ses forces armées, comme Tifariti. Cela fait de tout cet espace – dit « territoire libéré » par les Sahraouis des camps – un milieu à la fois très investi politiquement, mais également très lâche à la vue des distances et des conditions sahariennes extrêmes.
    Existe-t-il plusieurs sortes de camps ? Quelle conséquence cela a-t-il sur les habitants de ces camps ?
    Les camps situés non loin de la ville algérienne de Tindouf sont très fréquentés par les ONG, les comités de soutien, et les journalistes : ils sont très dynamiques et on y rencontre beaucoup de jeunes. A l’inverse, Dakhla, 180 km plus au Sud et installé au milieu des dunes, est plus calme. Des évènements médiatiques y sont toutefois organisés, tels que le Festival international du film, afin d’attirer l’attention internationale. Le camp de l’Ecole du 27 février a un fort pouvoir d’attraction sur les jeunes, qui cherchent à s’y former. C’est aussi un lieu d’interface fort avec les membres de groupes de solidarité. Beaucoup de familles se sont donc rapprochées de ce camp, contribuant à son développement, parfois le temps des études de leurs enfants, parfois définitivement. On assiste donc à des mouvements migratoires entre les camps.
    Depuis les années 2000, les camps se sont énormément développés : les routes ont été aménagées, ce qui aide le déplacement de voitures de plus en plus nombreuses ; les bâtiments se sont durcifiés et certaines maisons se sont vraiment aménagées. Il y a différentes raisons à cela : les Sahraouis, le temps passant, investissent leur lieu d’habitat. De plus, l’argent est arrivé avec le travail de jeunes à l’extérieur des camps. Cela pose la question de la différenciation des niveaux de vie au sein des camps.
    Enfin, il faut revenir sur l’enjeu de l’humanitaire. De manière générale, si l’aide humanitaire est d’abord une condition de survie, elle devient rapidement une condition intrinsèque au fonctionnement interne du lieu, avec laquelle les réfugiés apprennent à mener des interactions d’intérêt réciproque ou personnel. Les jeunes, nés dans les camps, souhaitent collaborer avec les ONG pour avoir une occupation et se former. Ils tentent aussi de partir des camps, soit pour faire des études, soit pour travailler (par exemple en Algérie ou en Mauritanie, qui soutiennent le Front Polisario, ou en Espagne, qui a régularisé de nombreux Sahraouis). Néanmoins, les camps restent leur base matérielle (leur famille y habite), spatiale (la région se développe grâce à eux), et identitaire (c’est le lieu d’exercice de la RASD). On peut donc parler de lieux-centre, ce qui nous rappelle qu’il ne faut pas systématiquement penser les camps comme des lieux en marge : les gens s’y installent (ce qui s’incarne notamment par des tentatives de décoration et d’aménagement de l’habitat), un marché économique s’y développe –souvent lié à l’aide humanitaire–, des enfants y naissent… A travers le monde, comme en Haïti juste après le séisme de 2010 ou dans les camps de réfugiés maliens au Niger, j’ai pu observer ce phénomène d’appropriation du camp, même dans un délai court après l’exil, et même si les gens savent que ce lieu est censé être temporaire.
    Ainsi, l’intervention humanitaire, locale, régionale ou internationale, est toujours nécessaire dans le temps de l’urgence ou quand les réfugiés / déplacés ne peuvent pas subvenir à leurs besoins en raison des difficultés de leur environnement (bombardements, milieu désertique…). Mais parfois, l’urgence passe rapidement. Les habitants des camps cherchent alors à aller en dehors des camps pour travailler, et à vivre à leur rythme et non à celui des distributions d’aide. En somme, ceux qui sont en-dehors du camp ou qui s’approprient le camp entrent moins dans un système de dépendance. Le cas sahraoui est en cela particulier : les gens sont dépendants de l’aide humanitaire, mais comme c’est la RASD qui assure la distribution de l’aide et essaie de la contrôler –ce qui n’est pas sans causer des tensions avec les ONG et instances internationales – la dépendance peut être perçue comme soit instrumentalisée, soit maîtrisée.
