Le piège français


Les dirigeants marocains doivent remercier l’ONU d’avoir imposé un cessez-le-feu qui leur permet de continuer à spolier les richesses sahraouies tout en bénéficiant d’un statut privilégié avec l’UE. 
Pendant que le Ministre des affaires étrangères est occupé dans des négociations qui n’aboutissent à rien, l’armée travaille pour améliorer son arsenal de défense et les forces de sécurité serrent ses tenailles sur le territoire du Sahara Occidental qui est devenu une grande prison à ciel ouvert où la population civile est victime des pratiques les plus atroces exercées par les forces de répression marocaines. 
Pour éviter, au sein du Conseil de Sécurité, toute pression sur le Maroc en vue de l’amener à respecter la légalité internationale, la France a présenté la formule de « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable », tout en sachant que le gouvernement marocain n’acceptera jamais une solution qui contenterait les sahraouis. 
Quatre séries de négociations officielles à Manhasset (New York) et une rencontre informelle entre le Maroc et le Polisario ont déjà eu lieu et n’ont pas permis de rapprocher les points de vue et aboutir à un compromis. Par conséquent la formule sortie du génie français est l’équivalent d’un statu quo indéfini. Le soutien de la France est toujours dans la poche pour contrecarrer toute tentative, de la part de la communauté internationale, de forcer la main aux autorités marocaines. 
La France fait tout pour plaire à la Monarchie marocaine et à ses prétentions expansionnistes comme moyen de pression contre l’Algérie pour l’amener à abandonner ses revendications concernant la « dette coloniale » et la « repentance » pour les crimes commis pendant la guerre de libération algérienne. C’est ce qui explique le parti pris de Paris en faveur du Maroc dans le conflit du Sahara Occidental. 
L’Elysée a accepté de s’ériger en porte-parole du Maroc dans les enceintes onusiennes. Le berceau de la Révolution Française, le pays qui a inventé le « droit d’ingérence humanitaire » a bloqué le dossier des droits de l’homme et a refusé que le Conseil de Sécurité de l’ONU élargisse le mandat des casques bleus au Sahara Occidental. C’est encore la France qui  soutient sans réserve le plan d’autonomie du Maroc qui bafoue le droit international fondé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, donc sur le droit à l’autodétermination. S’il n’y a pas aujourd’hui de solution politique ou de référendum au Sahara Occidental, c’est principalement à cause de la France. 
S’opposer au Polisario, c’est une manière de s’opposer à l’Algérie et donc, d’une certaine façon, une manière pour la France de faire pression sur le gouvernement algérien pour l’amener à réviser sa position sur les contentieux bilatéraux. 
La fierté des algériens a été bafouée à partir du moment où la France a laissé de côté le principe de neutralité dans un conflit dont elle n’est pas concernée ni de près ni de loin. 
La détermination à toute épreuve de la France de tout faire pour renforcer, protéger et défendre la monarchie archaïque donnera-t-il lieu à une réaction de la part du gouvernement algérien pour mettre fin à ce statu quo qui est un véritable piège élaboré à l’Elysée? En tout cas, les sahraouis ne demandent que ça et, jusqu’à présent, ils n’ont jamais été déçus par la Révolution du 1er Novembre. 
Au moment où le Président Bouteflika boude la France, les sahraouis sont maltraités, emprisonnés et torturés et les dirigeants français passent leurs vacances dans les palais du roi Mohamed VI. N’est-ce pas là une provocation claire à l’Algérie et une humiliation qui exige des représailles? Quel mépris pour le peuple et la nation algériennes et quelle injustice vis-à-vis du peuple sahraoui! 
Les gouvernements français et marocain veulent faire du Sahara Occidental un nouveau Cachemir, une région qui attend l’application du droit à l’autodétermination depuis 1948.
Les Sahraouis ont fait confiance à l’ONU et à la communauté internationale et ont décidé de ne plus mener de lutte armée, s’exposant ainsi au risque de pérennisation de cette situation dont ils sont les seuls perdants. Quand est-ce que le Front Polisario et l’Algérie vont réagir pour empêcher cela?

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