Le roi Mohamed VI lance un gilet de sauvetage

Le roi Mohamed VI n’état pas dans ses meilleurs états, hier, lors d’un discours qui a surpris le peuple marocain. Un discours pour apaiser les marocains après les multiples déceptions de leur élite. L’échec du Maroc, à l’intérieur comme à l’extérieur, a conduit au désengagement progressif des grands, comme la France et le gouvernement socialiste espagnol qui le soutenaient, de son plan d’autonomie. Alors, on annonce la régionalisation.
Le Maroc ressemble à une voiture qui roule à grande vitesse sur une autoroute, mais dans le sens inverse, pensant que toutes les autres voitures qui roulent dans le bon sens sont dans l’erreur. La royauté makhzénienne n’a pas encore compris que si elle veut marcher dans la bonne voie internationale, elle doit faire un pas irréversible pour en finir avec le conflit du Sahara occidental et pour liquider le colonialisme dans cette dernière colonie de l’Afrique, comme l’attestent la communauté mondiale et les Nations Unies.
Face à la résistance civile sahraouie, victime de violations des droits de l’homme exercées contre les civils, le royaume du Maroc se trouve dans une situation difficile. Cette résistance a démontré la fausseté de ses déclarations et de son discours médiatique sur ce qu’il appelle l’ouverture démocratique censée tourner la page du passé.
Le monde, le système international ainsi que la présence de la force d’interposition (Minurso) ont été eux aussi contrariés par la fausseté des déclarations et la désinformation véhiculée par le discours politique et médiatique du Maroc au sujet du respect des droits de l’homme en mettant sur pied des institutions censées s’occuper de ces questions. Sans parler des entraves que met ce pays contre l’application des plans, des résolutions onusiennes et contre les tentatives politiques du processus de négociations, fondées, en principe sur une question fondamentale, à savoir le droit à l’autodétermination.
Les déclarations et le brouhaha médiatiques au Maroc au sujet du Sahara Occidental apparaissent toujours au moment où le régime makhzénien et ses partis politiques tentaculaires sentent l’aggravation de la crise que vit ce pays et qui témoigne de l’échec de ce qu’ils appellent l’ordre nouveau au Maroc post-années de plomb. Le Maroc se trouve maintenant, grâce à la réussite de la résistance civile et diplomatique sahraouie, dans une situation d’isolement qui s’aggrave de jour en jour.
L’Espagne vient d’annoncer clairement qu’elle ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le territoire sahraoui. Les Nations Unies ne lâchent pas le principe d’autodétermination pour le peuple sahraoui et les pressions exercées sur le Maroc pour l’amener à respecter les droits de l’homme au Sahara se multiplient.
Quand Hassan II a compris que son régime était en danger, il a accepté le principe de référendum au Sahara Occidental pour prouver au monde qu’il cherche vraiment une solution mais, en réalité, c’était pour la stabilité de son régime. Maintenant il faut que Mohamed VI prenne une décision débouchant sur des négociations afin de mettre fin à son occupation du Sahara Occidental avant qu’il n’y ait plus de remèdes aux dégâts produits. Mais continuer à exercer la politique de l’entêtement, cultiver la non-coopération avec la communauté internationale et les Nations Unies conduit fatalement à un isolement accru sur la scène internationale. Les rapports des différentes organisations internationales juridiques et humanitaires au sujet des violations des droits de l‘homme au Sahara Occidental occupé sont le début dans ce scénario.
Le nouveau « cadeau » apporté par Mohamed VI (la régionalisation) fera du Sahara une région décentralisé, peut-être, mais entourée d’un Mur de la Honte qui mesure pas moins de 2.720 kilomètres, 180 000 soldats marocains suréquipés mobilisés pour le défendre, doté de radars et de systèmes sophistiqués, dix millions de mines anti-personnel disséminées le long du territoire qui réduisent amplemant la liberté de circulation de la population.
Mais autonomie, régionalisation, décentralisation… sont des môts qui requièrent un certain respect pour les principes démocratiques et les droits les plus fondamentaux des citoyens. Est-ce cela possible dans un royaume épinglé presque tous les jours pour ses pratiques repressives à l’égard du peuple marocain, du peuple sahraoui, de la presse, des soulèvements populaires contre la pauvreté, le chômage, les dépassements des services de sécurité, la corruption, etc?

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