    Comment les habitants des camps perçoivent-ils les idées d’autonomie et/ou d’indépendance du Sahara occidental ?
    Selon mon expérience (j’ai passé plusieurs mois dans les camps de 2005 à 2010), il y a toujours un grand désir pour l’indépendance du Sahara Occidental dans les camps. Ceci dit, beaucoup de jeunes contestent la stratégie du Front Polisario, dont ils veulent un renouvellement des membres (certains sont au pouvoir depuis 1976, dont le président de la RASD), ou dont ils pensent qu’ils adoptent une stratégie diplomatique « molle ». Ces groupes s’expriment publiquement et sont tolérés dans les camps. Le Front Polisario reste toutefois toujours reconnu comme le représentant « naturel » des Sahraouis pour la majorité de la population, à qui l’indépendance apparaît comme la solution unique. Les réfugiés n’ont aucune confiance dans une solution d’autonomie, la rancune et les tensions avec le Maroc ayant duré trop longtemps –sans compter que beaucoup d’entre eux ont subi dans leur chair le conflit. Les échos sur la situation des Sahraouis indépendantistes demeurés dans les territoires sous domination marocaine ne laissent pas non plus espérer que la confiance se développe (on pense ici aux difficultés rencontrées par la militant Aminatou Haidar, dont le combat médiatisé évoque l’oppression).
    Néanmoins, il faut se rappeler que certains Sahraouis reconnaissent la « marocanité » du Sahara Occidental ou, du moins, acceptent que Rabat domine la zone. Ceux qui, dans les camps de réfugiés, pensent cela, peuvent très facilement partir des camps pour rejoindre le Maroc : d’une part car la circulation autour des camps (vers l’Algérie ou la Mauritanie notamment) est très facile, d’autre part car le Maroc accueille à bras ouvert les Sahraouis qui prêtent allégeance au royaume, et facilite leur venue.
  • ONU : contributions financières du Maroc « sans affectation spéciale » ou l’art de soudoyer les instances internationales

    Selon une note envoyée le 3 juin 2013, le Maroc a décidé le surseoi de sa contribution au financement des activités du HCDH, qui s’élève à un million de dollars et ce en attendant l’adoption de la résolution sur le Sahara Occidental par le Conseil de Sécurité de l’ONU et l’évaluation de la réaction et des différentes positions de la Haut Commissaire, Mme Navanethem Pillay, au sujet de sa rencontre avec Mohamed Abdelaziz, le 29 mai 2013.
    Après avoir rendu les services exigées par Rabat, Mme Pillay a reçu le montant d’un million de dollars américains.
    La note marocaine rappelle que:
    – Mme Pillay a toujours adopté une position de réserve et fait preuve de neutralité à l’égard aussi bien durant la phase de négociations qu’après l’adoption de la résolution 2099 du CS sur le Sahara Occidental
    – A refusé de prendre une photo avec Mohammed Abdelaziz et s’est abstenue de faire une déclaration à la presse ou de publier un communiqué du HCDH sur sa rencontre avec lui
    – Mme Pillay a inscrit cette dernière démarche dans le cadre des relations de coopération Maroc/CDH et de son estime de l’engagement régulier du Maroc et son soutien aux efforts du HCDH en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme.
    Dans sa lettre de remerciement, « Mme Pillay exprime son appréciation de voir que cette contribution financière soit « sans affectation spéciale », ce qui « lui donne de la souplesse dans son utilisation » et « relève que la contribution volontaire du Maroc « est un exemple qu’elle soulignera dans ses discussions avec d’autres gouvernements de la région ».
    Le Maroc contribue participe aussi avec un montant de 5 millions de dollars dans le cadre des Donateurs pour le Mali. Rabat contribue aussi dans le financement de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (UNOCI) et l’Opération hybride Union Africaine-Nations Unies au Darfour (UNAMID).
