Mois : septembre 2010

  • Les problèmes du Maroc

    Dans l’édition d’El Pais du 14 septembre passé, le professeur de sociologie Ignacio Sotelo propose dans un article la livraison au Maroc, au moyen terme,  de Ceuta et de Melilla. Je reste abasourdi, pour ce Monsieur, les droits historiques, le droit international, ou simplement l’opinion de ses habitants ne sont bons à rien. J’aimerais savoir ce qu’il pense de l’occupation marocaine du Sahara Occidental ou de la britannique de Gibraltar, en tenant en compte que dans les deux cas l’ONU met en question ces occupations, pas dans le cas de Ceuta et Melilla devant la force des arguments historiques – juridiques de l’Espagne.

    C’est curieux, la compréhension que ces « amis » du Maroc affichent avec l’irrédentisme marocain et avec le manque de démocratie et du respect pour les droits de l’homme de son Régime.

    Peut-être que quelqu’un pense que les citoyens de Ceuta et Melilla, des Espagnols de plein droit et appartenant à la Communauté Européenne, sont un ramassis de cons.

    El Faro Digital, 17/9/2010
  • Le Président sahraoui invite l’ONU à faire pression sur le Maroc à respecter le droit des Sahraouis à l’autodétermination

    Mexico, 15/09/2010 (SPS) .- Le Président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a appelé, mardi à Mexico, la communauté internationale, représentée par les Nations unies, à faire pression sur le régime marocain pour respecter le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    Dans une déclaration reprise par la presse locale mexicaine, le président Mohammad Abdelaziz a dénoncé « les obstacles créés par le régime marocain devant la mise en œuvre du référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, ainsi que l’escalade de la répression et la violation des droits de l’homme commises par Rabat à l’encontre citoyens sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental ».

    Il a également souligné la nécessité d’élargir les prérogatives de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour « assurer la protection et la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental ».

    M. Abdelaziz, qui est arrivé dimanche à Mexico pour participer à la célébration du bicentenaire de l’indépendance de ce pays, a tenu plusieurs réunions avec les chefs d’Etat et de gouvernement présents.

    Il a ainsi encontré le Président du Guatemala, Alvaro Colon, président du Panama, Ricardo Martinelli, Premier ministre de Belize, Dean Barrow, vice-président du Nicaragua, Jaime Morales, Vice-Président du Conseil la Nation de l’Algérie, Abdelkader Ben Saleh, le ministre du commerce extérieur de Cuba, Rodrigo Malmierca Diaz, et le ministre de la Culture d’Espagne, Angeles Gonzalez.

    La visite du Président sahraoui s’inscrit dans le cadre des relations amicales et de coopération entre les deux pays.

    Le président sahraoui est accompagné par le ministre de la Coopération, Salek Baba Hassana, la ministre de l’Éducation, Mariam Salek Hmada, la Secrétaire général de l’Union des femmes sahraouies, Fatma El Mehdi, le ministre délégué chargé de l’Amérique latine, Hach Ahmed, l’ambassadeur sahraoui au Mexique, Ahmed Moulay Ali, le Coneiller à la Présidence, Abdati Breica et le premier secrétaire à l’ambassade ssahraouie à Mexico, Andalah Abdel Fatal.

    La République arabe sahraouie démocratique et la République du Mexique one établi des relations diplomatiques au plus haut niveau depuis 8 Septembre 1979. (SPS)
  • La France s’illustre une nouvelle fois dans la défense des droits de l’homme : l’exemple du Sahara occidental.

    Au moment de la conférence sur le racisme de l’ONU, je m’étais insurgé contre le comportement de nos pays par rapport à la gestion du racisme. Personnellement, je rentre aussi dans cette catégorie la question des droits de l’homme : il est inacceptable que nous nous permettions de donner les leçons au Monde alors que nous sommes incapable d’être droit nous-mêmes sur ces questions, comme par exemple avec la Chine l’été dernier.

    L’actualité du jour nous le montre encore. Le conseil de sécurité discutait aujourd’hui du prolongement du mandat du contingent des casques bleus au Sahara Occidental (MINURSO). Le Front Polisario, qui est le principal mouvement en lutte contre l’occupation marocaine, réclamait que la MINURSO étende sa mission à la surveillance du respect des droits de l’homme par les autorités du Maroc et par le Front Polisario lui-même. Cette demande a été appuyée par deux membres non-permanents du conseil, le Costa Rica et l’Ouganda, et les grandes puissances semblaient laisser faire.

    Or, une fois n’est pas coutume, la France a bloqué cette évolution, pourtant parfaitement acceptable et cohérente avec nos valeurs, pour ne pas froisser l’allié marocain. Franchement, cher lecteur, si l’objectif de notre pays est de permettre aux droits de l’homme de progresser, à quoi servent ce type d’actions, ces soutiens à des pays qui mènent des politiques pas toujours très claires. La seule solution est le référendum au Sahara occidental, solution totalement rejetée par les autorités marocaines.

    A quand une politique internationale en adéquation avec nos valeurs ?

