Un nouvel échec marocain

Dans les derniers jours, les dépêches marocaines se sont multipliées sur la crise générée avec la Libye par la présence de la République Sahraouie dans les festivités des 40 ans de Kadhafi à la tête de la Jamahiriya. En signe de protestation, la délégation et le contingent militaire marocains ont annulé leur participation et le gouvernement marocain déclare avoir demandé des explications.
En dehors des déclarations destinées à la consommation locale, personne ne peut ignorer que les autorités marocaines étaient parfaitement au courant de la présence sahraouie et cela ne peut pas être une faute du service du protocole libyen puisque l’agence de presse sahraouie l’avait confirmé le 30 août et la délégation sahraouie était arrivée avec deux jours d’avance. En plus, la RASD est membre à part entière de l’UA. A moins que les responsables marocains ne nous disent maintenant que les services secrets marocains n’ont pas le temps de lire la presse sahraouie et de suivre les mouvements du président Mohamed Abdelaziz.
La réalité est que le gouvernement marocain a été déçu par le dirigent libyen par toute une série de faits :
– le conflit de la Libya Oil Holdings Limited en février 2008 dans lequel, selon le journal le Matin, ses dirigeants « pour illustrer leur présence sur le continent africain, avaient présenté le Royaume sans ses provinces du Sud. Une omission d’autant plus intolérable qu’elle ne peut qu’irriter tout un chacun. La cession des actions de « Mobil Oil Maroc » au groupe « Libya Oil Holdings Limited » ne s’est passée pas dans le calme. »
– Au mois de Mars 2009, le Congrès Populaire Général libyen, dans sa déclaration final, il « maintient qu’un référendum pour la population du Sahara Occidental est la seule solution pou cette crise qui a un effet négative sur les efforts de la région visant à réaliser une intégration plus large ». Cela est considéré par Rabat comme un alignement à la thèse de l’Algérie et du Front Plisario. Et pour enfoncer le clou, le dirigeant libyen, Mouamar Gadafi, qui présidait la session spéciale de l’UA consacrée aux conflits en Afrique célébré le 31 août à Tripoli a affirmé, que l’unique solution possible du conflit du Sahara Occidental, “passe un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ». 
– Et enfin, le rapprochement algéro-libyen représenté par la multiplication des contacts dans le cadre de la lutte contre le terrorisme dans le désert malien dans lequel le Maroc a été complètement écarté.
Donc, le Maroc cherchait une excuse pour faire pression sur la Libye pour qu’elle révise sa position sur le Sahara Occidental en craignant que les derniers événements n’aboutissent à un soutien logistique libyen déclaré au Front Polisario comme c’était le cas jusqu’à 1984. Cela serait un flagrant échec qui s’ajouterait aux derniers revers connus par la diplomatie marocaine dans l’affaire que le royaume alaouite considère comme la « cause nationale numéro 1 ».

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