    Au Sahara Occidental, où le Maroc est une partie béligérante, contribue aussi au financement de la MINURSO avec un montant de 3 millions de dollars US qu’il prend le soin de récupérer moyennant a fraude dans la facturation dans les hotels de El Aaiun. Est-ce la raison pour laquelle l’ONU n’arrive même pas à imposer au Maroc le changement des plaques de ses voitures opérant au Sahara Occidental?

  • L’exception algérienne

    SYRIE, ARABIE SAOUDITE, LIBYE, SAHARA OCCIDENTAL :L’exception algérienne
    A travers ses choix stratégiques en matière de politique extérieure, l’Algérie se démarque aujourd’hui officiellement du reste des pays arabes et particulièrement ceux des monarchies du Golfe, engagées dans des manœuvres évidentes pour s’assurer de leur suprématie dans le monde arabo-musulman.
    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – Ce constat a été notamment établi à la faveur des évènements qui ont frappé la péninsule Arabique à la suite du déclenchement de la guerre du Golfe. 
    Conscient des enjeux géo-stratégiques qui allaient découler de la destruction de l’Irak par les Américains, le royaume saoudien a vite entrepris de rassembler autour de lui tous les constituants de la Oumma musulmane. 
    Les faits les plus récents et les plus évidents surtout ont été particulièrement constatés lors de sa recherche de légitimation de l’invasion du Yémen, la lutte enclenchée pour la chute du régime d’El-Kaddafi et celle en cours pour la destitution de Bachar El-Assad. 
    Pour confirmer davantage sa position de leadership, l’Arabie Saoudite a enclenché y compris une opération pour la mise sur pied d’une espèce d’OTAN sunnite, une organisation axée sur la lutte antiterroriste qui englobe la majorité des pays arabes et ceux de confession musulmane. Excepté l’Algérie, seul pays décidé à maintenir l’indépendance de sa diplomatie et faire prévaloir sa propre vision en matière de politique extérieure. 
    Après avoir refusé de s’allier aux positions de l’Arabie Saoudite pour l’invasion du Yémen, Alger s’est démarquée du projet de création de l’organisation arabe contre le terrorisme qui s’est vu ainsi privée d’un allié de taille connu pour son expérience en matière de lutte contre le terrorisme. La même attitude a été adoptée lorsqu’il s’est agi de classer le Hezbollah parmi les groupes terroristes.
    A travers son ministère des Affaires étrangères, Alger a fait savoir qu’elle refusait de s’inscrire dans la logique de la Ligue arabe, estimant que la décision revenait aux Libanais eux-mêmes, d’une part, et qu’il fallait, d’autre part, prendre en considération le fait que le Hezbollah avait de profonds liens et prolongements au sein de la société libanaise.
    La démarcation de l’Algérie a cependant été perçue de manière beaucoup plus intense à travers l’officialisation de son soutien à la Syrie. Ce qui n’était qu’un constat de position officieuse s’est confirmé d’abord avec l’audience accordée par le président de la République au ministre syrien des Affaires étrangères, récemment en visite à Alger, puis à travers le message de soutien adressé par Bouteflika à Bachar El-Assad lors de la célébration de la fête de l’indépendance de la Syrie. 
    L’évènement a été suivi quelques semaines plus tard par un déplacement officiel de M. Messahel à Damas, pour une visite de travail dans le cadre de la 2e session du Comité de suivi algéro-syrien. La première session de ce comité, doit-on le rappeler, s’était tenue en juillet 2009 à Alger. 
    De la même manière, M. Messahel a effectué dernièrement un déplacement à Tripoli où il a annoncé la réouverture prochaine de l’ambassade d’Algérie, fermée suite à l’attentat à la bombe qui l’avait ciblée en janvier 2015, provoquant la mort de trois personnes. Ce déplacement sur le terrain de prédilection des monarchies du Golfe, le Quatar surtout, est le premier qu’effectue un responsable arabe en Libye depuis la formation du gouvernement d’union nationale.