    Source : Avec nos gueules, 2/5/2009
  • La guerre médiatique du terrorisme

    ETUDE
    La guerre médiatique du terrorisme (1re partie)
    La douloureuse expérience de l’Algérie avec le terrorisme s’est accompagnée d’un phénomène assez paradoxal qui a mis en peine tous nos services de sécurité et donné bien du mal à tous les analystes. Elle a laissé ainsi apparaître au bout de quelques années, un terrorisme anonyme où l’acte de destruction n’était pas directement lié à une revendication politique et où il était impossible de remonter jusqu’aux centres de commandement qui l’ont ordonné.
    Pour mieux suivre l’analyse que nous vous proposons ici, il faut en effet se souvenir que le phénomène du terrorisme a connu deux étapes distinctes dans notre pays et, partant, dans le monde. Une première étape, que nous pourrions qualifier de démarrage, a vu les actes de destruction et les attentats abondamment revendiqués par maints moyens de propagande, par des communiqués de guerre transmis directement par fax ou par Internet et généralement repris par les différents organes de presse tant nationaux qu’internationaux ou par des publications généralement éditées et diffusées à Londres par des associations tout ce qu’il y a de plus légales. Lorsque ces sources d’identification sont absentes, il a alors été jugé nécessaire de faire jouer aux médias lourds de l’Etat, le rôle de mise en relation à même de donner au citoyen le sentiment que les forces de l’ordre savent avec précision où frapper pour combattre le phénomène. La revendication d’un acte terroriste par son ou ses auteurs offrant au moins à la société la possibilité de se raccrocher à l’espoir que son éradication est un objectif réalisable.
    La seconde étape quant à elle est celle d’un terrorisme en apparence aveugle, mais qui se caractérisera surtout par le fait qu’il est de moins en moins revendiqué, jusqu’à arriver à la situation tout à fait délirante où c’est l’Etat lui-même qui est alors accusé d’être derrière le terrorisme, avec cette extraordinaire trouvaille du fameux “qui tue qui ?”. L’anonymat, obtenu par des moyens que nous étudierons plus loin, permettant ainsi de créer une situation de vide absolu propice à toutes les manipulations et à tous les montages. Tant il ne faut jamais perdre de vue que le but ultime du terrorisme est précisément de faire régner une terreur qui brouille l’entendement et met le citoyen dans une situation de désespoir susceptible de mettre en péril la cohésion de la société elle-même, de même que ce phénomène vise dans le même temps à faire perdre tout son crédit à un Etat rendu incapable de savoir à qui il doit ses avatars au point qu’il en arrive à être accusé d’être lui-même l’instigateur du terrorisme.
    Les forces en présence
    La première phase du terrorisme a donc été marquée par la montée en puissance d’un certain nombre de mythes guerriers, construits autour de sigles et d’individus qui étaient eux-mêmes bien en peine d’expliquer ce qui leur arrivait et encore moins de comprendre le piège qui était en train de leur être tendu. C’est ainsi que des imams qui n’avaient jamais eu le moindre contact sérieux avec les armes se retrouvèrent au centre d’une formidable entreprise de propagande tendant à faire admettre à l’opinion publique qu’ils étaient les chefs d’une insurrection armée d’envergure nationale. Des gens comme Cherrati et Chebouti, qui étaient certes adeptes de la méthode forte mais sans aller jusqu’à prendre les armes et le maquis, se virent alors propulsés au rang de chefs de guerre sans avoir jamais tiré un coup de feu ni encore moins commandé un groupe armé. Ce qui n’a pas empêché la propagande intégriste, parlée aussi bien qu’écrite, de développer une mythologie du djihad qui ne répugnait guère à emprunter ses symboles à celle de l’armée des taghouts, faisant de ce même Chebouti le général d’on ne sait quelle configuration militaire. Le FIS faisait ainsi le jeu de ses pires ennemis en s’appropriant une guerre qui n’était pas forcément la sienne et en allant jusqu’à donner aux terroristes une couverture politique dont ils ne voulaient pas toujours.
    La complexité de la situation à ce moment-là impose d’ailleurs de s’astreindre à revenir sur un état des lieux politique seul à même de nous permettre de nous y retrouver dans cette masse compacte de complots et de contre-complots échafaudés et mis en œuvre au sein et à l’extérieur du pouvoir, à un moment où le recours à la force s’avérait inévitable. Le postulat de travail le plus recevable étant alors celui qui consiste à identifier les forces en présence selon le découpage suivant :
    1- Un front social en ébullition globalement regroupé autour de l’UGTA et de ce qui restait du PAGS.
    2- Un segment de ce même front social dévoyé par l’émergence d’un courant populiste intégriste à tendance insurrectionnelle organisé autour du FIS et de son syndicat, le SIT.
    3- Un capitalisme national sans parti ni syndicat, désireux de prendre son envol mais bridé par le système de parti unique et par l’idéologie populiste ambiante. Ses principaux alliés se recrutant essentiellement au sein des structures les plus élevées de l’institution militaire.
    4- Une bourgeoisie bureaucratique menacée dans ses privilèges et son statut de force politique dominante aussi bien par le front social institutionnel que par le capitalisme national. Cette bourgeoisie bureaucratique disposant quant à elle d’un instrument politique encore puissant, le FLN.
    5- Trois puissances occidentales, l’Amérique, la France et l’Angleterre, globalement hostiles à la démocratisation et à la modernisation de l’Algérie telle que voulue par le président Chadli Bendjedid et son groupe de conseillers.
    6- Et enfin une grande masse d’algériens non structurés au sens classique du terme, c’est-à-dire ni d’un point de vue politique ni idéologique, mais globalement favorables à une ouverture du système et à une répartition plus équitable du revenu national.
    Cependant, il ne faut pas se cacher que les trois forces les plus décisives, à ce moment-là, sont le capital national allié à une partie importante de la haute hiérarchie militaire, la bourgeoisie bureaucratique alliée au FIS et à ce qui reste du PAGS et les trois puissances citées plus haut qui ont bien entendu choisi d’appuyer les forces conservatrices et de la réaction pour bloquer l’émergence d’un capitalisme algérien digne de ce nom, capable de prendre quelques parts du marché international. Le terrorisme sera alors l’instrument idéal à travers lequel la coalition anti-démocratique et anti-moderniste tentera de détruire l’Etat algérien aussi bien dans son versant civil que militaire. Un terrorisme qu’il s’agira évidemment de travestir et de masquer pour ne pas laisser apparaître ses véritables commanditaires. D’où l’extrême opacité qui a toujours entouré les ressorts organiques d’un phénomène présenté pendant longtemps comme le fait des seuls islamistes du FIS dissous, alors qu’il recouvrait et recouvre toujours des filières de recrutement, de formation et de financement qui ne diffèrent en rien de celles qui lui ont préexisté dans l’Europe des années soixante-dix et qui bénéficiaient, quant à elles, d’une couverture d’extrême gauche. Le cheminement et les méthodes sont d’ailleurs les mêmes, aujourd’hui, que celles qui ont conduit, à l’époque des brigades rouges et des différentes fractions rouges d’Allemagne, du Japon et de France, à la constitution d’une internationale terroriste supposée servir de couverture générale à tout acte de déstabilisation contre les évolutions jugées dangereuses du capitalisme pour le système financier mondial. Sachant qu’il s’agit de faire une distinction très nette entre le capitalisme en tant que producteur de richesses et de biens de toutes natures et le système financier de plus en plus spéculatif qui pousse quant à lui à la baisse de qualité des produits et à la spéculation sur leur valeur.
    L’ennemi des peuples n’étant pas en vérité le capitalisme en tant que tel, mais son double caché, la grande finance internationale, qui ne répugne devant aucun crime ni aucune atrocité pour maintenir ses taux d’intérêts et pomper, par le biais de la dette, toute richesse qui se crée à n’importe quel point du globe. C’est cette monstrueuse puissance qui a de tout temps été à l’origine de tous les conflits internationaux et qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après un abominable holocauste contre les juifs (pauvres) et les communistes et après la destruction de deux villes japonaises qui ont coûté la vie à plus de trois cent mille personnes en une fraction de seconde, s’est retrouvée obligée de trouver un nouveau moyen de peser sur les rapports de force internationaux et redessiner la carte du monde.
    Les trois coupe-feu
    Ce moyen sera évidemment le terrorisme, qui donne les prétextes nécessaires à toutes les équipées et qui permet toutes les outrances internationales. A condition évidemment que jamais le lien ne puisse être établi entre les vrais donneurs d’ordre et les exécutants. Le meilleur moyen pour ce faire étant bien sûr de mettre en place un coupe-feu qui se dresse comme une barrière infranchissable entre les deux segments du terrorisme international. Ce rôle a été assumé pendant de longues années par Carlos, qui servait de couverture idéale à toutes les opérations de déstabilisation orchestrées contre différents Etats de la planète, et notamment contre l’OPEP qui menaçait si puissamment les intérêts des majors anglo-américaines du pétrole.
    A la fin des années 1980, avec la disparition du bloc communiste et de toutes les idéologies de gauche qu’il drainait avec lui, il devenait urgent de trouver un nouveau coupe-feu idéologique et politique mais aussi et surtout médiatique. Ce coupe-feu sera évidemment l’intégrisme islamiste et les réseaux anti-communistes formés et encadrés par les trois grands services de renseignements occidentaux que sont la CIA, le MI6 et la DGSE. Trois services de renseignement entièrement dévoués à la grande finance internationale, depuis le moment où ces derniers ont eu besoin d’elle pour arrondir des budgets nationaux jugés insuffisants pour faire face aux grands périls extérieurs.
    Cette problématique des trois coupe-feu s’est donc trouvée posée en Algérie en 1991, où il fallait bien masquer la terrible offensive lancée à coups de bombes et d’assassinats contre l’Etat et ses démembrements et, par la suite, contre la société tout entière. Et c’est comme cela que se sont mis à apparaître les mythes farfelus du “général” Chebouti et des insaisissables Cherrati et consorts au milieu d’un concert d’organisations toutes plus ou moins fantomatiques sur le terrain des opérations mais ô combien présentes dans les médias. Alors que les attentats et les massacres étaient et sont toujours le fait de groupes d’une redoutable efficacité, extrêmement bien informés, capables de se fondre dans la nature au milieu de dispositifs sécuritaires impressionnants, les médias se sont longtemps efforcés, au contraire, d’impliquer des figures marquantes de la mouvance islamiste dans un puéril jeu de copier-coller, de communiqués tombant généreusement des fax. Et lorsque les fax ne suffisent pas, il y a alors les dizaines de publications essentiellement éditées et distribuées à Londres pour donner un autre visage au terrorisme. Le seul inconvénient de ce genre de manipulations – en tout cas cela a été le cas en Algérie – est qu’il suffit d’éliminer toutes les têtes d’affiches islamistes pour mettre dangereusement à nu des actes de sabotage qui finissent par apparaître en tant que tels, même aux yeux du plus irréductible des islamistes.
    La riposte du “qui tue qui ?”
    C’est que, dès le début, les services de sécurité militaires, du fait de leur activité en relation avec l’étranger, ont très vite compris que l’assaut que subissait l’Algérie était hors de proportion avec les possibilités opérationnelles d’une mouvance politico-religieuse sans aucune envergure. Les soupçons se portant progressivement vers des parties extérieures qui ne se cachaient d’ailleurs même pas pour soutenir ouvertement un terrorisme qualifié par toutes les chancelleries occidentales de “mouvement d’opposition armé”. L’objectif fut alors déterminé au plus haut sommet de l’Etat de supprimer la couverture politique et idéologique de ce terrorisme en neutralisant, par différents moyens, tous ceux qui auraient pu, d’une manière ou d’une autre, constituer un trompe-l’œil en ce sens.
    Partie II
    Dans la première partie de cette étude, nous avons essayé de déterminer les différentes phases par lesquelles est passée la lutte contre le terrorisme sur le plan médiatique. Avec une première phase qui a consisté à tenter coûte que coûte à le rattacher au FIS dissous, dans un souci de rassurer l’opinion sur les capacités de l’Etat à en neutraliser les organisateurs, et une seconde phase qui a vu les attentats et les actes de destruction prendre une telle ampleur qu’il devenait évident que le FIS n’était qu’un comparse dans l’affaire et qu’il fallait chercher ailleurs les véritables commanditaires.
