La faune maritime sahraouie menacée

Outils de pêche non sélectifs et générateurs de déchets, les filets dérivants vont et viennent au fil de la marée. Ils peuvent couvrir une zone de plus de 14km de long et sont reliés soit à des flotteurs soit directement à un bateau. De nombreuses espèces marines sont tuées ou blessées accidentellement lorsqu’elles sont prises dans ces filets mortels.

L’Union européenne les a interdits en 2002 et la Commission Internationale pour la Conservation du Thon d’Atlantique l’a fait en 2003 suite aux pressions exercées par le WWF. La Commission Générale pour la pêche en Méditerranée a également interdit les filets dérivants en 2005.
L’accord signé en février 2007 entre l’Union européenne et le Maroc, l’EU-Morocco Fisheries Partnership Agreement (FPA), stipule que 119 bateaux européens (espagnols pour la plupart) pourront pêcher dans les eaux marocaines et du Sahara Occidental. En échange, l’Union versera au Maroc, 36 millions d’euros par an. Une partie de cet argent servira à financer l’élimination effective des filets dérivants de la flotte marocaine, la plus importante de la Méditerranée.
Malgré la décision du Maroc d’interdire, en 2007, les filets dérivants, et malgré le délai de grâce allant jusqu’à fin 2008 accordé aux professionnels qui utilisent ce genre de filets pour permettre aux armateurs la reconversion vers d’autres méthodes de pêche plus sélectives, toutes ces interdictions ne sont malheureusement pas respectées par la flotte marocaine compoosée, selon le journal « La vie Eco » de plus de 447 navires hauturiers et 2 459 unités de pêche côtière. Cette flotte est loin d’être à la pointe en matière de technologie et elle est, dans la majorité des cas, faiblement équipée en moyens de navigation, de détection et de communication. Elle utilise des techniques de pêche et de manutention peu performantes. 
Nombreux sont les bateaux arraisonnés en méditerranée pour pêche illégal avec des filets dérivants qui dépassent, parfois, les 12 kilomètres.
La Commission Européenne (CE) a assuré que le Maroc doit faire plus d’efforts pour que ses bateaux cessent de pêcher avec des filets dérivants, puisque cette pratique, défendue pour la flotte communautaire, suppose un problème qui affecte les pêcheurs espagnols.
Le commissaire européen de Pêche, Joe Borg, a assuré, selon EFEAGRO, lors d’une comparution devant le Parlement Européen (PE) que le Maroc « ne fait pas assez d’efforts  » pour finir avec l’usage de filets dérivants, bien qu’il dispose d’un délai de transition pour mettre à terme cette pratique.
La pêche avec des filets dérivants a été défendue par la Commission Internationale qui traite les thons à l’Atlantique et à la Méditerranée (ICCAT), mais le Maroc a obtenu des abrogations pour pouvoir continuer à les utiliser.
Le commissaire a expliqué que les exceptions permises à Rabat sont « de deux ou trois ans » mais il a remarqué que « ce n’est toujours pas clair » si le délai pour l’application de la prohibition expire à la fin de 2010 ou à la fin de 2011. Selon une autre source, au début le Maroc avait un délais jusqu’à 2008 mais il a demandé deux ou trois années de plus, raison pour laquelle Bruxelles veut des éclaircissements pour savoir quand il va mettre fin à ces pratiques.
La majorité des prises de la flotte marocaine au Sahara Occidental étant destinée aux marchés européens, et en absence de tout contrôle dans cette zone, l’Union se doit de réagir et de prendre ses responsabilités en veillant à ce que l’interdiction des filets dérivants soit effectivement respectée dans les eaux sahraouies.

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