    Il ne faut pas oublier surtout que les choix stratégiques de l’Algérie l’ont engagée dans un travail profond pour l’affirmation de l’autodétermination du peuple sahraoui en accusant, pour la première fois publiquement, la France d’entraver les accords ONU-OUA en faveur de l’indépendance des Sahraouis à travers son soutien au Maroc. 
    Pour certains spécialistes, cette position, essentiellement axée sur le principe de non-ingérence et de respect d’indépendance des nations, confère aujourd’hui à l’Algérie une position particulière qui lui a notamment permis d’être épargnée jusqu’à l’heure par le Printemps arabe, en dépit des graves difficultés politiques et économiques que traverse le pays. 
    Ce qui fait écrire à des journalistes russes, observateurs de la scène internationale, que l’Algérie ressemble aujourd’hui au «dernier faucon arabe».
    A. C.
  • Quand sa propre vie ne compte pas

    Massacre saoudien au Yémen
    Des pays arabes, hors pays du Golfe, pour le moment, deux pays ont échappé aux révolutions arabes. Le Maroc et l’Algérie. Deux pays qui ne s’aiment pas tellement. Mais alors pas du tout. Deux régimes plutôt. Et pourtant, parfois ils se disent condamnés à s’aimer à nouveau. Quant à la Mauritanie, on oublie souvent qu’elle se situe au Maghreb. 
    Les catastrophes humaines couvertes sous l’appellation de révolutions ou de printemps arabe tournent dans l’espace arabe. Elles charrient avec elles des guerres civiles, là où il existe des communaut és qui estiment que la chute du régime en place ne peut que leur être favorable. 
    Entre la détermination des populations qui exigent la chute du régime et celle des pouvoirs en place, la première est celle qui ne faiblira pas. Il est impossible que des peuples acceptent d’être vaincus. Les armées gagnent face aux autres armées mais pas face à leur propre peuple, ou face à des peuples qu’elles ont pour mission d’occuper ou de coloniser. Une occupation du genre colonial est encore plus grave pour les armées occupantes en immersion au sein de populations hostiles. Les armées occupantes finissent toujours par sortir car ne pouvant vaincre, elles sont fatalement vaincues même si elles ne le reconnaissent pas. 
    Dorénavant, les grandes puissances qui se coalisent pour agresser militairement un pays arabe ou simplement musulman ont accordé une attention à l’analyse du cas libyen. Du cas syrien également. Une analyse d’un cas grandeur nature. Quel était leur objectif inavoué. Faire tomber le régime, y placer un gouvernement qui leur est acquis puis partir. N’est-ce pas ce qui a été fait ? N’est-ce pas ce qui a été mal fait, plus particulièrement dans le cas irakien ? 
    En Libye, le principe  » zéro mort  » a triomphé.  » zéro mort  » dans les rangs de la coalition. Pas dans les rangs des populations indigènes. Pas de combats caractérisés par des engagements physiques. En haut et sur mer, les pilotes de la coalition, au sol les troupes indigènes. Le profit reviendra à ceux qui ont tiré de loin, et qui ne voient pas tomber les populations indigènes. Le nombre de morts est important pour les occidentaux qui tiennent compte de leur opinion publique, c’est à dire pour les électeurs. Ce n’est pas le cas pour les régimes arabes. Ces derniers ne comptent jamais. Qu’ils en meurent beaucoup chez eux ou qu’ils soient responsables de massacres chez leurs frères, cela importe peu.
    N. B.
  • La RASD plaide pour des sanctions contre le royaume alaouite

    La RASD exhorte la communauté internationale à adopter des sanctions contre le royaume du Maroc à l’effet de faire revenir ce dernier à la raison et reprendre le processus des négociations sur la base de l’autodétermination du peuple sahraoui.