    Le premier à avoir évoqué cette stratégie de mise à nu du terrorisme a d’ailleurs été Khatib Youcef, dit Si Hassan, lorsqu’il était conseiller personnel du président Liamine Zeroual, au cours d’un colloque international organisé en 1995 à Djenane El-Mithak. Il aura été le premier haut responsable algérien à traiter, en présence d’experts espagnols notamment, de la question du terrorisme sous cet angle pour le moins inédit à une époque où l’opinion intérieure autant qu’internationale restait obnubilée par la seule mouvance islamiste. Il faut dire qu’Al-Qaîda n’existait pas encore, les attentats du 11 septembre n’ayant pas eu lieu.
    Le fait est que la plupart des hauts responsables de l’Etat algérien ont commencé à percevoir dès la fin de l’année 1993, avec la montée en puissance d’une extraordinaire pression extérieure destinée à le contraindre à céder le pouvoir aux islamistes, que le jeu était autrement plus complexe qu’il n’apparaissait et que des forces bien plus grandes que le FIS dissous étaient derrière le terrorisme. Belaïd Abdeslem, l’ancien chef du gouvernement, ayant été celui qui dira certainement avec la plus grande clarté ce que beaucoup de ses pairs laissaient déjà entendre à mots couverts, en déclarant, sur les lieux de l’attentat de l’aéroport Houari-Boumediene, « il y a là la main de l’étranger ». Même si par la suite l’enquête menée tambour battant laissera apparaître un réseau de mise en œuvre de l’opération qui impliquera une majorité de militants et de cadres du FIS, dont le propre chef de cabinet de Abassi Madani. Une situation qui n’aura par ailleurs rien de contradictoire si nous gardons à l’esprit le postulat de base qui veut que le FIS a de tout temps été instrumentalisé par des forces exogènes qui se situent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Algérie.
    A l’extérieur nous avons donc admis, dans la première partie de cette étude, que le terrorisme est une arme utilisée par la grande finance internationale pour remodeler à sa guise les rapports de force internationaux, pour redonner les directions qui lui conviennent le mieux à l’évolution du capitalisme mondial, mais aussi pour soumettre des pays qui, comme l’Algérie ou l’Egypte, peuvent être tentés par des expériences démocratiques authentiques.
    A l’intérieur, le FIS a été créé et encouragé dans sa folle aventure hégémonique de conquête du pouvoir par une bourgeoisie compradore (bureaucratique et bazarie) qui tenait et tient toujours d’ailleurs à faire barrage à l’émergence d’un capitalisme productif moderne et libéral qui mettrait sa position dominante en danger. C’est dire que la contribution, effective ou non, du FIS à la réalisation des premiers actes terroristes ne signifie en rien qu’il ne faille pas y voir la main de l’étranger, ce parti étant lui-même une émanation directe des pressions des principales capitales occidentales désireuses de voir l’expérience démocratique en Algérie aller droit vers l’impasse. Cette façon de faire n’ayant d’ailleurs rien de bien nouveau ni de bien extraordinaire, puisque tout au long de son histoire, la grande bourgeoisie liée à la grande finance internationale a toujours encouragé l’émergence de mouvements fascistes et totalitaires pour freiner le développement de la démocratie en Europe même, lorsque les forces du progrès ou du socialisme risquaient d’y porter tort à ses immenses intérêts.
    Aussi n’y a-t-il rien de bien extraordinaire à ce que les partis de l’Internationale socialiste, alors majoritairement au pouvoir, et le gouvernement américain désireux de mettre la main sur notre pays, aient manœuvré de mille et une manière, notamment par l’hyper-médiatisation et le financement du FIS pour imposer la voie la plus détestable qui soit à la jeune démocratie algérienne.
    Les pistes se font précises
    Cette problématique a donc été comprise assez tôt par les responsables de la lutte antiterroriste qui ont alerté les plus hautes autorités du pays sur les liens avérés du GIA notamment avec certaines des officines les plus puissantes de la planète, dont le MI-6 britannique qui se permettait même le luxe de recueillir, d’héberger et de refuser d’extrader quelques-uns des chefs terroristes les plus dangereux de la planète, dont deux du GIA. Le gouvernement américain, pour sa part, donnant l’asile à Anouar Haddam, un authentique ministre de cette sinistre organisation qui ne se gênera pas pour revendiquer, en 1995, à partir de Washington, l’odieux attentat du boulevard Amirouche, à Alger, qui a coûté la vie à près d’une centaine d’innocents. C’est à partir de ce moment que l’Etat algérien cessera de focaliser son attention sur le FIS en s’attelant plutôt à ôter la couverture politique et idéologique au terrorisme et en laissant apparaître ses véritables commanditaires.
    C’est ainsi qu’en même temps, qu’il mènera un remarquable processus de dialogue avec l’islamisme, même le plus radical, l’Etat s’attellera à démanteler tous les réseaux de financement et de soutien extérieur, dont les plus importants étaient étrangement implantés en Italie, en Allemagne, en Turquie, en Angleterre et aux USA, bien plus qu’en Arabie Saoudite ou en Iran. C’est ce processus de déblayage et de nettoiement destiné à nous assurer une meilleure visibilité dans le dossier du terrorisme qui poussa les mêmes puissances et leurs officines à mettre au point une stratégie de riposte qui s’avéra d’une terrible efficacité au double plan sécuritaire et médiatique, avec toutes les conséquences désastreuses sur le plan politique.
    La mécanique mise à l’œuvre fut d’une extrême simplicité, vu qu’elle avait déjà été mise en œuvre au Nicaragua notamment, durant les années 1980. Elle consistait à organiser, de nuit, de grands massacres de populations civiles par les « contras » et à en faire endosser la responsabilité par les sandinistes alors au pouvoir. La technique était d’autant plus imparable que les massacres, qui se perpétraient dans l’obscurité la plus totale, étaient en réalité pilotés par satellites et que les tueurs disposaient du matériel de vision nocturne et de liaison GPS mis à leur disposition par la CIA. Ces détails étant ignorés par l’opinion, il devenait évident pour le commun des mortels que seules les troupes régulières avaient eu la possibilité de commettre de tels massacres avec autant de facilité, sans être inquiétées par personne, et pour cause.
    La même technique relatée par Bob Woodward dans le livre qu’il a consacré à William Casey sera adaptée, dix ans plus tard, à l’Algérie avec cette innovation absolument machiavélique qui consiste à se demander ensuite « qui tue qui ? », l’essentiel étant bien entendu de jeter le doute dans les esprits et de le laisser germer. Des renégats de la pire espèce se chargeant ensuite d’arroser consciencieusement la graine à travers quelques ouvrages écrits sous la dictée et qui essayeront de donner de la consistance à une hypothèse bien difficile à digérer.
    Les médias aidant, cette véritable horreur sémantique se frayera un chemin à travers l’opinion publique internationale qui ne résistera pas à l’envie d’accabler l’armée algérienne et de lui faire endosser des tueries aussi abjectes dans le secret espoir de redonner du crédit au FIS dissous et d’affaiblir l’Etat algérien sur l’arène internationale.
    La presse algérienne fait obstacle
    Cette démarche aussi cynique que machiavélique se heurtera cependant à un obstacle assez sérieux et qui est celui de l’attitude de la presse privée algérienne qui refusera dans sa totalité de cautionner de pareilles accusations et qui se dressera unanimement pour dénoncer une manœuvre clairement identifiée par la plupart des titres comme devant servir à blanchir les islamistes de leurs crimes. L’anti-intégrisme virulent de la majorité des titres de la presse privée algérienne fera ainsi opportunément barrage aux grandes manœuvres politico-médiatiques destinées à se défausser de la responsabilité dans le terrorisme en Algérie sur l’armée et les services de sécurité qui le combattent âprement. Cette attitude particulière de la presse algérienne empêchera ainsi le « qui tue qui ? » de connaître le succès fulgurant qui était attendu dans la plupart des chancelleries occidentales et du Moyen-Orient.
    Si les journalistes algériens, qui sont sur le terrain, témoignent que les massacres sont bien le fait de groupe terroristes d’obédience islamiste, il faut tout de même les croire. Sauf que cette tendance très forte à accuser les islamistes enregistrera quand même quelques notables ratés avec la déclaration faite à Canal+ par Omar Belhouchet, le directeur de publication d’El Watan, qui déclarera en 1995 : « Certains assassinats (d’intellectuels et de journalistes) sont le fait du pouvoir. » Ce directeur de journal ne visait évidemment pas à laver ainsi les islamistes de tout soupçon. Ce qui paraît bien sûr impossible dans la bouche d’un journaliste qui, depuis le déclenchement du terrorisme, a toujours manifesté une hostilité sans concession au FIS, mais il est clair qu’il n’a fait qu’exprimer de façon un peu maladroite des rumeurs persistantes véhiculées par la rue algéroise et des faits assez troublants qui peuvent effectivement impliquer certains secteurs du pouvoir algérien. Toutefois, sa grande et inexcusable maladresse aura été de laisser entendre que des assassinats peuvent avoir été commandités par l’Etat et le pouvoir algérien en tant que tels. Ce qui est évidemment une aberration absolue. Le sens de la nuance ayant alors manqué à notre confrère, qui aurait pu accuser des individus et certains hauts responsables agissant pour leur compte, mais certainement pas l’Etat pris dans son ensemble.
    Ce dérapage, provoqué en tout cas par les questions bien orientées du journaliste de Canal+, servira à alimenter la puissante et insidieuse campagne de propagande menée à travers les médias européens et anglo-saxons pour faire porter le chapeau aux forces de sécurité algériennes et inverser la tendance qui se dessinait sur le terrain.
    Une tendance qui, en démontrant la faiblesse politique et organisationnelle du FIS, ne pouvait que pousser l’opinion à rechercher les véritables commanditaires du terrorisme. Une recherche qui passe évidemment par la question de base qui consiste à se demander à qui profite le crime ? Cette seule interrogation étant de nature à rendre inopérante le « qui tue qui ? » dans la mesure où l’armée algérienne n’a strictement aucun intérêt à organiser des massacres qui ne peuvent prouver par ailleurs que son incapacité à faire face au terrorisme et à protéger les populations civiles. Sachant que chaque attentat terroriste réussi accentue l’échec de l’Etat à assurer sa principale mission constitutionnelle qui est d’assurer la sécurité des biens et des personnes.
    En plus des larges campagnes de presse destinées à faire oublier cet important axiome et des nombreux ouvrages commandés à cet effet à des renégats par quelques maisons d’édition françaises engagées dans la déstabilisation de l’Algérie, un important site Internet a été également conçu et mis en place pour alimenter de façon continue la propagande anti-ANP. Et c’est sous couvert d’un courageux anonymat que de soi-disant officiers (déserteurs ou encore en activité) de l’armée algérienne vont donner des versions absolument abracadabrantes des principaux événements sécuritaires qui ont secoué le pays de 1991 jusqu’à l’élection de Abdelaziz Bouteflika en avril 2004. Depuis cette date, le site en question sommeille pour des raisons difficiles à déterminer, mais dont une au moins est aisée à deviner : l’échec avéré de faire passer au sein de l’opinion algérienne la problématique du « qui tue qui ? ».
    La tâche s’avèrera alors encore plus ardue depuis le 14 août dernier, date à laquelle le président de la République rendra publique le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale qui prend nettement et définitivement position sur la question de la responsabilité liée au terrorisme en lavant de tout soupçon l’armée et les forces de sécurité algériennes et en faisant ressortir la part de responsabilité des personnes et organisations qui ont appelé au djihad contre l’Algérie, Etat et société. Il est intéressant de noter à cet égard que le discours du Président Abdelaziz Bouteflika du 14 août dernier commence par une référence directe à l’enlèvement et à l’assassinat de nos deux diplomates en poste en Irak, indiquant ainsi la voie à suivre dans la recherche des véritables parties qui ont décidé d’agresser notre pays par le biais du terrorisme. Des parties qui feront tout pour que l’Algérie ne retrouve jamais son unité, la paix et la stabilité qui peuvent en faire à nouveau un dangereux empêcheur de tourner en rond sur la scène internationale.
    Abderrahmane Mahmoudi
    Les Débats, août 2005