    M. Kebci – Alger (Le Soir) – C’est là le plaidoyer que le président du Conseil national sahraoui a développé à l’occasion d’une conférence qu’il a animée, hier mardi, au Conseil de la nation. 
    Khatri Addouh, qui a fait une rétrospective du long combat du peuple sahraoui pour le recouvrement de son indépendance, a exprimé la disponibilité des autorités sahraouies à poursuivre les pourparlers pour peu que le Makhzen cesse ses «manœuvres» et concède, enfin, à admettre «qu’il n’y a pas de base de négociations autre que celle de l’autodétermination que l’instance onusienne de même que presque l’ensemble de la communauté internationale ont reconnue». 
    Cela dit, le responsable sahraoui avertit presque que cette disponibilité de la RASD, dictée par la sagesse malgré les pressions des jeunes Sahraouis qui estiment que 40 ans de tergiversations marocaines suffisent, ne peut pas durer longtemps. Et à Khatri Addouh de ne pas exclure le recours, une nouvelle fois, à une solution autre que celle politique, soit «la reprise de la résistance armée pour recouvrer notre liberté». 
    Dans ce sens, l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) effectue ces jours-ci des manœuvres dans la région d’Aghouinit, prête qu’elle se dit, «à affronter l’occupant marocain à tout moment» 
    Pour le président du Conseil national sahraoui, l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix au Sahara occidental est à «imputer au Maroc» qui, selon lui, «s’entête à violer la légalité internationale», dont, citera-t-il en exemple, «la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés», les territoires sahraouis étant inscrits depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes.
    Un processus, le second du genre, le premier ayant été enclenché en 1991 pour s’arrêter au lendemain de la succession de Mohamed VI à Hassan II, que le nouveau monarque chérifien veut à tout prix faire capoter. Ce dernier qui fait, ainsi, fausse route à son défunt père qui avait fini, au crépuscule de sa vie et de son règne, par concéder à négocier sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. 
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    Entre autres des dernières manœuvres du Makhzen, sa décision unilatérale de réduire la composante politique et civile de la Minurso, et ce, à l’opposé de ce que prévoit l’accord de cessez-le-feu conclu en 1991. Ce que le dirigeant sahraoui qualifie de «déclaration de guerre». Une Minurso dont la prolongation du mandat, qui prendra fin le 30 avril courant, fera décider d’une réunion, après-demain, au Conseil de sécurité de l’ONU.
    M. K.
  • "Arria Fórmula " sur le Sahara Occidental

    Le diplomate sud-coréen réitère dans l’ultime partie de son rapport son appel à l’organisation d’un référendum d’autodétermination en vue de résoudre le conflit du Sahara. Sollicitée par l’Union Africaine (UA), à travers son Conseil e Paix et Sécurité, la rencontre comptera avec la participation du Représentant Spécial de l’UA pour le Sahara Occidental, l’ex-président du Mozambique, Joaquim Chissano. 
    La décision marocaine d’expulser 84 fonctionnaires internationaux composant le segment politique de la MINURSO, ajoutée à celle du refus de permettre au Secrétaire Général des Nations unies d’accomplir pleinement sa mission, en se rendant à Rabat et dans la capitale occupée du Sahara occidental, El-Ayoun, auraient de graves conséquences sur la stabilité de la région, et constitueraient un grave précédent pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU dans le monde. L’ambassadeur a ajouté que, pour le moment, la priorité est donnée à la résolution que le Conseil de sécurité devrait adopter à la fin de ce mois, et que le Maroc se concentre actuellement sur les consultations et les négociations qui l’entourent. 
    Bachir Mustafa Sayed, conseiller du chef du Polisario Mohamed Abdelaziz, a déclaré lors d’un point presse tenu ce mardi à Madrid qu’ »une guerre est possible si l’ONU ne réussit pas à débloquer la situation », rapporte l’agence de presse AP. 
    Nous doutons fort que le Conseil de sécurité participera à ce genre de coup de force, destiné à déposséder le peuple sahraoui de son droit légitime à l’autodétermination, mais aussi à affaiblir l’ONU. 
    « La solution d’autonomie du Sahara proposée par le Maroc en 2007, est la seule option crédible et viable pour assurer notre sécurité, tant au Maroc qu’en Europe », ont-il souligné dans un communiqué rendu public à l’issue de ce débat organisé par le groupe d’amitié UE-Maroc à l’occasion de la présentation au Parlement européen du livre: « Sahara marocain: le dossier d’un conflit artificiel », paru récemment en France, sous la direction de Charles Saint-Prot, Jean-Yves de Cara et Christophe Boutin. 
    Le Secrétaire général a également demandé dans son rapport à ce que l’organe de la Minurso soit réhabilité, afin de pouvoir poursuivre à bien son mandat. 
    La question sahraouie est inscrite depuis 1963 aux Nations unies au chapitre de la décolonisation. Dans ce cadre, nous appelons le Conseil de sécurité à soutenir l’appel de M. Ban Ki-Moon à l’exercice du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, dans les meilleurs délais. 
  • L’Espagne œuvre pour l’autodétermination du peuple sahraoui

    Les relations bilatérales entre l’Algérie et l’Espagne ont été qualifiées d’excellentes, hier, par Mejandro Polanco, ambassadeur d’Espagne en Algérie, en marge des travaux du colloque national organisé à l’université de Tlemcen à l’occasion de la célébration du IVe centenaire de la disparition de l’écrivain Miguel de Cervantès y Saavedra. 
    « L’Espagne partage avec l’Algérie des relations basées sur des intérêts communs et une réelle consolidation du bon voisinage », a-t-il souligné rappelant l’importance de la réunion à Madrid, le mois de juillet dernier, qui fut une occasion de booster la coopération économique entre les deux rives. 
    L’ambassadeur a réitéré, lors d’une conférence de presse, que l’Algérie est le premier fournisseur de l’Espagne en gaz à hauteur de 50%, et que le marché algérien compte près de 450 entreprises espagnoles activant dans plusieurs domaines. 
    Répondant à une question liée au conflit du Sahara occidental, il a souligné que « son pays soutient la cause sahraouie et que son autodétermination reste l’un des objectifs essentiels du gouvernement espagnol. » 
    Le diplomate a également rappelé dans ce cadre que le peuple espagnol est engagé avec le peuple sahraoui, et que son pays œuvre d’avantage pour le règlement du conflit dans le cadre des résolutions des Nations unies. S’agissant des relations dans les domaines de la culture et de la formation, l’ambassadeur a indiqué les deux instituts Cervantès en Algérie prennent en charge 4500 élèves et étudiants ainsi que la formation de quelque 700 enseignants issus des établissements scolaires.
    Mohamed Medjahdi
  • Sénégal : Une ex-ministre privée de salaire depuis février

    Il n’est visiblement pas bon de contrarier le président sénégalais, Macky Sall. A en croire Amsatou Sow Sidibé, ancienne conseillère spéciale à la Présidence, en raison de prises de position contraires à celle de l’homme fort de Dakar, ce dernier aurait ordonné le blocage de son salaire depuis le mois de février.
    Un sujet sur lequel il ne faut pas aller dans le sens contraire avec le pouvoir de Dakar, c’est bien celui de Karim Wade. Le Pr Amsatou Sow Sidibé, l’apprend à ses dépens. La désormais ex ministre conseiller du président de la République sénégalaise, Macky Sall a eu le tort d’émettre une opinion divergente que celle de son employeur sur l’affaire du fils d’Abdoulaye Wade. 