  • Le Président sahraoui invite l’ONU à faire pression sur le Maroc à respecter le droit des Sahraouis à l’autodétermination

    Mexico, 15/09/2010 (SPS) .- Le Président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, a appelé, mardi à Mexico, la communauté internationale, représentée par les Nations unies, à faire pression sur le régime marocain pour respecter le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    Dans une déclaration reprise par la presse locale mexicaine, le président Mohammad Abdelaziz a dénoncé « les obstacles créés par le régime marocain devant la mise en œuvre du référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, ainsi que l’escalade de la répression et la violation des droits de l’homme commises par Rabat à l’encontre citoyens sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental ».

    Il a également souligné la nécessité d’élargir les prérogatives de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) pour « assurer la protection et la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental ».

    M. Abdelaziz, qui est arrivé dimanche à Mexico pour participer à la célébration du bicentenaire de l’indépendance de ce pays, a tenu plusieurs réunions avec les chefs d’Etat et de gouvernement présents.

    Il a ainsi encontré le Président du Guatemala, Alvaro Colon, président du Panama, Ricardo Martinelli, Premier ministre de Belize, Dean Barrow, vice-président du Nicaragua, Jaime Morales, Vice-Président du Conseil la Nation de l’Algérie, Abdelkader Ben Saleh, le ministre du commerce extérieur de Cuba, Rodrigo Malmierca Diaz, et le ministre de la Culture d’Espagne, Angeles Gonzalez.

    La visite du Président sahraoui s’inscrit dans le cadre des relations amicales et de coopération entre les deux pays.

    Le président sahraoui est accompagné par le ministre de la Coopération, Salek Baba Hassana, la ministre de l’Éducation, Mariam Salek Hmada, la Secrétaire général de l’Union des femmes sahraouies, Fatma El Mehdi, le ministre délégué chargé de l’Amérique latine, Hach Ahmed, l’ambassadeur sahraoui au Mexique, Ahmed Moulay Ali, le Coneiller à la Présidence, Abdati Breica et le premier secrétaire à l’ambassade ssahraouie à Mexico, Andalah Abdel Fatal.

    La République arabe sahraouie démocratique et la République du Mexique one établi des relations diplomatiques au plus haut niveau depuis 8 Septembre 1979. (SPS)
  • La guerre médiatique du terrorisme

    ETUDE
    La guerre médiatique du terrorisme (1re partie)
    La douloureuse expérience de l’Algérie avec le terrorisme s’est accompagnée d’un phénomène assez paradoxal qui a mis en peine tous nos services de sécurité et donné bien du mal à tous les analystes. Elle a laissé ainsi apparaître au bout de quelques années, un terrorisme anonyme où l’acte de destruction n’était pas directement lié à une revendication politique et où il était impossible de remonter jusqu’aux centres de commandement qui l’ont ordonné.
    Pour mieux suivre l’analyse que nous vous proposons ici, il faut en effet se souvenir que le phénomène du terrorisme a connu deux étapes distinctes dans notre pays et, partant, dans le monde. Une première étape, que nous pourrions qualifier de démarrage, a vu les actes de destruction et les attentats abondamment revendiqués par maints moyens de propagande, par des communiqués de guerre transmis directement par fax ou par Internet et généralement repris par les différents organes de presse tant nationaux qu’internationaux ou par des publications généralement éditées et diffusées à Londres par des associations tout ce qu’il y a de plus légales. Lorsque ces sources d’identification sont absentes, il a alors été jugé nécessaire de faire jouer aux médias lourds de l’Etat, le rôle de mise en relation à même de donner au citoyen le sentiment que les forces de l’ordre savent avec précision où frapper pour combattre le phénomène. La revendication d’un acte terroriste par son ou ses auteurs offrant au moins à la société la possibilité de se raccrocher à l’espoir que son éradication est un objectif réalisable.
    La seconde étape quant à elle est celle d’un terrorisme en apparence aveugle, mais qui se caractérisera surtout par le fait qu’il est de moins en moins revendiqué, jusqu’à arriver à la situation tout à fait délirante où c’est l’Etat lui-même qui est alors accusé d’être derrière le terrorisme, avec cette extraordinaire trouvaille du fameux “qui tue qui ?”. L’anonymat, obtenu par des moyens que nous étudierons plus loin, permettant ainsi de créer une situation de vide absolu propice à toutes les manipulations et à tous les montages. Tant il ne faut jamais perdre de vue que le but ultime du terrorisme est précisément de faire régner une terreur qui brouille l’entendement et met le citoyen dans une situation de désespoir susceptible de mettre en péril la cohésion de la société elle-même, de même que ce phénomène vise dans le même temps à faire perdre tout son crédit à un Etat rendu incapable de savoir à qui il doit ses avatars au point qu’il en arrive à être accusé d’être lui-même l’instigateur du terrorisme.
    Les forces en présence
    La première phase du terrorisme a donc été marquée par la montée en puissance d’un certain nombre de mythes guerriers, construits autour de sigles et d’individus qui étaient eux-mêmes bien en peine d’expliquer ce qui leur arrivait et encore moins de comprendre le piège qui était en train de leur être tendu. C’est ainsi que des imams qui n’avaient jamais eu le moindre contact sérieux avec les armes se retrouvèrent au centre d’une formidable entreprise de propagande tendant à faire admettre à l’opinion publique qu’ils étaient les chefs d’une insurrection armée d’envergure nationale. Des gens comme Cherrati et Chebouti, qui étaient certes adeptes de la méthode forte mais sans aller jusqu’à prendre les armes et le maquis, se virent alors propulsés au rang de chefs de guerre sans avoir jamais tiré un coup de feu ni encore moins commandé un groupe armé. Ce qui n’a pas empêché la propagande intégriste, parlée aussi bien qu’écrite, de développer une mythologie du djihad qui ne répugnait guère à emprunter ses symboles à celle de l’armée des taghouts, faisant de ce même Chebouti le général d’on ne sait quelle configuration militaire. Le FIS faisait ainsi le jeu de ses pires ennemis en s’appropriant une guerre qui n’était pas forcément la sienne et en allant jusqu’à donner aux terroristes une couverture politique dont ils ne voulaient pas toujours.
    La complexité de la situation à ce moment-là impose d’ailleurs de s’astreindre à revenir sur un état des lieux politique seul à même de nous permettre de nous y retrouver dans cette masse compacte de complots et de contre-complots échafaudés et mis en œuvre au sein et à l’extérieur du pouvoir, à un moment où le recours à la force s’avérait inévitable. Le postulat de travail le plus recevable étant alors celui qui consiste à identifier les forces en présence selon le découpage suivant :
    1- Un front social en ébullition globalement regroupé autour de l’UGTA et de ce qui restait du PAGS.
    2- Un segment de ce même front social dévoyé par l’émergence d’un courant populiste intégriste à tendance insurrectionnelle organisé autour du FIS et de son syndicat, le SIT.
    3- Un capitalisme national sans parti ni syndicat, désireux de prendre son envol mais bridé par le système de parti unique et par l’idéologie populiste ambiante. Ses principaux alliés se recrutant essentiellement au sein des structures les plus élevées de l’institution militaire.
    4- Une bourgeoisie bureaucratique menacée dans ses privilèges et son statut de force politique dominante aussi bien par le front social institutionnel que par le capitalisme national. Cette bourgeoisie bureaucratique disposant quant à elle d’un instrument politique encore puissant, le FLN.
    5- Trois puissances occidentales, l’Amérique, la France et l’Angleterre, globalement hostiles à la démocratisation et à la modernisation de l’Algérie telle que voulue par le président Chadli Bendjedid et son groupe de conseillers.
    6- Et enfin une grande masse d’algériens non structurés au sens classique du terme, c’est-à-dire ni d’un point de vue politique ni idéologique, mais globalement favorables à une ouverture du système et à une répartition plus équitable du revenu national.
    Cependant, il ne faut pas se cacher que les trois forces les plus décisives, à ce moment-là, sont le capital national allié à une partie importante de la haute hiérarchie militaire, la bourgeoisie bureaucratique alliée au FIS et à ce qui reste du PAGS et les trois puissances citées plus haut qui ont bien entendu choisi d’appuyer les forces conservatrices et de la réaction pour bloquer l’émergence d’un capitalisme algérien digne de ce nom, capable de prendre quelques parts du marché international. Le terrorisme sera alors l’instrument idéal à travers lequel la coalition anti-démocratique et anti-moderniste tentera de détruire l’Etat algérien aussi bien dans son versant civil que militaire. Un terrorisme qu’il s’agira évidemment de travestir et de masquer pour ne pas laisser apparaître ses véritables commanditaires. D’où l’extrême opacité qui a toujours entouré les ressorts organiques d’un phénomène présenté pendant longtemps comme le fait des seuls islamistes du FIS dissous, alors qu’il recouvrait et recouvre toujours des filières de recrutement, de formation et de financement qui ne diffèrent en rien de celles qui lui ont préexisté dans l’Europe des années soixante-dix et qui bénéficiaient, quant à elles, d’une couverture d’extrême gauche. Le cheminement et les méthodes sont d’ailleurs les mêmes, aujourd’hui, que celles qui ont conduit, à l’époque des brigades rouges et des différentes fractions rouges d’Allemagne, du Japon et de France, à la constitution d’une internationale terroriste supposée servir de couverture générale à tout acte de déstabilisation contre les évolutions jugées dangereuses du capitalisme pour le système financier mondial. Sachant qu’il s’agit de faire une distinction très nette entre le capitalisme en tant que producteur de richesses et de biens de toutes natures et le système financier de plus en plus spéculatif qui pousse quant à lui à la baisse de qualité des produits et à la spéculation sur leur valeur.
    L’ennemi des peuples n’étant pas en vérité le capitalisme en tant que tel, mais son double caché, la grande finance internationale, qui ne répugne devant aucun crime ni aucune atrocité pour maintenir ses taux d’intérêts et pomper, par le biais de la dette, toute richesse qui se crée à n’importe quel point du globe. C’est cette monstrueuse puissance qui a de tout temps été à l’origine de tous les conflits internationaux et qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, après un abominable holocauste contre les juifs (pauvres) et les communistes et après la destruction de deux villes japonaises qui ont coûté la vie à plus de trois cent mille personnes en une fraction de seconde, s’est retrouvée obligée de trouver un nouveau moyen de peser sur les rapports de force internationaux et redessiner la carte du monde.
    Les trois coupe-feu
    Ce moyen sera évidemment le terrorisme, qui donne les prétextes nécessaires à toutes les équipées et qui permet toutes les outrances internationales. A condition évidemment que jamais le lien ne puisse être établi entre les vrais donneurs d’ordre et les exécutants. Le meilleur moyen pour ce faire étant bien sûr de mettre en place un coupe-feu qui se dresse comme une barrière infranchissable entre les deux segments du terrorisme international. Ce rôle a été assumé pendant de longues années par Carlos, qui servait de couverture idéale à toutes les opérations de déstabilisation orchestrées contre différents Etats de la planète, et notamment contre l’OPEP qui menaçait si puissamment les intérêts des majors anglo-américaines du pétrole.
    A la fin des années 1980, avec la disparition du bloc communiste et de toutes les idéologies de gauche qu’il drainait avec lui, il devenait urgent de trouver un nouveau coupe-feu idéologique et politique mais aussi et surtout médiatique. Ce coupe-feu sera évidemment l’intégrisme islamiste et les réseaux anti-communistes formés et encadrés par les trois grands services de renseignements occidentaux que sont la CIA, le MI6 et la DGSE. Trois services de renseignement entièrement dévoués à la grande finance internationale, depuis le moment où ces derniers ont eu besoin d’elle pour arrondir des budgets nationaux jugés insuffisants pour faire face aux grands périls extérieurs.
    Cette problématique des trois coupe-feu s’est donc trouvée posée en Algérie en 1991, où il fallait bien masquer la terrible offensive lancée à coups de bombes et d’assassinats contre l’Etat et ses démembrements et, par la suite, contre la société tout entière. Et c’est comme cela que se sont mis à apparaître les mythes farfelus du “général” Chebouti et des insaisissables Cherrati et consorts au milieu d’un concert d’organisations toutes plus ou moins fantomatiques sur le terrain des opérations mais ô combien présentes dans les médias. Alors que les attentats et les massacres étaient et sont toujours le fait de groupes d’une redoutable efficacité, extrêmement bien informés, capables de se fondre dans la nature au milieu de dispositifs sécuritaires impressionnants, les médias se sont longtemps efforcés, au contraire, d’impliquer des figures marquantes de la mouvance islamiste dans un puéril jeu de copier-coller, de communiqués tombant généreusement des fax. Et lorsque les fax ne suffisent pas, il y a alors les dizaines de publications essentiellement éditées et distribuées à Londres pour donner un autre visage au terrorisme. Le seul inconvénient de ce genre de manipulations – en tout cas cela a été le cas en Algérie – est qu’il suffit d’éliminer toutes les têtes d’affiches islamistes pour mettre dangereusement à nu des actes de sabotage qui finissent par apparaître en tant que tels, même aux yeux du plus irréductible des islamistes.
    La riposte du “qui tue qui ?”
    C’est que, dès le début, les services de sécurité militaires, du fait de leur activité en relation avec l’étranger, ont très vite compris que l’assaut que subissait l’Algérie était hors de proportion avec les possibilités opérationnelles d’une mouvance politico-religieuse sans aucune envergure. Les soupçons se portant progressivement vers des parties extérieures qui ne se cachaient d’ailleurs même pas pour soutenir ouvertement un terrorisme qualifié par toutes les chancelleries occidentales de “mouvement d’opposition armé”. L’objectif fut alors déterminé au plus haut sommet de l’Etat de supprimer la couverture politique et idéologique de ce terrorisme en neutralisant, par différents moyens, tous ceux qui auraient pu, d’une manière ou d’une autre, constituer un trompe-l’œil en ce sens.
    Partie II
    Dans la première partie de cette étude, nous avons essayé de déterminer les différentes phases par lesquelles est passée la lutte contre le terrorisme sur le plan médiatique. Avec une première phase qui a consisté à tenter coûte que coûte à le rattacher au FIS dissous, dans un souci de rassurer l’opinion sur les capacités de l’Etat à en neutraliser les organisateurs, et une seconde phase qui a vu les attentats et les actes de destruction prendre une telle ampleur qu’il devenait évident que le FIS n’était qu’un comparse dans l’affaire et qu’il fallait chercher ailleurs les véritables commanditaires.
    Le premier à avoir évoqué cette stratégie de mise à nu du terrorisme a d’ailleurs été Khatib Youcef, dit Si Hassan, lorsqu’il était conseiller personnel du président Liamine Zeroual, au cours d’un colloque international organisé en 1995 à Djenane El-Mithak. Il aura été le premier haut responsable algérien à traiter, en présence d’experts espagnols notamment, de la question du terrorisme sous cet angle pour le moins inédit à une époque où l’opinion intérieure autant qu’internationale restait obnubilée par la seule mouvance islamiste. Il faut dire qu’Al-Qaîda n’existait pas encore, les attentats du 11 septembre n’ayant pas eu lieu.
    Le fait est que la plupart des hauts responsables de l’Etat algérien ont commencé à percevoir dès la fin de l’année 1993, avec la montée en puissance d’une extraordinaire pression extérieure destinée à le contraindre à céder le pouvoir aux islamistes, que le jeu était autrement plus complexe qu’il n’apparaissait et que des forces bien plus grandes que le FIS dissous étaient derrière le terrorisme. Belaïd Abdeslem, l’ancien chef du gouvernement, ayant été celui qui dira certainement avec la plus grande clarté ce que beaucoup de ses pairs laissaient déjà entendre à mots couverts, en déclarant, sur les lieux de l’attentat de l’aéroport Houari-Boumediene, « il y a là la main de l’étranger ». Même si par la suite l’enquête menée tambour battant laissera apparaître un réseau de mise en œuvre de l’opération qui impliquera une majorité de militants et de cadres du FIS, dont le propre chef de cabinet de Abassi Madani. Une situation qui n’aura par ailleurs rien de contradictoire si nous gardons à l’esprit le postulat de base qui veut que le FIS a de tout temps été instrumentalisé par des forces exogènes qui se situent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Algérie.
    A l’extérieur nous avons donc admis, dans la première partie de cette étude, que le terrorisme est une arme utilisée par la grande finance internationale pour remodeler à sa guise les rapports de force internationaux, pour redonner les directions qui lui conviennent le mieux à l’évolution du capitalisme mondial, mais aussi pour soumettre des pays qui, comme l’Algérie ou l’Egypte, peuvent être tentés par des expériences démocratiques authentiques.
    A l’intérieur, le FIS a été créé et encouragé dans sa folle aventure hégémonique de conquête du pouvoir par une bourgeoisie compradore (bureaucratique et bazarie) qui tenait et tient toujours d’ailleurs à faire barrage à l’émergence d’un capitalisme productif moderne et libéral qui mettrait sa position dominante en danger. C’est dire que la contribution, effective ou non, du FIS à la réalisation des premiers actes terroristes ne signifie en rien qu’il ne faille pas y voir la main de l’étranger, ce parti étant lui-même une émanation directe des pressions des principales capitales occidentales désireuses de voir l’expérience démocratique en Algérie aller droit vers l’impasse. Cette façon de faire n’ayant d’ailleurs rien de bien nouveau ni de bien extraordinaire, puisque tout au long de son histoire, la grande bourgeoisie liée à la grande finance internationale a toujours encouragé l’émergence de mouvements fascistes et totalitaires pour freiner le développement de la démocratie en Europe même, lorsque les forces du progrès ou du socialisme risquaient d’y porter tort à ses immenses intérêts.
    Aussi n’y a-t-il rien de bien extraordinaire à ce que les partis de l’Internationale socialiste, alors majoritairement au pouvoir, et le gouvernement américain désireux de mettre la main sur notre pays, aient manœuvré de mille et une manière, notamment par l’hyper-médiatisation et le financement du FIS pour imposer la voie la plus détestable qui soit à la jeune démocratie algérienne.
    Les pistes se font précises
    Cette problématique a donc été comprise assez tôt par les responsables de la lutte antiterroriste qui ont alerté les plus hautes autorités du pays sur les liens avérés du GIA notamment avec certaines des officines les plus puissantes de la planète, dont le MI-6 britannique qui se permettait même le luxe de recueillir, d’héberger et de refuser d’extrader quelques-uns des chefs terroristes les plus dangereux de la planète, dont deux du GIA. Le gouvernement américain, pour sa part, donnant l’asile à Anouar Haddam, un authentique ministre de cette sinistre organisation qui ne se gênera pas pour revendiquer, en 1995, à partir de Washington, l’odieux attentat du boulevard Amirouche, à Alger, qui a coûté la vie à près d’une centaine d’innocents. C’est à partir de ce moment que l’Etat algérien cessera de focaliser son attention sur le FIS en s’attelant plutôt à ôter la couverture politique et idéologique au terrorisme et en laissant apparaître ses véritables commanditaires.
    C’est ainsi qu’en même temps, qu’il mènera un remarquable processus de dialogue avec l’islamisme, même le plus radical, l’Etat s’attellera à démanteler tous les réseaux de financement et de soutien extérieur, dont les plus importants étaient étrangement implantés en Italie, en Allemagne, en Turquie, en Angleterre et aux USA, bien plus qu’en Arabie Saoudite ou en Iran. C’est ce processus de déblayage et de nettoiement destiné à nous assurer une meilleure visibilité dans le dossier du terrorisme qui poussa les mêmes puissances et leurs officines à mettre au point une stratégie de riposte qui s’avéra d’une terrible efficacité au double plan sécuritaire et médiatique, avec toutes les conséquences désastreuses sur le plan politique.
    La mécanique mise à l’œuvre fut d’une extrême simplicité, vu qu’elle avait déjà été mise en œuvre au Nicaragua notamment, durant les années 1980. Elle consistait à organiser, de nuit, de grands massacres de populations civiles par les « contras » et à en faire endosser la responsabilité par les sandinistes alors au pouvoir. La technique était d’autant plus imparable que les massacres, qui se perpétraient dans l’obscurité la plus totale, étaient en réalité pilotés par satellites et que les tueurs disposaient du matériel de vision nocturne et de liaison GPS mis à leur disposition par la CIA. Ces détails étant ignorés par l’opinion, il devenait évident pour le commun des mortels que seules les troupes régulières avaient eu la possibilité de commettre de tels massacres avec autant de facilité, sans être inquiétées par personne, et pour cause.
    La même technique relatée par Bob Woodward dans le livre qu’il a consacré à William Casey sera adaptée, dix ans plus tard, à l’Algérie avec cette innovation absolument machiavélique qui consiste à se demander ensuite « qui tue qui ? », l’essentiel étant bien entendu de jeter le doute dans les esprits et de le laisser germer. Des renégats de la pire espèce se chargeant ensuite d’arroser consciencieusement la graine à travers quelques ouvrages écrits sous la dictée et qui essayeront de donner de la consistance à une hypothèse bien difficile à digérer.
    Les médias aidant, cette véritable horreur sémantique se frayera un chemin à travers l’opinion publique internationale qui ne résistera pas à l’envie d’accabler l’armée algérienne et de lui faire endosser des tueries aussi abjectes dans le secret espoir de redonner du crédit au FIS dissous et d’affaiblir l’Etat algérien sur l’arène internationale.
    La presse algérienne fait obstacle
    Cette démarche aussi cynique que machiavélique se heurtera cependant à un obstacle assez sérieux et qui est celui de l’attitude de la presse privée algérienne qui refusera dans sa totalité de cautionner de pareilles accusations et qui se dressera unanimement pour dénoncer une manœuvre clairement identifiée par la plupart des titres comme devant servir à blanchir les islamistes de leurs crimes. L’anti-intégrisme virulent de la majorité des titres de la presse privée algérienne fera ainsi opportunément barrage aux grandes manœuvres politico-médiatiques destinées à se défausser de la responsabilité dans le terrorisme en Algérie sur l’armée et les services de sécurité qui le combattent âprement. Cette attitude particulière de la presse algérienne empêchera ainsi le « qui tue qui ? » de connaître le succès fulgurant qui était attendu dans la plupart des chancelleries occidentales et du Moyen-Orient.
    Si les journalistes algériens, qui sont sur le terrain, témoignent que les massacres sont bien le fait de groupe terroristes d’obédience islamiste, il faut tout de même les croire. Sauf que cette tendance très forte à accuser les islamistes enregistrera quand même quelques notables ratés avec la déclaration faite à Canal+ par Omar Belhouchet, le directeur de publication d’El Watan, qui déclarera en 1995 : « Certains assassinats (d’intellectuels et de journalistes) sont le fait du pouvoir. » Ce directeur de journal ne visait évidemment pas à laver ainsi les islamistes de tout soupçon. Ce qui paraît bien sûr impossible dans la bouche d’un journaliste qui, depuis le déclenchement du terrorisme, a toujours manifesté une hostilité sans concession au FIS, mais il est clair qu’il n’a fait qu’exprimer de façon un peu maladroite des rumeurs persistantes véhiculées par la rue algéroise et des faits assez troublants qui peuvent effectivement impliquer certains secteurs du pouvoir algérien. Toutefois, sa grande et inexcusable maladresse aura été de laisser entendre que des assassinats peuvent avoir été commandités par l’Etat et le pouvoir algérien en tant que tels. Ce qui est évidemment une aberration absolue. Le sens de la nuance ayant alors manqué à notre confrère, qui aurait pu accuser des individus et certains hauts responsables agissant pour leur compte, mais certainement pas l’Etat pris dans son ensemble.
    Ce dérapage, provoqué en tout cas par les questions bien orientées du journaliste de Canal+, servira à alimenter la puissante et insidieuse campagne de propagande menée à travers les médias européens et anglo-saxons pour faire porter le chapeau aux forces de sécurité algériennes et inverser la tendance qui se dessinait sur le terrain.
    Une tendance qui, en démontrant la faiblesse politique et organisationnelle du FIS, ne pouvait que pousser l’opinion à rechercher les véritables commanditaires du terrorisme. Une recherche qui passe évidemment par la question de base qui consiste à se demander à qui profite le crime ? Cette seule interrogation étant de nature à rendre inopérante le « qui tue qui ? » dans la mesure où l’armée algérienne n’a strictement aucun intérêt à organiser des massacres qui ne peuvent prouver par ailleurs que son incapacité à faire face au terrorisme et à protéger les populations civiles. Sachant que chaque attentat terroriste réussi accentue l’échec de l’Etat à assurer sa principale mission constitutionnelle qui est d’assurer la sécurité des biens et des personnes.
    En plus des larges campagnes de presse destinées à faire oublier cet important axiome et des nombreux ouvrages commandés à cet effet à des renégats par quelques maisons d’édition françaises engagées dans la déstabilisation de l’Algérie, un important site Internet a été également conçu et mis en place pour alimenter de façon continue la propagande anti-ANP. Et c’est sous couvert d’un courageux anonymat que de soi-disant officiers (déserteurs ou encore en activité) de l’armée algérienne vont donner des versions absolument abracadabrantes des principaux événements sécuritaires qui ont secoué le pays de 1991 jusqu’à l’élection de Abdelaziz Bouteflika en avril 2004. Depuis cette date, le site en question sommeille pour des raisons difficiles à déterminer, mais dont une au moins est aisée à deviner : l’échec avéré de faire passer au sein de l’opinion algérienne la problématique du « qui tue qui ? ».
    La tâche s’avèrera alors encore plus ardue depuis le 14 août dernier, date à laquelle le président de la République rendra publique le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale qui prend nettement et définitivement position sur la question de la responsabilité liée au terrorisme en lavant de tout soupçon l’armée et les forces de sécurité algériennes et en faisant ressortir la part de responsabilité des personnes et organisations qui ont appelé au djihad contre l’Algérie, Etat et société. Il est intéressant de noter à cet égard que le discours du Président Abdelaziz Bouteflika du 14 août dernier commence par une référence directe à l’enlèvement et à l’assassinat de nos deux diplomates en poste en Irak, indiquant ainsi la voie à suivre dans la recherche des véritables parties qui ont décidé d’agresser notre pays par le biais du terrorisme. Des parties qui feront tout pour que l’Algérie ne retrouve jamais son unité, la paix et la stabilité qui peuvent en faire à nouveau un dangereux empêcheur de tourner en rond sur la scène internationale.
    Abderrahmane Mahmoudi
    Les Débats, août 2005