    Les représailles ne se sont pas fait attendre. Elle sera dans un premier temps, débarquée du gouvernement et à en croire ses récentes déclarations, ses émoluments mensuels ont été bloqués depuis février sans aucune notification officielle.  » J’ai saisi différents services y compris le ministre Secrétaire général mais aucune réaction; ils m’ont manifesté une froideur totale. J’en ai parlé au directeur de cabinet de la Présidence qui, non plus n’a pas répondu à mes appels. Et le directeur de la solde m’a dit que c’est une décision de la Présidence de la République. Et que voulez-vous que je fasse devant cette situation « , a-t-elle déplorée. 
    En effet depuis sa sortie du Gouvernement, aucune attestation de suspension de salaire ne lui a été délivrée, à ce jour, pour lui permettre d’être prise en charge par son Corps d’origine. 
    Aussi pour les associations de défense des droits de l’homme, ces mesures de représailles ne sont pas dignes d’un Etat démocratique. Elles en appellent au respect des dispositions légales afin que le Professeur Amsatou Sow Sidibé soit rétablie dans ses droits. 
    L’AUTEUR 
    Waliyullah.T 
    http://news.africahotnews.com/?idnews=804862&t=Une-ex-ministre-privee-de-salaire-depuis-fevrier 
  • Moroccleaks : Christopher Ross n’est pas « animé d’un sentiment anti-marocain »

    Note Analytique

    « La nouvelle stratégie de l’Envoyé Personnel :
    Quel positionnement pour le Maroc »
    L’Ambassadeur Christopher Ross est Envoyé Personnel du Secrétaire Général pour le Sahara depuis 2009. Comparativement à ses prédécesseurs et à l’exception notable de James Baker, il a fait preuve d’une certaine longévité dans ses fonctions actuelles.
    C’est un homme ambivalent, ambigu qui dispose d’une réelle capacité à dire à chacun de ses interlocuteurs exactement ce qu’il a envie d’entendre. On ne peut pas dire dans l’absolu qu’il soit animé d’un sentiment anti-marocain. Par contre, il est indéniablement sceptique sur la volonté marocaine d’approfondir les réformes en matière de démocratie et d’Etat de droit.
    Il fait partie d’une frange au sein du Département d’Etat qui a toujours nourri une certaine méfiance vis-à-vis du Maroc.
    Depuis son entrée en fonction en qualité d’Envoyé Personnel, M. Ross ne s’est pas comporté en négociateur. Il n’a jamais jusqu’à présent soumis sa propre proposition de règlement du différend. Il se comporte davantage en médiateur. C’est en cela que son approche est contradictoire et parfois confuse. Il donne le sentiment d’avoir une conception modeste de son rôle et dit vouloir uniquement créer les conditions favorables au lancement d’une réelle dynamique de négociations. En même temps, il agit sur deux tableaux simultanément :
    – Il intervient directement dans la négociation des résolutions du Conseil de Sécurité en proposant des amendements à travers les délégations américaine et britannique.
    Ce type d’intervention qui constitue une approche dangereuse et totalement inédite lui avait été signalée dans le passé. Un médiateur doit rester neutre et objectif dans la négociation des résolutions et ne pas chercher à interférer.
    Royaume du Maroc
    Ministère des Affaires
    Etrangères et de la
    Coopération
    Cabinet
    الديوان
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    – Sur la question des droits de l’Homme, sa position n’a pas varié d’un iota. Il a toujours indiqué officiellement que cette question ne relève pas de son mandat mais il n’a cessé de faire pression sur le Haut Commissariat pour qu’il s’implique davantage sur ce dossier.
    Ces ambiguïtés dans les attitudes et la stratégie de M. Ross ont parfois conduit à des malentendus qui ont altéré la confiance dans sa relation avec le Maroc.
    Sur le plan stratégique, la véritable question est la suivante : que veut M. Ross et quelle est la nature de la solution qu’il pourrait être amené à proposer ?