  • Appel de prisonniers politiques au Parlement européen

    Infatigables défenseurs des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental, Ali Salem Tamek, Brahim Dahane et Hamadi Naciri emprisonnés depuis octobre dernier à la prison de Salé ont appelé, mardi, le Parlement européen à intervenir auprès du gouvernement marocain en vue de leur garantir un procès équitable ou leur libération immédiate. 

    «Nous demandons à Votre Excellence de bien vouloir intervenir auprès du gouvernement marocain pour nous garantir sans plus tarder un jugement équitable en présence d’observateurs internationaux ou nous libérer ainsi que tous les défenseurs sahraouis des droits de l’Homme et les prisonniers d’opinion dans les prisons marocaines», ont-ils écrit dans une lettre ouverte au président du PE, Jerzy Buzek. Ils ont également exprimé leur profonde préoccupation devant la persistance de la situation des violations graves des droits de l’Homme dans la partie du Sahara Occidental occupée par le Maroc, notamment la politique de répression érigée par le gouvernement marocain contre les Sahraouis et en particulier les défenseurs des droits humains qui expriment ouvertement leurs opinions politiques en faveur de l’indépendance du Sahara Occidental. 

    Les prisonniers politiques sahraouis ont en outre demandé l’arrêt immédiat du pillage des ressources naturelles du territoire, déplorant que l’Union européenne a été complice de l’usurpation illégale des ressources naturelles du peuple sahraoui, ainsi que l’accord du statut de partenariat privilégié au Maroc malgré ses flagrantes violations des droits humain. Par ailleurs, le nouvel ambassadeur d’Afrique du Sud en Algérie, Joseph Kutan, a appelé la communauté internationale à oeuvrer pour une solution au conflit au Sahara Occidental permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination à travers un processus négocié, démocratique et libre conformément à la légalité internationale. 

    Joseph Kutan qui présentait ses lettres de créances au président Abdelaziz Bouteflika, en sa qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Afrique du Sud auprès de l’Algérie, a appelé la communauté internationale à un règlement du conflit au Sahara Occidental afin de permettre au peuple sahraoui de se prononcer en toute liberté sur son futur. Il a rappelé, par ailleurs, que «l’Algérie et l’Afrique du Sud ont toujours lutté pour la cause juste de libérer l’Afrique du joug colonial ». «Les deux pays s’engagent à accorder une priorité au continent africain à travers notre présence dans les forums internationaux tels que l’Union africaine et les Nations unies», a-t-il dit, ajoutant que «nos deux pays continueront à défendre la cause de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afrique».

    Mokhtar B. 

    Le Courrier d’Algérie, 16/9/2010





  • Le Quotidien d’Oran : Orientés

    Lorsque la puissance divine décide de châtier un individu ou un pays voire un empire, pour leurs arrogances, elle les orientet, sans qu’ils s’en aperçoivent, en direction de l’automutilation permanente et la décadence. 

    Allant dans le même sens, les anciennes pensées philosophiques ont suffisamment démontré, à l’évidence, cette orientation fatale des êtres, empires et civilisations, ne cessant de multiplier les conflits existentiels conjugués à leur arrogance entêtée de vouloir posséder plus que leur permettent le temps et l’espace (1) 

     Les multiples conflits entre les peuples du Moyen-Orient, berceau des civilisations et religions monothéistes, sont en train de générer, à force de persister, ce genre de mutilations et qu’ils couvent, ces derniers temps, d’autres germes funestes pour l’ensemble des pays du golfe arabo persique. En effet, les membrés du Congrès des USA ont discuté au sujet de la commande effectuée cette semaine par l’Arabie Saoudite cette semaine dite auprès du complexe militaro-industriel US, et ce, pour lui fournir des armes sophistiquées, en tous genres, estimées à plus de 60 milliards de dollars. Pharamineux ! 

     Soit prés de 25% de l’enveloppe financière globale du troisième plan quinquennal Algérien. D’autres pays du golfe vont suivre prochainement la démarche de l’Arabie Saoudite. Depuis 20 ans, prés de 3000 milliards de dollars ont été dépensés par les pays du Moyen-Orient. Sans que ces armes soient utilisées. A l’exception d’Israël bien sur ! D’après les mêmes informations, l’Algérie est située au premier rang des pays africains dans le domaine de l’armement. Elle représente plus de 40% du volume global des achats à l’échelle continentale. 

     Il serait utile d’ajouter qu’une partie, des 60 milliards de dollars saoudiens, ira ‘en pèlerinage’ dans la cagnotte d’Israël, comme d’habitude, et quelques miettes pour l’Egypte et la Jordanie. C’est par cette méthode, de « diplomatie sécuritaire », que l’aide américaine s’effectue par le canal de banques affidées aux lobbys israéliens. Ainsi, la sécurité d’Israël est considérée, par les religieux extrémistes ainsi que par ses maîtres à penser, internes et externes, comme quelque chose de sacrée et promise – décidément – par la divine Providence et, donc, rien n’a d’égal, à leurs yeux, devant cette sacro-sainte mission. Absolument rien ! 

    A ce propos, il est utile de rappeler que le terrain, sur lequel est bâti l’immense immeuble et ses annexes abritant l’ONU – ce machin-là ainsi désigné par le Général De Gaule – à proximité de New York dont la mairie est dirigé par un juif américain, appartenait à la richissime famille des Rockefeller inaugurant ainsi le pôle de la gouvernance mondiale. En réalité, le nouveau temple d’un empire fondé sur des idées ne se différenciant pas tellement de celles qui ont mené aux… holocaustes des anciens temps et durant notre époque. 

     En revanche, et paradoxalement que cela puisse exister, cela à engendré des progrès profitables, au genre humain, grâce aux hommes et femmes de la connaissance ne cessant, depuis toujours, de s’entrechoquer a celles et ceux obsédés par le pouvoir politique et de la finance menant les bienfaits de ces progrès technologiques vers des buts autres que ceux visés initialement. C’est-à-dire le retour au… point zéro : le duel entre le bien et le mal caractérisant profondément la nature humaine. 

     A l’exemple de l’énergie atomique destinée, à l’origine, pour améliorer la condition humaine puis elle s’est transformée en génératrice d’armes de destruction massive « expérimentées » tout juste à la fin de la deuxième guerre mondiale, et jusqu’a ces derniers temps, exterminant et mutilant plusieurs centaines de milles d’êtres humains. A l’image, également, du silex utilisé pour chasser le gibier, ainsi que pour d’autres utilisations domestiques, puis il s’est modifié, au fil du temps, en une redoutable arme de guerre entre les peuplades d’antan. . 

    Ce qui est utile de noter, également, c’est que les découvertes à des fins militaires, aux temps actuels, telles les téléphonies satellitaires, de véhicules informatisés, missiles intercontinentaux, engins chimiques, d’approches topographiques etc., se sont transformées en utilités civiles. Un cercle vicieux que seul le genre humain est capable de configurer. 

     Cependant, à force de transformer la nature des choses et de convoquer, comme le font les lobbys juifs, exagérément le passé tout en disséminant les fantasmes, d’une époque tourmentée, aux quatre coins du Monde, et qu’ils se lamentent continuellement auprès d’un mur considéré comme ce qu’il en reste du premier temple monothéiste, dédié au Seigneur des deux Mondes, détruit à cause de la bêtise humaine, ils pourraient un jour ou l’autre faire ressusciter les anciens démons qui l’avaient démoli et, surtout, ceux déclenchant les derniers événements horribles engendrés par la Shoah et, également, ceux en train, A dieu ne plaise, de dessiner autrement les contours d’une troisième déflagration globale . Et, qu’à ce moment-là, et après, il serait futile de leurrer, encore une fois, l’humanité par les fausses interprétations de l’Histoire. 

     Aux USA, un obscur pasteur, d’une église «conservatrice» sans importance, a eu l’idée diabolique de faire brûler le Saint Coran au cas ou la communauté musulmane persiste de construire un complexe religieux à coté du lieu ou ont lieu les attentats du 11 septembre 2001. Ce soi-disant prêtre, d’extraction businessman raté, officie une cinquantaine d’adeptes seulement en Floride lieu habituel d’accostage des catholiques, notamment les aventuriers irlandais du 19 é siècle, déçus par le mode de vie sur l’ancien continent et,donc, ils ont le complexe de la ferveur identitaire jusqu’au-boutiste. 

     Ledit pasteur avait fait récemment un voyage, initiatique aux lieux du luthérianisme, en Allemagne. A l’occasion, il avait détourné trois mille dollars. Et falsifié son diplôme de doctorat. Puis, il retourne aux USA. Il se lance dans la foulée de la haine anti-Islam à la mode depuis le «fameux» 11 Septembre. Un business qui rapporte gros à tous les coups. Un coup médiatique réussi : Chapeau pour ce coup de pipeau ! 

     D’une part, ledit maire de New York, d’origine juive, ne voit pas d’inconvénient à ce que qu’on construit ce complexe culturel et, de l’autre, les lobbys juifs amplifient à outrance, médiatiquement, l’intention de ce Monsieur montré comme le défenseur de la mémoire des victimes dudit attentat. 

     Puis, subitement, ces mêmes médias «reconnaissent» qu’ils ont trop poussé le bouchon. Et pour se racheter soi-disant ils ont, cette semaine, relativisé l’événement en l’aplatissant à la veille du deuxième contact entre M.Mahmoud Abbas et M. Benyamin Netanyahu. Comme d’habitude ! Et ce qui est plus sournois voire abject, dans toute cette cacophonie minutée, c’est qu’à la fin tout ce beau monde retrouvera ses marques. Avec, cependant, plus d’avantage pour Israël. Car le coup, à l’image des précédents, a déjà porté ses fruits. A profusion ! 

     Beaucoup d’américains sont sensibles sur cette question, du 11 septembre, du citoyen jusqu’à la Maison Blanche. Bush fils et compagnie en avaient profité, à outrance. Israël aussi et ne cesse d’en jouir. Pleinement ! C’est devenu à la mode de condamner alors qu’en vérité, ils rendent service à ce genre de faussaires d’un nouveau type. Ainsi, va le monde d’aujourd’hui : d’une combine planifiée à une autre jusqu’à que le mensonge ressemble à de la vérité, et de presser le citron jusqu’à qu’il ne contienne aucune goutte de jus, etc. 

     Dans le même sens, d’anciens juifs, de mon patelin, disaient à titre informatif pour leurs successeurs : «il vaut mieux que tu laisse ton ennemi constamment inquiet et aboyer que de l’abattre d’un seul coup. Tu en jouisse tout doucement et tu découvrira beaucoup de choses avant qu’il ne s’en rende compte» 

    Les prochaines élections, à miparcours, entre le Parti démocrate américain, en perte de vitesse auprès de l’opinion interne voire externe, en face de celui républicain aiguillonné pour rééquilibrer les rapports de force en sa faveur et, à l’occasion, de celle d’Israël, constituent un test majeur édifiant pour la poursuite de ce processus diabolique tel que planifié par les stratèges d’Israël. Une aubaine pour les colonisations effrénées des terres palestiniennes par des juifs en mal existentiel ailleurs et cherchant, coûte que coûte, a vivre au dessus de tout tracas environnemental, lié à la présence de palestiniens faussant les décors, d’après ces illuminés de juifs. C’est dans la nature du racisme pur ! 

     A la veille, des dites négociations, M. Mahmoud Abbas à déclaré que leur réussite reste dépendante de l’arrêt des colonies juives. Les politiciens juifs rétorquent : « ces colonies sont en train de s’installer au milieu des… anciennes » ont-ils assuré. Et, donc, il n’y a pas de nouvelles colonies d’après eux. Et encore, l’Etat d’Israël serait exclusivement juif. En d’autres termes, tous les non juifs seraient des étrangers sur leur…terre. Qui dit mieux ? 

     Dans le même sillage, jadis dans mon patelin, les juifs jouaient beaucoup de la Bezga : Une sorte de jeu au va-tout. Alors, ils disaient : l’essentiel est d’avoir en main le Dink : le joker ou l’atout. A l’image de la prise de position, de M. Benyamin Netannyahou, qualifiant les déclarations de cet illuminé d’évêque américain, en vérité un vulgaire chasseur de primes d’où qu’elles viennent,… d’irresponsables. Alors qu’en Israël, des gens responsables sont en train de faire plus depuis des décennies. Au quotidien. Et que la Bezga continue ! Elle vient de se terminer hier à Charma Cheikh. A la prochaine ! 

     Le IX iéme anniversaire du 11 septembre, de cette année, coïncide avec l’Aïd Essaghir des musulmans ainsi perturbés par cet énergumène en vérité téléguidé et, également, à quelques semaines prés, des fêtes religieuses automnales juives et avec cette rencontre Israélo Palestinienne de Charma Cheikh en Egypte. Trop de fêtes religieuses et rendez-vous politiques pour croire à Papa Noël. Encore moins à de… l’irresponsabilité justement. 

     Comme cela s’est passé lors de la pendaison, du défunt Saddam Hussein, le jour même de l’Aïd el kabir : la fête du sacrifice pour mieux enfoncer le clou. Puis un tollé généralisé relayé, en plus, par les médias arabes mettant en grand relief les mines renfrognées des dirigeants arabes. Peu de temps après les sourires réapparaissent comme si rien n’était Le lièvre est connu pour son manque de mémoire. Il retourne toujours aux alentours de l’endroit d’où les chssseurs l’ont débusqué. 