    L’Envoyé Personnel est toujours resté floue sur la nature de la solution. Il dit que le Maroc n’aurait pas dû proposer l’Initiative d’Autonomie et qu’il aurait été préférable que cette proposition émane du médiateur afin de lui conférer une plus grande légitimité dans la négociation. Il semble oublier que J. Baker avait en 2001 proposé un Accord Cadre (Plan d’Autonomie) et qu’il a été rejeté par l’Algérie et le Polisario. En 2006, le Maroc a été fortement encouragé par ses alliés, en particulier les Etats-Unis à présenter une proposition de compromis.
    L’Envoyé Personnel indique à présent pour la première fois que le moment est venu de réfléchir en terme stratégique et de poser les termes de la solution mutuellement acceptable.
    En d’autres termes, les propositions mises sur la table des négociations par les Parties jusqu’à présent n’ont pas permis d’avancer et donc qu’il faut réfléchir à autre chose. L’Envoyé Personnel arrive progressivement au constat, qu’après cinq ans de médiation, il doit rassembler de part et d’autre les ingrédients nécessaires pour qu’il puisse présenter sa propre Initiative. Dans son esprit, il pourrait s’agir de donner un peu plus que l’autonomie et un peu moins que l’indépendance.
    Pour des raisons tactiques, il ne présentera rien de formel avant les élections en Algérie en avril prochain et va user de la diplomatie de la navette pour donner le sentiment que le Plan qu’il proposera sera l’émanation de ses discussions avec les Parties.
    En réalité, M. Ross y réfléchit depuis au moins deux ans et a recruté deux experts sur les questions de médiation pour l’aider.
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    Fondamentalement, l’élément manquant qui guide l’action de M. Ross consiste à savoir quelle est la stratégie de Washington dans la région ?
    Avant de servir l’ONU sur un plan formel, M. Ross incarne la vision américaine sur ce dossier. Depuis sa nomination, Washington a décentralisé la gestion de ce dossier. En fait la position américaine est fortement influencée par M. Ross lui-même. C’est cette double casquette, l’une officielle et l’autre officieuse qui rend la situation difficile.
    L’unique option qui n’a pas encore été testée sur les Parties jusqu’à présent est la formule confédérale. M. Ross, l’a-t-il à l’esprit ? Elle pose un problème fondamental : dans un système confédéral, le droit à la sécession est garanti par la Constitution.
    A ce stade et au regard de cette donne le positionnement du Maroc pourrait être le suivant :
    – Jouer le jeu avec M. Ross et être à ce stade en mode écoute. Il présentera un questionnaire auquel nous pourrions réagir plus tard. En même temps, nous pourrions le questionner au maximum pour avoir une idée plus précise sur son objectif ultime, la nature de la solution et ses contours.
    – Sur un plan tactique, l’interaction avec M. Ross est utile car elle permet de meubler le Rapport du Secrétaire Général et d’éviter que l’attention en avril se porte de façon démesurée sur les droits de l’Homme.
    – Responsabiliser l’Algérie qui est passive dans le processus de négociations et active dans tous les forums internationaux pour défendre le Polisario.
    – La nouvelle donne stratégique régionale en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme (Sahel) implique une plus grande coopération régionale.
    – Fermeté sur les aspects droits de l’Homme. Le Maroc avance à son rythme et nous n’accepterons aucune forme de « coaching » international. La réaction en avril dernier n’est pas un phénomène passager. Nous réagirons avec la même fermeté pour défendre nos intérêts.
    – Ouvert sur le processus. Le Maroc est un pays responsable. Nous sommes engagés de façon sincère dans le processus de négociation mais nous voulons savoir dans quoi nous nous engageons et quels sont les objectifs recherchés.
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    – Le Maroc a une vision centrée sur une régionalisation (Rapport de l’ECOSOC) respectueuse de plusieurs paramètres : bonne gouvernance, implication directe des populations et nouvelle approche dans la gestion sécuritaire.
    – Le Maroc n’est pas dans une position d’attente face au statu quo imposé par l’Algérie. Nous avançons sur tous les chantiers nationaux et régionaux.