     Le Président Obama avait annoncé, à l’occasion de la commémoration du 11 septembre, que les USA ne sont pas contre l’Islam mais contre El-Kaïda. Et puis quoi encore ? Des « experts » américains ont prédis, cette semaine – décidemment -, que le danger terroriste islamiste serait désormais actif sur le territoire des USA. Cette semaine, le Président US a annoncé à demi-mot à l’intention de M. Benyamin Netannyahou et M. Mahmoud Abbas, qu’ils réalisent vite la paix afin que les USA soient allégés et puissent se concentrer uniquement sur l’Afghanistan, l’Iran et, par ricochet, sur le Hezbollah et Hamas. Un petit hameçon qui n’est pas du genre à attirer l’intelligentsia juive. En d’autre terme : il s’est mis le doigt dans l’œil et…jusqu’au coude ! 

     L’ancien secrétaire d’Etat des affaires étrangères, Henri Kissinger, comme s’il répliquait machiavéliquement au Président Obama, à exhorter tous les pays limitrophes à l’Afghanistan de s’unir contre les talibans alias Al Kaida car, d’après lui, les USA, à eux seuls, ne pourraient venir à bout de ce bourbier. Pourquoi, alors, l’avoir envahi du temps ou le parti des républicains, celui de M. Kissinger, était au pouvoir ? A l’évidence, tous les coups sont permis à la veille d’enjeux électoraux. La politique aux USA, est ainsi faite. AU cow-boy. Trop vache ! 

    En conséquence, les stratèges politico médiatiques, du monde arabo musulman, qu’ils sachent une fois pour toute, enfin, qu’ils n’ont point de salut que dans l’information pertinente, et ce, afin d’équilibrer les rapports de force médiatiques et, surtout, d’éviter de se complaire dans la farniente conjuguée à la dispersion des efforts collectifs d’un nombre important de jeunes conditionnés par l’information biaisée ensemençant les germes de la soumission aveugle, au maître du moment, déjà enfouie aux tréfonds des consciences depuis les périodes de la pensée à sens unique. 

     En ce qui nous concerne, et malgré tous les sacrifices pour se purifier de toutes les souillures lesquelles ont encrassé notre passé, il se trouve qu’une deuxième aliénation en différé – post indépendance – et trouvant de surcroît des exécutants zélés l’appliquant à la lettre, est en train d’envahir médiatiquement notre quotidien. Triste sort ! A l’image de : Ligotés et Soumis devant toi ô maître : « Msselmine oua Mketfine ya sidi ». Jusqu’à quand ces imbécillités et absurdités ? 

     Un sujet d’actualité mérite d’être ajouté à ci-dessus. Il s’agit de l’entraîneur national du football, le Cheikh Rabah Saadane. Ce dernier fut l’hôte du Cheikh d’une zaouïa d’Ain-ouassara. Encensé, cajolé, nourri grassement, il à été vêtu d’un burnous en laine de dromadaire en pleine saison… estivale, télévisé, photographié, etc. ; puis, subitement, après son dernier match contre la Tanzanie, honni, insulté, détrôné, etc. Cela a coïncidé, Ô ironie du sort, dans la foulée des dernières victoires internationales successives de la JSK contre des équipes égyptiennes. 

    C’est le comble pour le Cheikh, ainsi désigné dans les chansons ayant fait fureur durant tout l’été passé. Ces dernières semaines, il ne l‘est plus. Cela se passe ainsi ça chez nous. A l’image du Bordj Bou Leila du temps des janissaires turcs. Donc, toutes ces euphories sont devenues de mauvais souvenirs. Cela devrait, en principe, constituer matière à réflexion pour ce genre de leadership. Dans tous les domaines. Malgré ça, rendons lui grâce, par décence, pour avoir donner l’occasion à des millions de jeunes de chanter, danser, rêver, discutailler et …gaspiller beaucoup d’argent. Tant que de jeunes gens confondent victoire de foot avec celle sur le sort, d’autres déceptions les attendent dans les…18 (ans) mètres. Forcément. 

     Enfin, bonne continuation de l’année 2010 ainsi qu’une agréable rentrée scolaire et une meilleure orientation professionnelle et universitaire ; sans oublier de souhaiter bonne chance au nouveau Cheikh de l’équipe nationale du football, M. Abdelhak Benchikha – décidemment – et, Inch’Allah, au prochain Ramadhan plus instructif et constructif que celui passé. A ce propos, la Nuit du Destin de 2011 coïncidera tout juste avec la fin des négociations entre Israéliens et Palestiniens. S’agit-il d’un «oracle» ? (2). 

    NOTES: 

    1 – Jadis, à l’est de l’Atlas saharien algérien, lorsqu’une famille désire vendre une maison, une terre agricole…, il le fait par l’intermédiaire d’un crieur public. Ce dernier clamer, à l’intention des habitants, non pas qu’il y a une possession à vendre mais: «Yali yechri déla». A peu prés: «Lequel désire acquérir un instant de jouissance» 

    2 – Dans mon patelin, durant la nuit coloniale, des interprétations déplacées voire blasphématoires, 

    du sens des Versets du Saint Coran, ont été insidieusement greffées sur 

    la croyance innocente, néanmoins ignorante, de larges couches 

    de la société de l’époque. 

    On racontait, sérieusement, qu’au milieu de la nuit du destin – Leilat Al Qadr – une femme aurait vu le ciel s’ouvrir et une voix lui demandât qu’elle sollicite tout ce qu’elle veut. Cette dame avait une courte chevelure et désirait qu’elle soit longue. Alors, elle répondit tout de suite car, dit-on, le ciel se referme rapidement et le vœu ne sera pas exaucé. Éblouie par la lumière venue du ciel, et au lieu de dire : «que ma chevelure soit longue, elle dit que ma tête grandisse». Et son vœu est exaucé ! A quelques intersections ajoutées, on est encore à ce rond-point. Aujourd’hui, il s’est avéré que c’était une blague juive, parmi d’autres, à l’intention de pauvres bougres que nous étions tous comme nous sommeillons encore sur nos faux lauriers et commentaires déplacées voire insensés sur notre raison d’être. 


    Ali Brahimi

  • Comment s’attaquer aux finances de l’AQMI

    Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme notamment face à l’AQMI qui continue de menacer toute la région du Sahel, certaines sources affirment qu’une rencontre à huis clos a eu lieu hier mardi à Alger entre les pays de cette région en ayant comme point à l’ordre du jour les finances de cette organisation terroriste. 

    En tout cas, la radio française RFI affirme que l’objectif de réunion presque secrète devait étudier les moyens pouvant débusquer «les millions de dollars obtenus par l’AQMI grâce aux enlèvements, à la contrebande et au trafic de drogue. Bien que rien n’ait filtré à propos de cette rencontre de très grande importance, il est certain que l’on y évoquerait même la traçabilité des millions de dollars engrangés par eux à l’occasion des enlèvements et de la contrebande et investis pour continuer leurs activités terroristes au Sahel, en achetant des armes et des équipements. Une chose est sûre, l’Algérie fait du tarissement des finances de l’ex-GSPC, son cheval de bataille. 

    Pour les responsables locaux de la lutte antiterroriste, le paiement de rançon perpétue cette criminalité. Dernièrement, à New York, lors de la seconde revue onusienne sur la stratégie de lutte contre le terrorisme, Kamel Rezag Bara, conseiller du président Bouteflika, a réitéré cette position. Il a révélé que pour la région du Sahel, les prises d’otage par les groupes terroristes depuis 2005 leur ont rapporté plus de 50 millions d’euros. Faute de pouvoir empêcher le versement de rançon, l’Algérie et ses partenaires au Sahel veulent mettre la main sur cet argent et paralyser ainsi les activités terroristes dans la région.

    Le Carrefour d’Algérie, 16/9/2010
  • Ces rançons assassines

    L’Algérie entend profiter de la prochaine assemblée générale de l’ONU pour réitérer la proposition d’un texte interdisant tout paiement de rançons aux terroristes par les pays confrontés à l’enlèvement de leurs ressortissants.   Sur la démarche, on peut s’attendre à un succès tant elle consiste à défendre le principe de résistance des Etats à la violence subversive dont les connexions avec le banditisme international sont maintenant prouvées.  Mais il se trouvera certainement des lobbies capables de nuancer ou de reporter l’adoption d’une  loi pour s’autoriser le marchandage de la quiétude avec leur opinion publique,  sur le dos des pays infestés par la pègre terroriste.  

    L’Espagne, par exemple, n’a pas hésité récemment à verser de gros sous aux criminels contre la libération de touristes kidnappés. On ne sait pas comment la transaction s’effectue, s’il s’agit d’un paiement en espèces ou d’un transfert sur un compte protégé, mais l’on est certain que les ravisseurs finissent souvent par encaisser  des rançons à faire pâlir la Cosa Nostra.  Voilà donc comment les démocraties occidentales se permettent de financer l’assassinat de milliers de citoyens en garantissant la logistique nécessaire aux groupuscules qui ambitionnent de déstabiliser, pour longtemps, des nations souveraines. 

    Avant-hier,  des responsables militaires d’Algérie, du Mali, de Mauritanie et du Niger se sont rencontrés pour définir les moyens les plus efficaces de traquer l’argent sale issu des enlèvements d’étrangers et de la contrebande dans la région du Sahel. Certains de ces pays voisins subissent chaque mois le spectre de la famine et les pays développés  aggravent  leur situation en sponsorisant la violence dans la région. On n’ignore pas non plus que dans ce cercle vicieux de l’assistance indirecte au terrorisme, les marchands d’armes y trouvent leur compte et récupèrent les millions d’euros versés par les rançonnés. De ce business qui fait fi des souffrances et des cadavres peuvent germer d’autres troubles liés au chaos que veulent imposer les mercenaires recyclés dans le kidnapping lucratif : les exodes massifs de population dus à l’insécurité chronique en plus de guérillas interminables. La menace est trop grave pour que l’Algérie et ses voisins restent sans réaction.  

    Nordine Mzalla

    Le Jeune Indépendant, 16/9/2010